Tin Ngoại Ngữ

ZENIT Le monde vu de Rome - Service hebdomadaire - 18 janvier 2015

En marche, avec Thérèse d'Avila

Je pris pour avocat et maître le glorieux saint Joseph (...). Je n'ai pas souvenir, jusqu'à ce jour, de l'avoir jamais supplié de m'accorder quelque chose qu'il m'ait refusé.

Autobiographie, in Oeuvres complètes, DDB pp. 39-40


Pape François

  • Des millions de "lumières" au Rizal Park de Manille
    Les Philippins envoyés annoncer au monde l'amour de Dieu
  • Philippines : le pape exhorte à "protéger les familles"
    Contre "les programmes contraires à ce qu'il y a de plus beau"
  • Le pape François et les jeunes prient pour Kristel Mae et sa famille
    Il rencontre le papa d'une jeune bénévole victime d'un accident à Tacloban
  • Ces larmes de Glyzelle qui inspirent le pape François
    Un regard contemplatif fixé sur le Christ et sur la réalité
  • Au Ground zero de Yolanda: "votre visite nous fortifie et nous console"
    Remerciements de Mgr John Du qui évoque la tragédie de novembre 2013
  • Tristesse du pape François contraint de quitter les survivants de Yolanda
    Une tempête tropicale fait anticiper le retour de 4 heures
  • Quand j'ai vu les images du typhon, j'ai décidé de venir
    Messe au pays de Yolanda, pour consoler les rescapés
  • Le pape dénonce l'exploitation des enfants y compris pour le terrorisme
    Toutes les formes d'exploitation de l'enfant sont inacceptables
  • Donner sa vie, oui, mais pas pour la détruire ni détruire
    Réflexion du pape sur les attentats-suicides
  • Visite surprise du pape aux enfants des rues de Manille
    Euphorie et explosion de joie au centre ANAK-Tnk
  • Un passager extraordinaire, "très agréable, doux et saint"
    L'expérience de l'équipage du vol 4111 de Sri Lanka Airlines
  • "M'aimes-tu?" L'assemblée étonne le pape et répond "Oui!"
    Quiproquo affectueux au début de l'homélie du pape François
  • "La famille est le plus grand trésor d'un pays"
    Tweet du pape après sa rencontre avec les familles de Philippines
  • Dites "non" à la "colonisation idéologique"!
    Rencontre avec les familles à Manille
  • "Tu es Pierre!" s'exclame le cardinal Tagle, sous les applaudissements
    Le pape apporte aux Philippines le "feu", un "séisme", et des "armes"
  • La liberté d'expression, non seulement un droit mais une obligation
    Mais elle n'est pas absolue: on ne peut offenser la foi de l'autre
  • Sri Lanka : rencontre interreligieuse réussie et canonisation de Joseph Vaz
    Bilan de la première étape du voyage en Asie, par le P. Lombardi
  • Ce que le Christ veut pour l'Eglise au Sri Lanka, saint Joseph Vaz l'enseigne
    Contribuer à la paix, à la justice et à la réconciliation de la société
  • Le deuxième pape à visiter un temple bouddhiste, par surprise
    Deux autres rencontres surprises avec l'ancien président et les évêques
  • Sri Lanka : une rencontre interreligieuse unique dans l'histoire
    Introduction de Mgr Chandrasiri Perera
  • Notre Dame de Madhu, vénérée par catholiques et hindous
    Histoire du sanctuaire dédié à la Vierge du Rosaire
  • Annoncer l'Evangile dans une société habituée à l'exclusion, la polarisation et la scandaleuse inégalité
    Homélie du pape François en la cathédrale de Manille
  • Près de sept millions de Philippins sous la pluie, mais dans la joie
    Le P. Lombardi salue "le plus grand rassemblement dans l'histoire des papes"
  • "Tous les Philippins veulent venir avec vous... aux périphéries !"
    Salut du card. Tagle au terme de la messe au Rizal Park
  • "Vous êtes notre soleil, nous n'avons plus peur"
    Mgr Villegas remercie le pape François
  • "Familles, ne perdez pas votre capacité de rêver !"
    Exhortation du pape aux familles des Philippines
  • Sri Lanka : les bouddhistes apprécient le pape et son amour des pauvres
    Témoignage de Mgr Marshall Andradi
  • Philippines: le pape François auprès des sinistrés de Tacloban le 17 janvier
    Dégradations de l'environnement, danger, par le P. de Charentenay
  • Deux étoles de soie pour honorer l'hôte du Sri Lanka
    Les gestes de respect d'un enfant et d'un prêtre hindou
  • Sri Lanka : le repentir est condition de la réconciliation
    Le premier pape au sanctuaire de Madhu
  • Bouddhistes, hindous, musulmans et chrétiens côte à côte
    Rencontre oecuménique et interreligieuse avec le pape au Sri Lanka
  • Attaques terroristes : l'islam est utilisé pour causer du mal
    Déclaration d'un leader musulman sri-lankais devant le pape
  • Sri Lanka: le "commandement" de la paix et de la coexistence
    Le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle
  • La solidarité et la charité, mode de vie du pape
    Par le prof. Guzmán Carriquiry
  • Sri Lanka: que resplendisse la beauté de la Perle de l'Océan indien
    Des jours d'amitié, de dialogue, de solidarité
  • Le pape appelle le "coeur endurci de l'humanité" à la conversion
    Voeux 2015 au Corps diplomatique
  • Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient mutilé
    Discours annuel au Corps diplomatique
  • Les attentats de Paris: une guerre mondiale par épisodes
    Discours annuel au Corps diplomatique

Doc. du Pape François

  • "Soyez témoins de la joie de l'Evangile en Asie et dans le monde"
    Homélie au Rizal Park de Manille (texte intégral)
  • Le pape aux rescapés de Yolanda : "Je vous apporte l'amour d'un père"
    Message préparé pour la messe de Tacloban (texte intégral)
  • Dans les calamités, Dieu n'a abandonne jamais l'humanité
    Message aux consacrés et aux rescapés (texte intégral)
  • Soyez proches de ceux qui sont découragés par la pauvreté et la corruption
    Messe en la cathédrale de l'Immaculée de Manille (texte intégral)
  • Saint Joseph Vaz a su offrir la beauté de l'Evangile en contexte multiculturel
    Le Sri Lanka donne un nouveau saint à l'Eglise (texte intégral)
  • "Le monde a besoin de familles bonnes et fortes"
    Rencontre avec les familles des Philippines (texte intégral)
  • Sri Lanka : la grâce du pardon à l'école de la Vierge Marie
    Visite à ND du Rosaire de Madhu (texte intégral)
  • Philippines: réformer les structures sociales qui entretiennent la pauvreté
    Rencontre avec les autorités, palais présidentiel de Manille (texte intégral)
  • Beaucoup parmi vous se sont demandés : Pourquoi, Seigneur ?
    Homélie improvisée par le pape François à Tacloban (texte intégral)
  • Philippines: le pape rencontre les jeunes au campus universitaire
    Trois défis: honnêteté, environnement, souci des pauvres (texte préparé)
  • Europe: susciter un élan missionnaire et une plus grande ouverture à la vie
    Aux Commissions doctrinales des Conférences épiscopales (texte intégral)
  • Rencontre interreligieuse: sur la paix et la coexistence, il faut être clairs
    Au Sri Lanka, discours du pape au centre Bandaranaike (texte intégral)
  • Voeux au Corps diplomatique : discours du pape François
    Ne pas se laisser dominer par le pessimisme

Rome

  • Le card. Sandri dénonce les actions des trafiquants d'armes et d'êtres humains
    Veillée de prière à Rome pour la paix en Syrie et en Irak
  • Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, méditations du Brésil
    Sur le thème : "Donne-moi à boire"

Spécial

  • Lettre aux survivants de Charlie Hebdo
    Les indices pensables Episode 52 par Brunor
  • France: soutien du pape François à la Marche pour la Vie de Paris, 25 janvier
    "Oeuvrer sans relâche pour l'édification d'une civilisation de l'amour"

L'esprit de la liturgie

  • La Prière eucharistique (3)
    Les quatre Prières et quelques autres

Témoignage

  • "Pas riches en biens matériels mais riches de la foi et de la famille"
    Témoignage de la famille Dizon devant le pape
  • Les familles philippines, école de la nouvelle évangélisation
    Témoignage de la famille Rodrigo

Méditation

  • La vie est vocation à la joie
    IIe dimanche du temps ordinaire - Année B - 18 janvier 2015

Entretien

  • Ecologie: Espérons plus de courage à Paris qu'à Lima, dit le pape François
    L'homme gifle continuellement la nature et elle ne pardonne pas!
  • Haïti : reconstruire les personnes après le séisme
    Retour de Mgr Dal Toso sur le congrès du Vatican

International

  • La prière, ressource fondamentale pour la mission, par le P. Nicolas sj
    La recréation de l'Apostolat de la Prière
  • Terre Sainte : le fondement de la paix, c'est la dignité humaine
    Déclaration de la Coordination des Conférences épiscopales pour le soutien de l'Eglise en Terre Sainte

Documents

  • Le Sri Lanka résolu à avancer sur le chemin de la réconciliation
    Allocution de l'archevêque de Colombo (texte intégral)

Pape François


Des millions de "lumières" au Rizal Park de Manille
Les Philippins envoyés annoncer au monde l'amour de Dieu

Anne Kurian

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Malgré le mauvais temps, la lumière a brillé au Rizal Park de Manille, ce dimanche 18 janvier 2015 : la grande foule venue entourer le pape François pour la messe dominicale a élevé des millions de cierges, signes de son engagement à « répandre la lumière et annoncer au monde l’amour de Dieu ».

Dans son homélie, le pape a appelé les Philippins à « être témoins et missionnaires de la joie de l’Évangile, en Asie et partout dans le monde ». Au terme de la célébration de près de 2h, près de sept millions de participants ont élevé des cierges, sur toute la superficie du parc de 60 hectares, répondant à l’appel du pape en chantant avec conviction : « Dis au monde son amour ! » (« Tell the world of his love »).

C’était en effet l’envoi en mission conclusif des quatre jours du voyage du pape François dans l’archipel. Tandis que le pape et la foule entière allumaient leurs cierges, deux lecteurs proclamaient : « Dieu a donné la lumière aux hommes, qui ont donné la lumière à leurs enfants, et les enfants ont donné la lumière à leurs enfants ».

« La lumière a été donnée à ceux qui aiment la Parole de Dieu… à ceux qui ont cherché à comprendre la création de Dieu… à ceux qui ont vu la dignité des êtres humains et qui ont lutté pour apporter la justice aux pauvres, la libération à ceux qui étaient esclaves », ont poursuivi les lecteurs tandis que les cierges s’éclairaient de main en main sous la pluie.

« La lumière attend… Qui la gardera allumée aujourd’hui ? Qui apportera la lumière au monde ? Qui portera la lumière si nous ne le faisons pas ? Qui portera la lumière si tu ne le fais pas ? », ont-ils conclu.

Le pape a ensuite tenu à bénir la foule avec son cierge : « Je vous le demande maintenant : gardez la flamme de la foi vivante dans vos cœurs. Marchez toujours en enfants de la lumière. Telle est la mission de tout chrétien : répandre la lumière et annoncer au monde l’amour de Dieu. »

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Philippines : le pape exhorte à "protéger les familles"
Contre "les programmes contraires à ce qu'il y a de plus beau"

Anne Kurian

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François exhorte à « protéger les familles » : « la famille a grand besoin d’être protégée contre les attaques insidieuses et les programmes contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture ».

Au terme de son voyage apostolique aux Philippines, au quatrième jour de sa visite dans l’archipel, le pape François a célébré la messe dominicale ce 18 janvier 2015 au Rizal Park de Manille en présence de six millions de personnes. Prévue à 15h30, la célébration s’est ouverte un peu après 15h (8h à Rome).

Lors de l’homélie, le pape a invité à « protéger, guider et encourager la jeunesse, en l’aidant à construire une société digne de son grand héritage spirituel et culturel » et à « regarder chaque enfant comme un don devant être accueilli, chéri et protégé ».

Il s’agit aussi de « prendre soin de la jeunesse, en ne permettant pas que lui soit volée l’espérance, et qu’elle soit condamnée à vivre dans la rue ». Le pape venait de rencontrer quelque 30.000 jeunes sur le campus de l’université Saint-Thomas de Manille, dans la matinée.

En rencontrant les familles des Philippines le 16 janvier au stade « Mall of Asia Arena » de Manille, le pape avait exhorté à « faire attention à la colonisation idéologique qui tente de détruire la famille ». Colonisation qui « n'est pas née de la mission donnée par Dieu » mais qui « vient de l'extérieur ».

Cette colonisation, a-t-il expliqué, consiste dans « le matérialisme et des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne... La famille est menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie ».

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Le pape François et les jeunes prient pour Kristel Mae et sa famille
Il rencontre le papa d'une jeune bénévole victime d'un accident à Tacloban

Anita Bourdin

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François a commencé sa rencontre avec les jeunes, ce dimanche 18 janvier, sur le campus de l’université Saint-Thomas, à Manille, en priant avec les jeunes pour Kristel Mae, décédée hier, et pour sa famille. Il a rencontré le pappa de Kristel ensuite, à la nonciature.

Kristel Mae Padasas, jeune philippine de 27 ans, de la région de Bicol, bénévole aux Catholic Relief Services est en effet décédée, samedi 17 janvier à Tacloban, victime d’un accident, après la messe du pape, sur l’île de Leyte, à 650 km au sud-est de Manille.

Elle a été frappée à la tête par un haut-parleur qui s'est décroché lors de l’écroulement d’un échaffaudage emporté par un coup de vent, à l’approche d’une tempête tropicale, à l’aéroport où le pape avait célébré la messe pour les survivants du typhon Yolanda. Elle les avait elle-même secourus après la catastrophe du 8 novembre 2013.

Elle a succombé à une blessure à la tête, du fait d’une l’hémorragie, après son arrivée à l’hôpital Saint-Paul de Tacloban, vers 12h55, alors que le pape rentrait précipitamment à Manille pour éviter la tempête.

Le pape François a appris la nouvelle dans l’après-midi et il a voulu exprimer sa proximité à sa famille.

Avec les jeunes rassemblés autour de lui ce dimanche, le pape a demandé de prier en silence pour elle, avant de dire un “Je vous salue Marie”. Puis il a prié pour la maman de la jeune bénévole, qui se trouvait à Hong Kong, et pour le papa venu la chercher à l’aéroport de Manille.

Kristel avait participé à la préparation de la messe de Tacloban, a expliqué le pape: “C’était une jeune, comme vous”.

“Prions aussi pour ses parents: elle était fille unique”, a précisé le pape avant de prier le Notre Père avec les jeunes à l’intention des parents.

A son retour à la nonciature, vers midi, le pape a renconré le papa de Kristel qui était accompagné d'un cousin, pendant environ vingt minutes: une rencontre "émouvante", dit le Vatican. Le cardinal archevêque de Manille, Luis Antonio Tagle était là et il servait d'interprète. Sur la table: deux "très belles" photos de la jeune femme et une quand elle était petite avec ses parents.

Le papa de Kristel a dit combien il était "bouleversé", mais que ce qui le consolait c'était de savoir que "Kristel a pu preparer la rencontre des gens avec le pape". Le pape a essayé, sans y arriver, de joindre la maman par téléphone, à Hong Kong. Elle arrive demain à Manille.

Dès samedi, le porte-parole du saint-Siège, le P. Federico Lombardi a indiqué que le pape avait été mis au courant de la mort de la jeune femme à Leyte.

Le pape, a-t-il précisé, a demandé plus d’informations sur la famille de la jeune Kristel pour pouvoir lui exprimer ses condoléances.

A Tacloban aussi, trois personnes ont été blessées par une barricade et elles ont été hospitalisées. En tout, la Croix Rouge indique que 391 personnes ont été soignées par les services d’urgence présents à la messe: un chiffre qui est finalement contenu malgré les intempéries et la présence de quelque 150 000 personnes, restées pendant des heures sous le vent et la pluie. 

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Ces larmes de Glyzelle qui inspirent le pape François
Un regard contemplatif fixé sur le Christ et sur la réalité

Anita Bourdin

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Les larmes de la jeune Glyzelle Palomar, 12 ans, ont inspiré le discours du pape François aux jeunes de Philippines ce dimanche 18 janvier, sur le campus de l’université Saint-Thomas de Manille, et sous la pluie : « Si vous n'apprenez pas à pleurer vous ne serez pas de bons chrétiens.”

Pour la seconde fois en deux jours, le pape François laisse de côté le discours préparé et parle d’abondance du cœur, en espagnol, avec une traduction consécutive en anglais: mais que se passe-t-il ?

Il pose son regard sur les larmes de la jeune Glyzelle et se laisse émouvoir et inspirer, il écoute les témoignages de quatre jeunes garçons et il laisse de côté le texte préparé pour correspondre de plus près à leurs demandes.

Glyzelle Palomar et Jun Chura, 14, ont été sauvés de la rue par l'ONG Tulay Kabataan dont le pape a visité le centre d'accueil le 16 janvier.

"Il y a beaucoup d'enfants abandonnés par leurs parents, beaucoup de victimes de beaucoup de choses terribles comme les drogues ou la prostitution. Pourquoi Dieu permet-il ces choses, alors que ce n'est pas la faute des enfants? Pourquoi si peu de gens viennent nous aider?", a demandé Glyzelle en laissant échapper ses larmes.

La réalité plus importante que les idées

Au terme de son allocution improvisée, le pape a expliqué pourquoi il avait laissé le texte préparé : « Une phrase me console : la réalité vaut plus que les idées. La réalité que vous êtes vaut plus que les idées que j’avais préparées. » Autrement dit, le pape a vu une réalité qui se présentait à lui et à laquelle il sentait devoir répondre. Il a vu parce qu’il a écouté, regardé, contemplé.

Le mot est lâché. Le pape est un « contemplatif », comme le révèle son regard grave fixé sur le grand crucifix que les jeunes ont porté en procession jusqu’au podium au début de la rencontre. Un regard extérieur et intérieur sur le Christ qu’il écoute, comme il le recommande à un jeune, Ricky, en mettant un doigt sur ses lèvres : « Tu donnes, tu donnes, avec tes amis, tu aides, mais est-ce que tu acceptes de recevoir ? Chut ! La réponse est dans ton cœur ! »

Et en même temps, un contemplatif de la réalité qui se présente à lui, qui s’impose à lui, et en quelque sorte, que le Christ lui donne à contempler. C’est de ce regard intense, de cette écoute intense à la fois du Christ et du monde que naissent sentiments, pensées, paroles, actions.

Et qu’est-ce qu’il a été donné à contempler au pape  en premier ce dimanche matin sur le campus ? Les larmes de la jeune Giselle, ancienne enfant des rues qui a tenté de partager sa dure expérience. La gorge nouée, elle n’a pas pu finir son petit discours, elle n’arrivait pas à réprimer la montée de ses larmes.

Lorsqu’elle s’est approchée du pape, il lui a posé la main sur la tête pour la réconforter et elle s’est blottie timidement contre lui.

Faire de la place à la femme

Ses larmes ont inspiré au pape deux enseignements, l’un sur l’importance du regard de la femme sur la réalité, de son rôle dans la société, l’autre sur le courage des larmes.

Giselle était la seule fille à témoigner: une « petite représentation », a dit le pape, mais ce n’est « pas assez ». Il ajoute en souriant: « Quand le prochain pape viendra à Manille, il faudra plus de filles ! »

Il explique, et chaque phrase est scandée par des ovations : « La femme a beaucoup à nous dire dans la société d’aujourd’hui. Parfois nous sommes trop machistes et nous ne laissons pas de place à la femme. La femme est capable de voir les choses un regard différent. De poser des questions que nous les hommes nous ne sommes pas capables de comprendre. »

Et Giselle n’a pas pu poser sa question au pape au terme de son petit discours. Le pape fait observer : « Attention ! Elle a posé aujourd’hui la seule question qui n’a pas de réponse. Et elle a dû le dire par des larmes. Cette question, c’est celle de la souffrance des enfants : pourquoi faut-il que les enfants pleurent ? »

Soyez courageux, pleurez !

Le pape évoque les larmes de compassion du Christ dans l'Evangille. Il recommande : vous-mêmes, soyez courageux, pleurez ! Mais il invite à un discernement : « Il y a une compassion mondaine qui ne sert à rien. (...) Vous-mêmes avez dit quelque chose de cela. Est-ce que j’ai appris à pleurer quand je vois un jeune qui a faim, se drogue, n’a pas de maison, est abusé, utilisé comme esclave ? »

Plus encore, le pape cite la jeune fille en exemple : « Elle nous a enseigné à pleurer. N’oublions pas cette grande question : pourquoi tant d’enfants pleurent. Elle l’a posée en pleurant. »

Ces larmes, a insisté le pape, « nous ont posé la question : pourquoi les enfants pleurent-ils, pourquoi il cela arrive-t-il ? La réponse c’est soit le silence soit la parole qui naît des larmes. »

Pour pouvoir comprendre ces larmes, pour pouvoir répondre, le pape avertit : « Apprenons à pleurer… Si vous n'apprenez pas à pleurer vous ne serez pas de bons chrétiens, c'est un défi.”

Il conclut : « Soyez courageux, n’ayez pas peur de pleurer ! N'oubliez pas cette leçon. »

Un don des larmes que saint Ignace de Loyola avait en abondance, surtout à la fin de sa vie, comme en témoigne son journal spirituel dans lequel il n’écrit parfois qu’un mot : « larmes ».

Les trois langages du sage

Le pape explique ainsi aux jeunes en quoi consiste  la sagesse chrétienne. Il y a, dit-il, trois langages à utiliser: « penser, sentir, faire », « penser bien, sentir bien, bien faire », « harmonieusement ». « Lorsque l’information descend au cœur, tu peux la réaliser, harmonieusement », répond-il à une question sur l’information et l’informatique.

Et cette attention intérieure à la fois au Christ et à la réalité rend disponible aux « surprises de Dieu » : «  Le vrai amour, c'est aimer et de se laisser aimer, le plus important, c’est de se laisser aimer par Dieu. L’amour t’ouvre à la surprise et suppose le dialogue entre celui aime et celui qui est aimé. Dieu est le Dieu des surprises : il nous attend avec une surprise. Dieu nous surprend, laissons-nous surprendre par Dieu. Et n’ayons pas la psychologie du computer qui a toutes les réponses et pas de surprise. Pour être sage, il faut vous laisser surprendre par Dieu. »

Même disponibilité « pour ceux que nous aidons » : le pape contemple l’appel du jeune homme riche. Le jeune riche demande: « Qu’est-ce qui me manque ? » « ‘Il te manque juste une seule chose’ : écoutons cette parole de Jésus en silence. ‘Une seule chose te manque’… »

Le pape commente : les scribes « ne laissaient jamais le peuple leur donner quelque chose mais Jésus s’est laissé émouvoir par le peuple. Il te manque une seule chose : devenir un mendiant, apprendre à mendier, à ceux auquel nous donnons. Ce n’est pas facile à comprendre, apprendre comment mendier. Apprendre à recevoir avec humilité de ceux que nous aidons ».

Le premier « défi » que le pape confie aux jeunes c’est donc « d’apprendre à aimer et d’apprendre à se laisser aimer ».  

Et puis, certes, de « faire quelque chose pour les pauvres » mais en même temps de «  demander aux pauvres de vous donner la sagesse qu’ils ont » : « c’est que je voulais vous dire aujourd’hui ».

Le pape exhorte les jeunes à être des « sages » de cette sagesse-là.

Le texte préparé fait partie du message

Ce que le pape avait préparé, c’était de recommander aux jeunes de ne pas se laisser voler leur honnêteté, leur intégrité morale, de ne pas avoir peur d’être « ridicule », en s’appuyant sur la force du Christ.

Le deuxième « défi » qu’il leur proposait c’est celui de la sauvegarde de la création, pour ne faire une « beau jardin ».

Le troisième défi : faire « davantage » pour les pauvres.

Lorsque le pape improvise ce n’est donc pas que le discours préparé n’est pas à prendre en considération : le Vatican le publie et indique qu’il est à recevoir comme « prononcé ». Autrement dit, l’homélie non prononcée de Tacloban fait partie du message du pape François aux sinistrés du typhon Yolanda/Haiyan du 8 novembre 2013.

Font aussi partie de ce message l’homélie prononcée d’abondance du coeur dans la pluie et le vent, et le tweet et le message publié sur la page facebook de la visite papale aux Philippines disant sa « tristesse » de devoir écourter son séjour pour éviter d’être pris dans la tempête tropicale.

Font aussi partie de ce message ses gestes : il prend le temps de passer en papamobile au milieu de la foule, revêtu comme elle d’un imperméable jaune transparent, il se rend à la cathédrale de Palo où il était attendu pour une rencontre qui n’aura pas lieu, il bénit – seulement en en passant mais quand même - le « Centre Pape François » pour les pauvres.

Font partie du message aux jeunes et le texte improvisé et le texte prononcé, et les gestes de compassion du pape pour les jeunes. N’a-t-il pas commencé par prier avec la foule pour la jeune Kristel qui a perdu la vie samedi et  pour sa famille ?

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Au Ground zero de Yolanda: "votre visite nous fortifie et nous console"
Remerciements de Mgr John Du qui évoque la tragédie de novembre 2013

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - "Votre visite nous fortifie et nous console", a déclaré au pape François l'archevêque de Palo - sur l'île de Leyte, aux Philippines - Mgr John F. Du, au terme de la messe de Tacloban, célébrée, au "Ground zero de Yolanda", et écourtée du fait de la mauvaise météo. Il avoue: "La souffrance de notre peuple défie l'imagination".

Les intempéries ont ensuite contraint le pape à repartir avec 4h d'avance sur son programme, après avoir fait le tour de l'esplanade pour saluer la foule de plus près et après une visite à la cathédrale de Palo ravagée par le typhon de 2013. Au moment où il parlait l'archevêque ne savait pas encore que le pape allait devoir écourter sa visite.

Une souffrance qui défie l'imagination

Dans son allocution, Mgr Du a insisté sur la consolation que la visite du pape a apportée aux survivants: "Merci de vos paroles."

Désignant l'esplanade de l'aéroport où la messe a eu lieu, par l'expression "Ground Zero de Yolanda", l'évêque a évoqué la dévastation apportée, le 8 novembre 2013, par des vents de plus de 300km/h.  

"Saint-Père, a dit l'archevêque, vous êtes venu à nous avec la compassion et la sollicitude aimante d'un père, et ainsi vous nous avez rapprochés de Dieu, le Père de tous. Vous êtes aussi venu comme un berger du troupeau du Seigneur, et ainsi vous nous avez rapprochés du Bon Pasteur lui-même. Votre visite nous fortifie et nous console. Que votre humble présence parmi les pauvres et parmi nous qui avons souffert la tragédie du super typhon nous conduise aux eaux tranquilles de la miséricorde et de l'amour de Dieu. Nous vous en serons toujours reconnaissants."

Il a souligné la souffrance profonde supportée par les survivants: "La souffrance de notre peuple défie l'imagination. Pourtant, au coeur de la douleur, et de la souffrance, c'est notre foi chrétienne qui nous a aidés. Les prières, la solidarité, et l'aide matérielle qui nous est venues de beaucoup de gens du monde entier, les jours qui ont suivi, nous ont aidé à aller de l'avant et à nous mobiliser."

Puis il a ajouté : "Je loue le Seigneur qui, à partir d'une catastrophe indicible, nous fait le don unique dans la vie de vivre avec vous cette joyeuse action de grâce. Les mots ont du mal à exprimer combien nous sommes profondément touchés de votre présence ici."

Avec nous pendant tout ce temps 

Il a fait observer que les conditions météo n'étaient pourtant pas favorable à ce voyage de 1300km aller-retour: "Vous êtes venu malgré le mauvais temps: nous avons du mal à vous exprimer toute notre reconnaissance."

"Nous sommes profondément remplis de joie et de consolation que vous ayez célébré cette eucharistie ici avec nous", a ajouté l'archevêque.

"Nous avons que vous avez été avec nous pendant tout ce temps et votre venue ici est le sommet du grand courant d'assistance spirituelle et matérielle de l'Eglise pour nous", a dit Mgr Du.

"Merci, merci beaucoup de votre visite, merci de nous entraîner, merci de cette expérience, d'être venu au contact de notre vie ici", a conclu l'archevêque de Palo en citant le psaume: "Dieu n'abandonnera pas son peuple, son héritage" (Ps 94, 14).

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Tristesse du pape François contraint de quitter les survivants de Yolanda
Une tempête tropicale fait anticiper le retour de 4 heures

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François dit sa tristesse de devoir quitter l'île de Leyte et ses habitants avec 4h heures d'avance sur son programme en raison de l'arrivée d'une tempête tropicale. 

Le pape avait voulu faire le voyage de Manille à Tacloban - 650 km - pour consoler les survivants de Yolanda, ce qui a inspiré le thème de son voyage: "Miséricorde et compassion".

A l'approche de la tempête tropicale "Amang", le vol du pape avait été anticipé de 45 minutes à l'aller. Il a dû être anticipé de 4h au retour vers Manille: arrivé vers 7h30 après 1h15 de vol, le pape est reparti vers 13h, donc après 5h30 sur l'île dévastée en novembre 2013 par le "super typhon" Yolanda/Haiyan. 

Après la messe, elle même écourtée, le pape  pris le temps de faire le tour de l'esplanade pour saluer tout le monde, sous une pluie battante, s'arrêtant pour embrasser un enfant. 

Il s'est ensuite rendu à Palo où il a visité la cathédrale naguère dévastée par Yolanda. 

Puis il est reparti vers l'aéroport, annulant les autres rendez-vous, avec ce message posté sur la page facebook de la visite papale aux Philippines: "Je vous prie tous de m'excuser. Je suis vraiment attristé parce que je vous avais préparé quelque chose de spécial. Mais remettons tout entre les mains de Notre Dame. Pape François."

Le programme prévoyait un déjeuner avec les survivants, la bénédiction du Centre Pape François pour les pauvres, et une rencontre avec les prêtres, les prêtres, les séminaristes, les consacrés, dans la cathédrale de Palo, mais tout a été annulé.

Arrivée du pape prévue vers 7h15 (Rome), soir 14h15 heure de Manille.

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Quand j'ai vu les images du typhon, j'ai décidé de venir
Messe au pays de Yolanda, pour consoler les rescapés

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - "Quand j'ai vu les images du typhon, j'ai décidé de venir", a confié, en espagnol, le pape François lors de la messe qu'il a célébrée ce samedi 17 janvier à Tacloban, sur l'île de Leyte, à 650 km au sud-est de Manille, après une heure et quart d'avion, au pays du typhon Yolanda/Haiyan. Il a invité à la confiance que le Christ "ne déçoit pas", que "l'amour et la tendresse" de Marie ne déçoivent pas.

Le voyage du pape aux Philippines a pour thème: "Miséricorde et compassion". Ce thème prenait là toute sa signification: le "super typhon" qui a frappé le Pacifique entre le 3 et le 11 novembre 2013 (au-dessus des Philippines le 8 novembre) a été le plus terrible de l'histoire, avec des vents à 315km/h. Il a fait quelque 6 200 morts, plus de 1 700 disparus et plus de 28 600 blessés.

Le pape a célébré sous le vent et la pluie. Lui-même ses collaborateurs, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, Mgr John Du, évêque de Palo, étaient revêtu d'un imperméable jaune transparent et l'esplanade de l'aéroport international de Tacloban ressemblait à un champ  immense fleuri de centaines de milliers de boutons d'or, les pieds dans l'eau et la boue. Tous des survivants de 2013. Au loin, les arbres pliaient sous les rafales.

C'est là que j'ai décidé de venir

Et après la messe, malgré la tempête, le pape n'a pas renoncé à sillonner l'esplanade immense pour passer au milieu des fidèles sur une Kia papale blanche dont l'auvent ne suffisait pas à le protéger complètement.

Du fait du mauvais temps aussi, le grand autel préparé n'a pas été utilisé: le pape a célébré sur un petit autel latéral. Et la messe a été écourtée: commencée à 2h30, elle s'est achevée vers 3h30.

Et puis, au moment de l'homélie, le pape a préféré laisser le texte préparé en anglais et il a parlé à l'assemblée d'abondance du coeur, en espagnol, avec une traduction consécutive. Des paroles que nous avons tenté de saisir au vol.

"Le Christ, a dit notamment le pape, ne déçoit pas, il est Seigneur." "Il a voulu être "comme nous, excepté le péché", et "il marche toujours devant nous": "quand nous passons pas la Croix, il passe devant nous."

Le pae a évoqué le "super typhon" dévastateur: "Aujourd'hui nous sommes tous réunis quatorze mois après le passage du typhon Yolanda" et "nous n'allons pas nous affaiblir dans la foi", parce que "Jésus est passé devant nous dans sa passion, il a assumé notre peine."

Le pape a ajouté en "confidence": "quand j'ai vu depuis Rome cette catastrophe, j'ai compris que je devais venir ici: c'est alors que j'ai décidé de venir, pour être avec vous". 

Un Seigneur capable de pleurer avec nous

"Un peu tard, mais je suis ici pour vous dire que Jésus est Seigneur, que Jésus ne déçoit pas. Vous allez me dire: "Père, il m'a déçu, parce que j'ai perdu ma maison, ma famille". C'est vrai, je respecte vos sentiments, mais Jésus là, il est cloué sur la croix, et de là il ne nous déçoit pas. Il a été consacré Seigneur (…). Il est passé par toutes les calamités dont nous faisons l'expérience. Jésus est Seigneur depuis la croix, il est là pour vous. Il est capable de comprendre comme on l'a entendu dans la première lecture: en tout il est semblable à nous."

"Nous avons un Seigneur qui est capable de pleurer avec nous, a continué le pape, suscitant une grande émotion dans l'assemblée. Il est capable de nous accompagner dans les moments les plus difficiles de la vie."

Puis le pape a avoué que devant le désastre les paroles lui manquaient: "Tant parmi vous ont tout perdu, je ne sais que vous dire. Lui, il sait quoi vous dire. Tant parmi vous ont tout perdu: je vous accompagne de mon silence. Tant parmi vous se sont demandé, en regardant vers le Christ: "Pourquoi, Seigneur?" Et à chacun le Seigneur répond, dans votre coeur, depuis son coeur. Je n'ai pas d'autre parole à vous dire. Regardons vers le Christ, il est le Seigneur il nous comprend parce qu'il est passé par toutes les épreuves dont vous avez fait l'expérience."

Puis le pape s'est tourné vers la statue de la Vierge à l'Enfant en disant: "Et auprès de la croix il y avait sa mère. Nous sommes comme le petit enfant (…). Quand nous ne comprenons pas, que nous voulons nous rebeller, il ne nous vient que de lui prendre la main et lui dire: "Maman". Comme un enfant qui a peur dit: "maman!" Parce que c'est la seule parole que nous puissions dire dans les moments sombres."

Il a invité à se recueillir: "Faisons ensemble un moment de silence, regardons vers le Seigneur. Il peut nous comprendre parce qu'il est passé par toute chose. Et regardons vers elle: dites à votre mère ce que vous ressentez dans votre coeur. Nous ne sommes pas seuls, nous avons une mère. Et un grand frère, Jésus. Nous ne sommes pas seuls. Et nous avons aussi de nombreux frères qui, au moment de la catastrophe, sont venus nous aider et nous nous sommes sentis plus frères parce que nous nous sommes aidés les uns les autres."

Merci de ne pas nous avoir laissés orphelins

"C'est la seule chose que je voulais vous dire et pardonnez moi si je n'ai pas d'autres mots. Mais sachez que Jésus ne vous déçoit pas. Et l'amour et la tendresse de notre mère ne déçoit pas", a conclu le pape. 

Après la communion, le pape François a improvisé une prière d'action de grâce, toujours en espagnol, traduit par son interprète: "Nous venons de célébrer la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Il nous précéde et il nous accompagne à chaque fois que nous nous réunissons pour prier et le célébrer."

Le pape François a laissé déborder son action de grâce: "Merci Seigneur d'être avec nous aujourd'hui. Merci Seigneur de partager nos douleurs. Merci Seigneur de nous donner de l'espérance. Merci Seigneur pour ta grande miséricorde. Merci Seigneur parce que tu a voulu être comme l'un de nous. Merci Seigneur parce que tu es toujours proche de nous, même dans les moments de la croix. Merci Seigneur de nous donner de l'espérance. Seigneur, que l'espérance ne nous soit jamais enlevée. Merci Seigneur parce que dans les moments des plus grandes ténèbres, sur la croix, tu t'es souvenu de nous et tu nous a laissé une mère, ta mère. Merci Seigneur de ne pas nous avoir laissés orphelins."

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Le pape dénonce l'exploitation des enfants y compris pour le terrorisme
Toutes les formes d'exploitation de l'enfant sont inacceptables

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François dénonce l’exploitation des enfants, y compris pour le terrorisme: toutes les formes d’exploitation de l’enfant sont inacceptables.

Le pape François a dénoncé l’utilisation d'enfants pour les attentats en réponse à une question de la presse sur le vol Colombo-Manille, le 15 janvier.

« Ce que j’ai dit de façon générale est valable pour tous, a expliqué le pape. Mais laissons cela, prenons les cas des enfants. Les enfants sont utilisés partout pour tellement de choses : exploités au travail, exploités comme esclaves, exploités aussi sexuellement. Il y a quelques années, avec certains membres du Sénat, en Argentine, nous avons voulu faire une campagne dans les hôtels les plus importants, pour dire publiquement qu’on n’y exploite pas les enfants pour les touristes. Nous n’y sommes pas arrivés… Parfois, quand j’étais en Allemagne, j’ai eu entre les mains des journaux : ils parlaient des régions de tourisme, et du tourisme dans cette région du sud-est asiatique, y compris du tourisme érotique, et là il y avait des enfants. Les enfants sont exploités, mais le travail esclave des enfants est terrible. Ils sont aussi exploités pour cela. Mais je n’ose pas en dire plus”.

Le pape a régulièrement dénoncé les « esclavages » qui touchent les enfants. Ainsi, le 11 juin 2014, à l’audience générale, place Saint-Pierre, en présence de quelque 40 000 personnes, le pape a lancé un appel très vigoureux à la communauté internationale contre le travail des enfants, réclamant des protections sociales contre le travail des mineurs. Le pape signalait ainsi la prochaine Journée mondiale contre l’exploitation du travail des mineurs.

Il déplorait que “des dizaines de millions d’enfants soient contraints de travailler dans des conditions dégradantes, exposés à des formes d’esclavage et d’exploitation, et également à des abus sexuels, des mauvais traitements et des discriminations”.

“J’espère vivement, a ajouté le pape, que la communauté internationale puisse étendre la protection sociale des mineurs pour supprimer ce fléau”.

Dans son message pour la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2015, sur les esclavages modernes, il a aussi dénoncé le sort des enfants en disant notamment: « Des millions de personnes – enfants, hommes et femmes de tout âge – sont privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage”.

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Donner sa vie, oui, mais pas pour la détruire ni détruire
Réflexion du pape sur les attentats-suicides

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - Donner sa vie, oui, pour donner la vie, mais pas pour détruire ni s’autodétruire, ce qui serait le signe d’un « déséquilibre humain », explique le pape.

Le pape François répondu à une question sur les attaques terroristes dans l’avion de Colombo-Manille le 25 janvier: “Que pensez-vous de cette façon de faire la guerre?” 

A propos, plus spécifiquement, des attentats-suicides, il diagnostique le terrain humain sur lequel il peut se développer: “Ce qui me vient de dire c’est peut-être un manque de respect, mais c’est ce qui me vient. Je crois que derrière tout attentat-suicide, il y a un déséquilibre, un déséquilibre humain, je ne sais pas si c’est mental, mais humain. Quelque chose qui ne va pas chez cette personne. Elle n’a pas d’équilibre sur le sens de sa vie, de sa vie et de celle des autres. Elle lutte pour… oui, elle donne sa vie, mais elle ne la donne pas bien. Il y a tellement, tellement de personnes qui travaillent - comme par exemple les missionnaires -, en donnant leur vie, mais pour construire. Ici, on donne sa vie en s’autodétruisant, et pour détruire. Cela ne va pas, il y a quelque chose qui ne va pas.”

Il cite l’exemple des kamikazes japonais: “J’ai accompagné la thèse – non pas de doctorat mais de maîtrise - d’un pilote d’Alitalia, en sociologie, sur les kamikazes japonais. J’ai entendu de lui plusieurs choses, mais c’est difficile à comprendre. Quand je corrigeais, c’était plutôt du point de vue méthodologique. Mais on ne comprend pas,  mais on ne comprend pas…”

Le pape insiste sur le fait que ce phénomène n’est pas seulement “oriental”: “Ce n’est pas seulement une chose propre à l’Orient. Il y a actuellement des recherches sur une proposition arrivée en Italie durant la Seconde guerre mondiale, une proposition du fascisme.  On n’a pas encore de preuve, mais on enquête là-dessus. Il y a là quelque chose qui est lié aux systèmes dictatoriaux ou totalitaires qui tuent sinon la vie, toute possibilité, tue l’avenir, tue tant de choses. Ce n’est pas seulement en Orient. C’est important. Il ne me vient rien d’autre à dire.”

Avec Anne Kurian et Constance Roques

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Visite surprise du pape aux enfants des rues de Manille
Euphorie et explosion de joie au centre ANAK-Tnk

Anne Kurian

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François a fait un arrêt imprévu dans un centre d'enfants des rues de Manille, ce vendredi 16 janvier 2015, au deuxième jour de son voyage apostolique aux Philippines.

Après avoir célébré la messe dans la cathédrale de la capitale, le pape a ajouté un rendez-vous dans son emploi du temps, en visitant un foyer pour enfants des rues géré par la Fondation ANAK-Tnk.

Selon le P. Federico Lombardi, directeur du bureau de presse du Saint-Siège, le pape a passé près d'une demi heure avec quelque 320 enfants qui ont célébré sa visite avec des chansons et des danses, dans la cour du centre.

« C'était un moment très émouvant », confie le P. Lombardi au micro de Radio Vatican : les enfants avaient préparé des petits présents pour le pape, notamment une statue en bois représentant la Vierge Marie de la chapelle du centre, une photo du Saint-Sacrement exposé au milieu des ordures où vivent les enfants, et une mosaïque papier multicolore.

Si la visite n'était pas prévue dans le programme officiel, elle était cependant espérée : en septembre dernier, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, avait remis au pape François un millier de messages de ces enfants pour l'inviter.

La fondation ANAK-Tnk avait aussi adressé au pape une vidéo de quatre minutes postée sur Youtube intitulée « Même nous ? Message des enfants mal-aimés de Manille à leur bien-aimé pape François » (Even us ? Message from the UNLOVED children of Manila to their LOVING Pope Francis).

Le pape a donc bien reçu le message et y a répondu, provoquant une véritable « euphorie » auprès des enfants de la rue qui ont « explosé de joie » en le voyant arriver, selon un communiqué d'ANAK-Tnk. « C’est extraordinaire… j’ai même pu le serrer fort dans mes bras », s’est réjoui Alvin, 10 ans.

Le cardinal Tagle, qui accompagnait le pape, salue dans cet événement « le moment le plus spécial de la journée » : « J'ai vu l'émotion et le silence du Saint-Père devant la souffrance de ces jeunes. Un silence qui parle beaucoup, qui vaut plus que les paroles. »

Après la bénédiction des enfants, le pape a rejoint la nonciature apostolique pour le déjeuner. Il a également reçu aujourd'hui une quarantaine de jésuites, en plus de ses rendez-vous publics (rencontres avec les autorités et avec les familles).

ANAK-Tnk ("Tulay ng Kabataan"), dont le directeur est Matthieu Dauchez, prêtre français de 39 ans, vient en aide à plus de 2 800 enfants des rues, enfants des bidonvilles, enfants chiffonniers et jeunes handicapés, dans 24 centres aux Philippines.

Deux enfants de la fondation témoigneront devant le pape dimanche matin 18 janvier à 10h (3h à Rome), lors de la rencontre avec les jeunes sur le terrain de sport de l'Université Santo Tomas de Manille.

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Un passager extraordinaire, "très agréable, doux et saint"
L'expérience de l'équipage du vol 4111 de Sri Lanka Airlines

Marina Droujinina

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François est «très agréable, doux et saint et ne se plaint jamais en tant que passager », a déclaré à CBCP News le 15 janvier 2015 Eden Forbes, le commissaire de bord du vol 4111 ALK qui a volé le pape pendant 5 heures et 45 minutes de l'aéroport international Bandaranaike de Colombo à Manille.

Le Saint-Père a occupé le siège 1C sur l'avion Airbus 340. Il est venu dans la cabine des pilotes pour les saluer personnellement.

"Je me sens comme si j’ai un halo au-dessus de ma tête", a avoué Eden Forbes.

Les seize  membres de l’équipage du vol de Sri Lanka Airlines ont décidé de garder des petites choses restant du vol du Pape « en souvenir de leur expérience historique ».

Le capitaine, Marlon Perera, catholique, comme tous les autres membres de l’équipage, croit qu’ils ont « tous reçu une bénédiction spéciale du chef de l'Église catholique ».

« Je me suis senti béni parce que vous pouvez voler un président d'un pays, mais pas le Pape. C’est une fois dans la vie », a souligné Perera.

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"M'aimes-tu?" L'assemblée étonne le pape et répond "Oui!"
Quiproquo affectueux au début de l'homélie du pape François

Anita Bourdin

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - "M'aimes-tu?" L'assemblée répond "Oui!" Un moment de stupeur. Le pape remercie en souriant, en anglais. Mais il ne le demandait pas à l'assemblée: "Est-ce que vous m'aimez?"!

Il commençait son homélie en citant la question de Jésus à Pierre dans l'Evangile de Jean: "(Pierre), m'aimes-tu?". Pas de "vous" ou de "tu" en anglais, juste "you"... L'anglais a permis ce joli quoproquo.

Un quiproquo affectueux au début de l'homélie, en la cathédrale de l'Immaculée Conception, à Manille, ce vendredi 16 janvier, en présence des prêtres, des séminaristes, des consacrés.

"Est-ce que vous m'aimez?" "Oui!" "Merci beaucoup". L'assemblée applaudit. Le pape précise qu'il citait les paroles de Jésus: "M'aimes-tu? … Pais mes brebis" (Jean 21,15-17). Un sourire parcourt l'assemblée.

Dehors, sur le passage du pape, la foule avait scandé: "We love you, Pope Francis". L'assemblée était a trouvé tout naturel de le dire aussi.

Mais le pape - qui est capable de dire à l'angélus: "n'applaudissez pas le pape, applaudissez Jésus" - n'avait pas prévu le sens que l'assemblée donnerait à sa citation.

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"La famille est le plus grand trésor d'un pays"
Tweet du pape après sa rencontre avec les familles de Philippines

Anne Kurian

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - « La famille est le plus grand trésor d’un pays », écrit le pape dans un tweet publié sur @Pontifex_fr ce 16 janvier 2015, après sa rencontre avec quelque 20.000 personnes représentant les familles de Philippines, à Manille :

« La famille est le plus grand trésor d’un pays. Travaillons tous pour protéger et renforcer cette pierre d’angle de la société ! »

Au deuxième jour de sa visite apostolique dans le pays, le pape a en effet rencontré les familles, dans une ambiance de fête, au grand stade « Mall of Asia Arena », dans le sud de la capitale. Il est arrivé sur les lieux en papamobile aux environs de 17h15 (10h15 à Rome), accueilli par une foule nombreuse.

Lors de son discours, après le témoignage de diverses familles, le pape a appelé les Philippines à « protéger les familles » : en effet « chaque menace à la famille est une menace à la société elle-même. L’avenir de l’humanité passe par la famille ».

« Voyez en elles le plus grand trésor de votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce des sacrements. Les familles auront toujours leurs épreuves, elles n’ont pas besoin qu’on leur en rajoute d’autres ! », a-t-il exhorté.

« Le monde a besoin de bonnes et fortes familles... Les Philippines ont besoin de familles saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et constituer un soutien ainsi qu’un exemple pour les autres familles », a insisté le pape.

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Dites "non" à la "colonisation idéologique"!
Rencontre avec les familles à Manille

Anne Kurian

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape exhorte les familles à dire « non » à la « colonisation idéologique qui tente de détruire la famille » en cherchant à « redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie ».

Le pape François a rencontré les familles des Philippines ce 16 janvier 2015 au « Mall of Asia Arena » à Manille, au deuxième jour de son voyage apostolique dans le pays.

Dans le stade – d'une capacité d'accueil de 20.000 personnes – comble, le pape a prononcé un long discours en anglais, durant lequel il a quitté à plusieurs reprises son texte préparé pour parler d'abondance de cœur en espagnol, avec la traduction d'un interprète à ses côtés.

Il a exhorté notamment les familles à « faire attention à la colonisation idéologique qui tente de détruire la famille ». Colonisation qui « n'est pas née de la mission donnée par Dieu » mais qui « vient de l'extérieur ».

Cette colonisation, a-t-il expliqué, consiste dans « le matérialisme et des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne... La famille est menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie ».

« Ne perdons pas la liberté de poursuivre la mission donnée par Dieu », a-t-il ajouté en encougeant les familles à être « très sages, très fortes et courageuses envers ces initiatives de colonisation qui pourraient détruire les familles ».

De la même façon que les peuples « ont pu dire non à la période de la colonisation », ainsi les familles, face à la colonisation idéologique, sont appelées à « demander l'intercession de saint Joseph, pour savoir quand dire oui et quand dire non ».

Le pape François a rendu hommage au bienheureux Paul VI, qui « au moment du défi de la croissance des populations, a eu la force de défendre l'ouverture à la vie : il connaissait les difficultés des familles et c'est pourquoi il a exprimé beaucoup de compassion dans les cas particuliers. Et il a enseigné aux professeurs à être particulièrement compatissants avec ces cas. »

Paul VI a su « regarder au-delà » : « courageux, bon pasteur, il a mis en garde ses moutons sur les loups qui s'approchaient », a poursuivi le pape en soulignant qu'aujourd'hui « le monde a besoin de bonnes et fortes familles pour vaincre ces menaces » : « Soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ».

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"Tu es Pierre!" s'exclame le cardinal Tagle, sous les applaudissements
Le pape apporte aux Philippines le "feu", un "séisme", et des "armes"

Anita Bourdin

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - "Tu es Pierre, le roc sur lequel le Christ bâtit son Eglise", s'est exclamé le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, dans son allocution de bienvenue, au terme de la messe présidée par le pape François en la cathédrale de Manille, ce vendredi 16 janvier: sa première messe aux Philippines, a fait observer l'archevêque.

""Tu es Pierre, le roc sur lequel le Christ bâtit son Eglise". Vous êtes Pierre qui vient "pour fortifier vos frères et soeurs dans la foi". Nous vous disons "bienvenu", successeur de Pierre, dans ce pays béni, à l'espérance inlassable, à la musique inlassable, à la foi joyeuse. Nous savons que par votre visite Jésus va renouveler et reconstruire son Eglise aux Philippines. Mabuhay!", a déclaré l'archevêque emporté par l'enthousiasme que suscite la présence du pape François.

Pour le cardinal Tagle, le pape apporte aux Philippines le feu, un séisme, et des armes: le pape sporulait, amusé, à cette lecture originale de sa visite à Manille: "Au moment où beaucoup de nos pauvres ne font que commencer à se relever des calamités naturelles et humaines récentes, vous, Saint-Père, vous êtes venu à nous. Vous apportez le feu, non pas pour détruire, mais pour purifier. Vous apportez un tremblement de terre, non pour secouer, mais pour réveiller. Vous apportez des armes, non pour tuer, mais pour rassurer", a dit le cardinal Tagle.

Le pape et le cardinal se sont embrassés chaleureusement, sous de nouveaux applaudissements.

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La liberté d'expression, non seulement un droit mais une obligation
Mais elle n'est pas absolue: on ne peut offenser la foi de l'autre

Anita Bourdin

ROME, 15 janvier 2015 (Zenit.org) - La liberté d'expression est non seulement « un droit humain » mais « une obligation » morale, affirme le pape François. Mais elle n’est pas absolue, elle a une limite: « On ne peut pas insulter la foi des autres ». Le pape François réaffirme en même temps: “On ne peut tuer au nom de Dieu”, c’est “une aberration”.

Le vol de Colombo à Manille a ouvert la seconde étape du voyage du pape en Asie (Philippines 15-19 janvier), ce 15 janvier 2015. Le pape a répondu durant 40 minutes aux questions des journalistes, notamment sur la liberté religieuse et la liberté d’expression, au lendemain des attentats de Paris contre la rédaction de Charlie Hebdo, contre une policière à Montrouge et contre un supermarché Cacher, Porte de Vincennes.

Tuer au nom de Dieu est une aberration

A propos de la liberté de religion, le pape ne va pas par quatre chemins, il redit sa conviction cent fois répétée: “Je crois que la liberté religieuse et la liberté d’expression sont toutes les deux des droits fondamentaux. On ne peut, je pense… Vous êtes français, allons à Paris, parlons clair! On ne peut cacher cette vérité que chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement. Nous faisons ainsi, nous voulons tous le faire. Secundo, on ne peut pas offenser, faire la guerre, tuer au nom de sa religion, c’est-à-dire au nom de Dieu. Ce qui se passe maintenanent nous fait un peu… nous étonne. Mais pensons toujours à notre histoire: combien de guerres de religion nous avons eues! Pensez à la “nuit de la Saint-Barthélémy”: comment comprendre cela? Nous sommes nous aussi pécheurs à ce sujet. Mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu. Tuer au nom de Dieu est une aberration. Je crois que c’est la chose principale sur la liberté de religion: on doit le faire librement, sans offenser, mais sans imposer et sans tuer.”

Ne pas offenser la foi de l’autre

Pour la liberté d’expression, le pape est tout aussi clair: c’est non seulement un droit mais une “obligation” morale. Avec une limite: “ne pas offenser la foi de l’autre”, ne pas s’en “moquer”.

Le pape François s’explique sur la limite à cette liberté d’expression qui n’est donc pas un absolu: “La liberté d’expression. Chacun a non seulement al liberté, le droit mais il a aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun. L’obligation. Pensons à un député, à un sémanteur: s’il ne dit pas ce qu’il pense être le vrai chemin, il ne collabore pasa u bien commun. Et pas seulement eux, beaucoup d’autres. Nous avons l’obligation de parler ouvertement, d’avoir cette liberté, mais sans offenser. Parce que c’est vrai, on peut réagir violemment. Mais si le Dr Gasbarri, un grand ami, dit une insulte contre ma mère, un coup de poing arrive! C’est normal! C’est normal. On ne peut pas provoquer, on nn eput insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi. Dans un discours, je ne me souviens plus très bien où, le pape Benoît avait parlé de cette mentalité post-positiviste, de la métaphysique post-positiviste qui finit par conduire à croire que les religions ou les expressions religieuses sont une sorte de sous-culture, qu’elles sont tolérées, mais sont peu de chose, elle ne font pas parltie de la culture des Lumières. C’est un héritage des Lumières. Tant de gens mparlent mal des religions, s’en moquent, disons “joue” avec la religion des autres. Ils provoquent, et il peut arriver ce qu’il arrive au Dr Gasbarri s’il dit quelque chose contre ma mère. C’ets une limite. Toute religion a sa dignité, toute religion qui respecte la vie humaine, la personne humaine. Je ne peut pas m’en moquer. Et c’est une limite. J’ai pris cet exemple de la limite pour dire que dans la liberté d’expression il y a des limites, comme celle de maman. Je ne sais si j’ai réussi à répondre à al question. Merci.”

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Sri Lanka : rencontre interreligieuse réussie et canonisation de Joseph Vaz
Bilan de la première étape du voyage en Asie, par le P. Lombardi

Marina Droujinina

ROME, 15 janvier 2015 (Zenit.org) - Une rencontre interreligieuse « réussie » et la canonisation du Père Joseph Vaz devant quelque 500 000 personnes rassemblées sur le rivage de l’Océan indien : le P. Federico Lombardi dresse un bilan des deux jours du pape François au Sri Lanka.

Rencontre avec les bouddhistes

La rencontre interreligieuse du mardi 13 janvier au palais des congrès de Colombo est une réussite : il y a un point de comparaison dans la rencontre « manquée » de Jean-Paul II avec les bouddhistes en 1995.

Dans ce pays où les catholiques représentent environ 7% de la population, une rencontre interreligieuse acquiert un sens profond: le Père Lombardi se souvient de la rencontre interreligieuse « ratée » lors de la visite de Jean-Paul II au Sri Lanka, car les bouddhistes, qui constituent 70% de la population, n’étaient pas venus.

Mais  « cette fois, il y avait 600 moines bouddhistes dans la salle, et plus d'un millier de personnes. Donc, c’était un signe très positif: le climat était d'une grande sérénité et d’une grande volonté d'avancer dans une voie de la réconciliation et de l'harmonie », estime le Père Lombardi.

Il croit que « la personnalité du pape » « manifeste un style, des valeurs, une façon de vivre le témoignage religieux » au-delà des frontières entre les différentes confessions religieuses : « Son témoignage en vérité d'homme religieux est très crédible. Et cela attire ».

Il a ajouté que le pape croit dans les « rencontres personnelles », comme l’a manifesté sa visite imprévue à un temple bouddhiste mercredi après midi, à son retour de Madhu.

La réconciliation sincère

Le P. Lombardi a aussi souligné l’importance de la canonisation du P. Joseph Vaz (1651-1711), l’événement le plus important du 14 janvier, à Colombo. Le P. Vaz est « un modèle d’évangélisation, il a servi les pauvres, les malades, et plus largement, il a soigné les blessures du peuple ».

Pour le porte-parole du Saint-Siège, un élément important est l’affluence des catholiques au sacrement de la réconciliation à l’occasion de cet événement.

Il a fait observer combien la visite du pape au sanctuaire marial de Madhu a été “touchante”, avec la participation à cette prière mariale de quelque 300 000 personnes, de différents groupes linguistiques,: un signe “d’harmonie”, “d’unité”. Des moines bouddkistes étaient aussi présents, a-t-il précisé, ce qui a renforcé cette “atmosphère de réconciliation sincère et d’amour”.

Pour ce qui est du message du pape, le P. Lombardi a insisté sur les appels à la “conversion” et au “pardon” , non seulement en direction des catholiques, mais de toute la Nation.

La sérénité du pape François

Le pape François est « en très bonne forme, très heureux, il a abordé de ce voyage avec beaucoup d'espérance et avec une grande sérénité. Il me semble qu'il est récompensé », a confié le P. Lombardi au micro de Radio Vatican.

L’accueil du pape à l’aéroport de la ville de Colombo a été « formidable : très beau et chaleureux », « avec la danse, avec des chansons, avec toute la richesse historique et culturelle du pays » a déclaré le Père Lombardi qui s’est dit impressionné par la foule immense présente tout au long de la route de l’aéroport à la ville :« J’ai pensé qu’il pouvait y avoir de 200 à 300 000 personnes - certains disent encore plus - le long du chemin ... pour une ville qui n’est pas en majorité catholique! »

Une image transmise par tous les médias du monde : le pape a été aussi salué par les éléphants : « Quarante grands éléphants alignés le long de la route », raconte le Père Lombardi, certains vivent près des temples bouddhistes et sont considérés comme animaux sacrés. C’est une belle occasion de penser à «  l'encyclique du pape sur l'environnement que nous attendons », en contemplant « la création qui collabore en louant le Seigneur et qui doit être gardé à l'esprit dans la construction de notre avenir pacifique ».

Les deux présidents

Dans l'après-midi de mardi, le pape a eu deux rencontres importantes : avec le président élu et avec les groupes interreligieux. « La rencontre avec le président a une signification particulière »: pour beaucoup de gens, le président est un signe d’espérance « dans le travail de réconciliation entre les différents membres de la société sri-lankaise ». Le pape donne « son encouragement moral » et son soutien au président qui a été élu « avec un vote massif des minorités, en particulier ».

Mercredi après-midi, le président sortant, qui a préparé le voyage du pape, ces derniers mois, est venu le saluer à la nonciature apostolique.

Le pape est allée également rencontrer les 20 évêques du Sri Lanka que le retard, mardi, sur le programme avait fait reporter : le pape leur a dit sa « gratitude » pour la « croissance de la mission dans le pays ».

Avec Anita Bourdin

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Ce que le Christ veut pour l'Eglise au Sri Lanka, saint Joseph Vaz l'enseigne
Contribuer à la paix, à la justice et à la réconciliation de la société

Anita Bourdin

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Contribuer "à la paix, à la justice et à la réconciliation de la société": voilà ce que le Christ veut pour l'Eglise au Sri Lanka, et ce que saint Joseph Vaz enseigne, déclare le pape François, à Colombo, en présence d'un demi-million de personnes, ce mercredi 14 janvier, sur le rivage de l'océan indien.

Le Sri Lanka donne un nouveau saint à l'Eglise et au monde: saint Joseph Vaz (1651-1711), prêtre indien devenu l'apôtre du Sri Lanka, la Perle de l'Océan indien canonisé par le pape François.  Il sera fêté pour la première fois comme saint dans deux jours, vendredi prochain: sa fête est en effet le 16 janvier.

Ce dont l'Eglise a besoin

Le pape a salué ce "grand missionnaire de l’Évangile", en présidant la messe de canonisation à 8h30 (4h à Rome)  au "Galle Face Green" à Colombo, où saint Joseph Vaz avait été béatifié par Jean-Paul II le 21 janvier 1995. La visite du pape au Sri Lanka est de ce fait "sous le signe de la sainteté", avait souligné le P. Federico Lombardi le 7 janvier. 

"Je prie pour que, en suivant l’exemple de saint Joseph Vaz, les chrétiens de cette nation puissent être confirmés dans la foi et donner une contribution toujours plus grande à la paix, à la justice et à la réconciliation de la société Sri Lankaise. C’est ce que le Christ vous demande. C’est ce que Saint Joseph vous enseigne. C’est ce dont l’Église a besoin de votre part", a déclaré le pape dans son homélie.

"J’encourage chacun de vous à regarder Saint Joseph Vaz comme un guide sûr. Il nous apprend à sortir vers les périphéries, pour que Jésus-Christ soit connu et aimé partout. Il est aussi un exemple de souffrance patiente pour la cause de l’Évangile, d’obéissance aux supérieurs, de soin affectueux pour l’Église de Dieu", a encouragé le pape François.

Le nouveau saint enseigne aussi, a ajouté le pape, "l’importance de dépasser les divisions religieuses pour le service de la paix".

Et puis saint Joseph Vaz a su "offrir la vérité et la beauté de l'Evangile" dans un contexte multiculturel "avec respect, dévouement, persévérance et humilité": "Bien qu’il soit venu à Ceylan pour être prêtre au service de la communauté catholique, dans sa charité évangélique il est allé à tous. Laissant derrière lui sa maison, sa famille, le confort de ses lieux familiers, il a répondu à l’appel d’aller au-delà, de parler du Christ partout où il serait conduit."

La sainteté, son secret

Le martyrologe romain dit de lui: "A Kandy dans l’île de Taprobane de l’Océan Indien, en 1711, le bienheureux Joseph Vaz, prêtre de l’Oratoire. Avec une ardeur admirable, dans de périlleux itinéraires à travers champs, il ne cessa de confirmer dans la foi les catholiques disséminés et cachés, et de prêcher avec zèle l’Évangile du salut."

Prêtre de l’Oratoire de Saint Philippe Neri, Joseph Vaz était un missionnaire Indien, originaire de Goa, qui devint l'apôtre du Sri Lanka: il fit "beaucoup pour l'implantation de la foi catholique en dépit de la persécution des colons hollandais. Sa sainteté et l'originalité de ses méthodes missionnaires étaient le secret de son succès", a dit, en 1996, le synode pour l'Asie.

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Le deuxième pape à visiter un temple bouddhiste, par surprise
Deux autres rencontres surprises avec l'ancien président et les évêques

Anita Bourdin

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Le programme de la seconde journée du pape François au Sri Lanka a été bouleversé trois fois: par une visite imprévue dans un temple bouddhiste, par une rencontre avec l'ancien président cingalais Mahinda Rajapaksa, et par une rencontre avec les évêques du pays.

Le porte-parole du pape, le P. Federico Lombardi, a expliqué qu'à son retour du sanctuaire marital de Madhu (500km aller-retour en hélicoptère), le pape François était "très tranquille et content", c'est pourquoi il a décidé d'ajouter ces trois rencontres à son agenda.

Il a décidé de se rendre au temple bouddhiste Mahabodi Viharaya dont le moine Banagala Upatissa l'avait salué à son arrivée à l'aéroport de Colombo. 

Pour l’occasion, les moines de la communauté ont ouvert le grand reliquaire — geste qui a lieu généralement une seule fois par an — contenant les restes de deux saints disciples du Bouddha. Le pape François, qui s’était déchaussé, s’est recueilli et il a écouté en silence la prière des moines et les explications concernant le temple. Une visite de 20 minutes.

C'est le deuxième pape à entrer dans un temple bouddhiste: saint Jean-Paul II l'avait fait, en Thaïlande, en 1984.

A la nonciature apostolique de Colombo, où il réside jusqu'à demain matin, le pape a reçu la visite de l'ancien président, Mahinda Rajapaksa, qui a invité le pape et a préparé le voyage du avec le Vatican. Il n'a pas été réélu le 8 janvier: il n'a donc pas accueilli officiellement le pape, mais il a voulu le saluer de façon privée.

Accompagné de son frère, et de leurs épouses respectives, le président s’est entretenu une vingtaine de minutes avec le pape,  qu’il a chaleureusement félicité pour le succès de son voyage. 

Troisième rencontre: avec les 20 évêques du Sri Lanka, pour rattraper le rendez-vous manqué d'hier, mardi 13 janvier, en raison du retard sur l'horaire. Le pape est allé les rencontrer à l'archevêché pour rattraper la rencontre.

Mais... il n’ y a pas trouvé les prélats qui devaient encore rentrer du sanctuaire marial. D’où la décision d’aller visiter le temple bouddhiste de Mahabodhi, pour saluer le moine Banagala Upatissa connu à son arrivée au Sri Lanka. 

Enfin, à l’archevêché, le pape a rencontré les évêques: une rencontre "brève mais cordiale". Le pape a expliqué le sens de la canonisation de Joseph Vaz, une très belle figure d’évangélisateur, capable d'apporter un message de réconciliation: un message que les autorités civiles ont fait leur en libérant 612 détenus, surtout âgés, pour honorer la visite du pape.

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Sri Lanka : une rencontre interreligieuse unique dans l'histoire
Introduction de Mgr Chandrasiri Perera

Anne Kurian

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - Un événement unique dans l'histoire du Sri Lanka et de l’Église catholique : c'est en ces termes que Mgr Chandrasiri Perera a salué la rencontre interreligieuse qui a eu lieu autour du pape François, au premier jour de son voyage apostolique au Sri Lanka, ce 13 janvier 2015.

Le pape a en effet participé à une rencontre avec des dignitaires bouddhistes, musulmans, hindous et chrétiens, en fin d'après-midi, à 18h15 (13h45 à Rome). C'était le dernier rendez-vous officiel de cette journée qui avait commencé à 9h (4h30 à Rome) avec la cérémonie de bienvenue à l'aéroport.

Mgr Cletus Chandrasiri Perera, évêque de Ratnapura et président du comité organisateur de l'événement, a accueilli le pape au Mémorial "Bandaranaike" : « c'est un privilège d’accueillir Votre Sainteté... à cette rencontre organisée en votre honneur. C'est à n'en pas douter un événement unique dans l'histoire du Sri Lanka et de l’Église catholique », a-t-il affirmé.

« Depuis le début de votre pontificat, vous avez impressionné les sociétés du monde et séduit le cœur de millions de personnes de diverses religions et ethnies... Vous nous avez mis au défi, par votre style de vie simple et humble, sans triomphalisme, à l'exemple de Jésus-Christ et de votre saint patron François d'Assise », a déclaré l'évêque.

Soulignant que « le Sri Lanka est une société multireligieuse », il a remercié chacun des participants : « nous sommes honorés par votre présence. Nous vous remercions sincèrement pour votre réponse positive à notre invitation ».

Durant la rencontre, les représentants religieux sont intervenus tour à tour : le moine Ven Kaburugamuwe Vajira a interprété un chant bouddhiste ; Suwami Sommasundaram a poursuivi par une bénédiction hindoue ; le musulman Ash-Sheikh M.F.M. Fazil a prononcé un discours, ainsi que le moine bouddhiste Vigithasiri Niyangoda Thero, et l'évêque anglican de Colombo, Diloraj Kanakasabei, a formulé une prière.

Le bouddhisme est la religion majoritaire du Sri Lanka (70 %), tandis que l'hindouisme représente plus de 12 % de la population et l'islam près de 10%. les chrétiens sont près de 8%, dont 6,5% de catholiques. 

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Notre Dame de Madhu, vénérée par catholiques et hindous
Histoire du sanctuaire dédié à la Vierge du Rosaire

Anne Kurian

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Au deuxième jour de son voyage apostolique au Sri Lanka, le pape François a rendu hommage à Notre-Dame du Rosaire de Madhu, plaçant un chapelet couleur or autour du cou de la statue vénérée par les catholiques et les hindous de tout le pays.

Le pape a en effet visité le sanctuaire de Notre Dame du Rosaire à Madhu, dans le diocèse de Mannar, au nord-ouest du Sri Lanka, qu'il en rejoint en hélicoptère, cet après-midi, 14 janvier 2015.

Après un trajet en papamobile sous les ovations et au rythme de musiques traditionnelles, le pape a présidé aux alentours de 15h30 (11h à Rome) une prière mariale, en langue anglaise, tamoule et cinghalaise, implorant spécialement la Vierge Marie pour la paix du pays.

La ville insulaire de Madhu, reliée à la terre par un pont de 2 kilomètres de long, est connue dans tout le Sri Lanka pour son sanctuaire Notre Dame du Rosaire, lieu de grande dévotion pour les catholiques tamouls et cinghalais, mais aussi pour les hindous : tous les ans, à l’occasion de l’Assomption, des centaines de milliers de croyants y viennent en pèlerinage.

Madhu est un lieu doublement symbolique pour le pays, car il a aussi servi de refuge aux Sri-Lankais, dans une région très marquée par la guerre civile (1983-2009).

L'histoire du sanctuaire remonte à plus de 400 ans : au XVIème siècle, après l'évangélisation du nord du Sri Lanka par les missionnaires portugais de l’Inde, les catholiques construisent une église à Mantai, où ils placent une statue de Notre Dame de la Bonne Santé.

Mais au XVIIe siècle, l’invasion des Hollandais et la persécution de l’Église catholique contraignent des familles à fuir Mantai en 1670, emportant la statue de Marie pour la mettre en sécurité à Madhu.

A la fin du XVIIe siècle, avec le renouveau de la foi catholique, grâce à des missionnaires comme le nouveau saint Joseph Vaz, les prêtres oratoriens agrandissent le sanctuaire. Au XVIIIe siècle, le nombre des catholiques a beaucoup diminué au Sri Lanka à cause des persécutions. Mais la vitalité du sanctuaire de Madhu attire des pèlerins de tout le pays.

En 1872, l’évêque de Jaffna, Mgr Christophe Bonjean, OMI, entreprend la construction d'une nouvelle église, qui sera consacrée en 1944. Ses successeurs font bâtir la façade, le grand presbytère, la chapelle du Saint-Sacrement et la grotte de la Vierge de Lourdes.

En 1921, Mgr Jules Brault, OMI, obtient du pape Pie XI l’autorisation de couronner la statue de Madhu. La cérémonie solennelle du couronnement a lieu en 1924, en présence du Légat pontifical.

D’après le P. Gamini Perera s.j., « le Sri Lanka compte trois sanctuaires dédiés à la Vierge Marie : un au nord, où la Mère de Dieu est vénérée sous le vocable de Notre Dame de Madhu, un au sud du pays, où l’on vénère Notre Dame de Matara, et un à l’ouest, connu comme la basilique de Notre Dame de Lanka. Ces trois sanctuaires sont très chers à la population sri-lankaise, en particulier aux catholiques ».

Jeudi, 15 janvier, le pape effectuera un second pèlerinage marial, à la chapelle "Our Lady of Lanka” à Bolawalana, à 35km au nord de Colombo, avant de prendre congé du Sri Lanka et de s'envoler pour les Philippines.

Avec une traduction de Constance Roques

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Annoncer l'Evangile dans une société habituée à l'exclusion, la polarisation et la scandaleuse inégalité
Homélie du pape François en la cathédrale de Manille

Anita Bourdin

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - "Avec honnêteté et avec intégrité", il faut relever "le défi d’annoncer la radicalité de l’Évangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la scandaleuse inégalité", déclare le pape François devant les prêtres, les séminaristes et les consacrés, lors de la messe qu'il a célébrée ce vendredi 16 janvier, en la cathédrale de l'Immaculée de Manille, en ce second jour aux Philippines.

Après sa visite au président de la République et aux autorités des Philippines, le pape s'est rendu, ce vendredi 16 janvier, en "papamobile" à la cathédrale de Manille dédiée à l'Immaculée, sous les ovations: "We love you, Pope Francis", scandait la foule.

Il a été accueilli sur le parvis de la cathédrale par une haie de petits enfants revêtus d'un uniforme inspiré par celui des Gardes suisses pontificaux. Il a aspergé l'assemblée en signe de purification avant d'aller revêtir les vêtements liturgiques pour la célébration eucharistique, accompagné de l'archevêque, le cardinal Luis Antonio Tagle.

Répondre avec honnêteté et intégrité

Dans son homélie, le pape a secoué les consciences en appelant à "répondre avec honnêteté et avec intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Évangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la scandaleuse inégalité".

Il a notamment ajouté deux lignes, qui résument son message à l'Eglise des Philippines, comme il l'avait annoncé dans l'avion: "Les pauvres. Les pauvres sont au centre de l'Evangile. Au coeur de l'Evangile. Si l'on retire les pauvres de l'Evangile, on ne peut pas comprendre le message de Jésus Christ."

Un message d'amour. Il a appelé les consacrés à être des témoins de "l'amour réconciliateur" du Christ, répétant plusieurs fois l'expression: toute activité pastorale jaillit "de l'amour" a insisté le pape en citant sainte Thérèse de l'Enfant Jésus: "Dans la variété de nos vocations, chacun de nous est appelé, en quelque sorte, à être l’amour dans le cœur de l’Église."

Il a exhorté à la conversion, à l'examen de conscience pour être libre de toute "mondanité", tout "compromis" avec le monde, une conversion "avec la nouveauté de l'Evangile".

La rencontre quotidienne avec le Christ "dans la prière" est la condition de l'apostolat, a insisté le pape, en vue d'une "plus grande union avec le Christ", "en communauté" et dans une "parfaite charité".

Le pape a appelé l'assemblée à la radicalité évangélique, à la suite du Christ pauvre: "C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre auto-accomplissement, que nous pourrons nous identifier aux derniers de nos frères et sœurs."

Des forces puissantes contre la famille

Ce sera aussi, a continué le pape une source de lucidité. Plus encore, le pape a exhorté à se faire proche de ceux qui, découragés, vivent dans la rue: "Soyez proches de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues."

Il a souligné les "menaces" faites par des "forces puissantes" contre la famille: "Proclamez la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du mariage et de la famille. Comme vous le savez, ces réalités sont toujours plus attaquées par des forces puissantes qui menacent de défigurer le plan de Dieu sur la création et de trahir les vraies valeurs qui ont inspiré et donné forme à tout ce qu’il y a de beau dans votre culture."

"Soyez présents au milieu des jeunes qui peuvent être désorientés et découragés", a insisté le pape.

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Près de sept millions de Philippins sous la pluie, mais dans la joie
Le P. Lombardi salue "le plus grand rassemblement dans l'histoire des papes"

Anne Kurian

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François a célébré une messe au Rizal Park de Manille en présence de près de sept millions de Philippins - d'après le Saint-Siège - venus de tout le pays, ce dimanche 18 janvier 2015 : un moment historique sous la pluie mais dans la joie, pour le point d’orgue du voyage apostolique aux Philippines.

Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a salué devant la presse "le plus grand rassemblement dans l'histoire des papes".

Prévue à 15h30, la célébration s’est ouverte un peu après 15h (8h à Rome) au quatrième jour de la visite du pape dans l’archipel. Dans la matinée, il avait rencontré quelque 30.000 jeunes sur le campus de l’université Saint-Thomas de Manille.

Ce 3e dimanche de janvier marquait aussi le « Dimanche du Santo Niño » aux Philippines : cet Enfant Jésus est représenté vêtu comme un roi, couronné, et tenant en main le sceptre, le globe et la croix. Dans la foule, certains – dont beaucoup étaient sur place depuis l’aube ou la veille – portaient une figurine du « Santo Niño » pour la célébration.

Le Santo Niño « rappelle l’identité la plus profonde », des hommes, qui sont « tous enfants de Dieu, membres de la famille de Dieu », a souligné le pape durant son homélie.

Il a appelé les Philippins, habitants du « principal pays catholique en Asie » (plus de 80% de la population), à « être de vaillants missionnaires de la foi » sur le continent, sans se laisser décourager par « les troubles, les difficultés, et les injustices ».

Il a encouragé à « rester, intérieurement, enfants de Dieu » et à « rester fixés sur les choses qui comptent vraiment », afin de ne pas tomber dans le « mensonge » du démon qui « cache souvent ses pièges derrière les apparences de la sophistication, l’attrait d’être "moderne", "comme tout le monde" », et qui « distrait par l’illusion des plaisirs éphémères, des passe-temps superficiels ».  

« Puisse le Santo Niño continuer à bénir les Philippines et à soutenir les chrétiens de cette grande nation dans leur vocation à être témoins et missionnaires de la joie de l’Évangile, en Asie et partout dans le monde », a conclu le pape.

La liturgie, célébrée en grande partie en anglais, était animée par un orchestre et un chœur très imposants. La première lecture en tagalog (Is 9,1-6) a été lue par une jeune femme non-voyante en braille, la deuxième lecture (Eph 1,3-6 ; 15-18) par un enfant en anglais.

Après la bénédiction et l’envoi des Philippins comme « enfants de lumière » dans le monde, le pape a sillonné le Rizal Park durant 45 minutes, saluant la foule enthousiaste. Ainsi s’est conclue l’une des plus grandes messes jamais célébrées : il y a 20 ans, le pape Jean-Paul II avait rassemblé 4 millions de personnes au même endroit, pour la clôture de la Xe Journée mondiale de la jeunesse (15 janvier 1995).

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"Tous les Philippins veulent venir avec vous... aux périphéries !"
Salut du card. Tagle au terme de la messe au Rizal Park

Anne Kurian

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - « Tous les Philippins veulent venir avec vous aux périphéries, dans les bidonvilles, dans les cellules des prisons, dans les hôpitaux, dans les mondes de la politique, de la finance, de l’art, des sciences, de la culture, de l’éducation et des communications sociales », affirme le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille au pape François au terme de son voyage apostolique aux Philippines.

Le cardinal a remercié le pape à la fin de la messe de conclusion, que le pape a célébrée au Rizal Park de la capitale, en présence de près de sept millions de personnes, ce dimanche 18 janvier 2015.

« Au nom de l’archidiocèse de Manille, ceux qui ont travaillé inlassablement pour votre visite pastorale, et des Philippins qui ont été fortifiés dans leur foi ces jours-ci, je vous dis "Maraming salamat po" (Merci beaucoup) », a déclaré le cardinal, applaudi par la foule.

« Maraming salamat po, Saint-Père », a-t-il redit, de la part « des enfants des rues, des orphelins, des veuves, des sans-abri, de ceux qui vivent dans des logements précaires, des ouvriers, des agriculteurs, des pêcheurs, des malades, des personnes âgées abandonnées, des familles de personnes disparues, des victimes de la discrimination, de la violence, d’abus, d’exploitation, de trafic d’êtres humains, des migrants travailleurs et de leurs familles, des survivants de catastrophes naturelles et de conflits armés, des chrétiens non-catholiques, des croyants de religions non-chrétiennes, des promoteurs de paix ».

« Demain, vous partirez », a poursuivi le cardinal : « Tous les Philippins veulent venir avec vous – pas à Rome, ne vous inquiétez pas – mais aux périphéries, dans les bidonvilles, dans les cellules des prisons, dans les hôpitaux, dans les mondes de la politique, de la finance, de l’art, des sciences, de la culture, de l’éducation et des communications sociales. »

« Nous irons dans ces mondes pour apporter la lumière de Jésus… nous irons là où l’on a besoin de la lumière de Jésus : Vive le Saint-Père ! Vive le Christ ! (Mabuhay Saint-Père ! Mabuhay si Kristo !) Que la lumière de Jésus resplendisse ! ». « Mabuhay Santo Padre ! Mabuhay si Kristo ! », a repris la foule en chœur.

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"Vous êtes notre soleil, nous n'avons plus peur"
Mgr Villegas remercie le pape François

Anne Kurian

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - « Saint-Père, vous êtes notre soleil… nous n’avons plus peur ! », affirme Mgr Socrates B. Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan, qui remercie le pape au terme de la messe historique célébrée ce 18 janvier 2015 en présence de près de sept millions de personnes, au Rizal Park de Manille.

« Le soleil est en train de se coucher sur la baie de Manille… Le déclin du soleil clôt la journée et fait entrer dans le crépuscule », a fait observer l’archevêque, président de la Conférence épiscopale des Philippines.

Si « certains ont peur du coucher du soleil comme on a peur de l’obscurité », « nous n’avons plus peur », a-t-il affirmé : « Dans les jours et mois à venir, nous sortirons au coucher du soleil car vous nous avez apporté un magnifique soleil qui nous restera pour de longues vies à venir. Saint Père vous êtes notre soleil ! ».

Il a salué dans la visite du pape « un soleil de sourires pour les Philippins : « Vous nous avez apporté la joie. Vous nous avez apporté l’espérance. Vous nous avez apporté la chaleur. Vous nous avez apporté Jésus ».

« Ce soir, a-t-il poursuivi, nous vous promettons que nous serons vos lumières ; nous serons les lumières de Jésus pour l’Asie et le monde. Nous éclairerons le monde avec la miséricorde et compassion de Jésus. Nous éclairerons le monde avec la joie de l’Evangile. »

Remerciant le pape de la part des évêques des Philippines, Mgr Villegas a ajouté : « Nous sommes une nation d’enfants... Les enfants des Philippines sont aussi notre soleil. Les enfants sont notre bonheur. Les enfants sont notre espoir. Les enfants sont notre richesse ! »

« Merci d’être un enfant de Dieu avec nous. Vous êtes notre Père. Vous êtes notre frère. Vous êtes notre ami. Vous êtes notre inspiration. Vous êtes notre soleil. Pape François nous vous aimons », a-t-il conclu.

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"Familles, ne perdez pas votre capacité de rêver !"
Exhortation du pape aux familles des Philippines

Anne Kurian

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - « Familles, ne perdez pas votre capacité de rêver !... Perdre la capacité de rêver, c'est perdre la capacité d'aimer » : c'est l'exhortation du pape François aux familles des Philippines qu'il a rencontrées à 17h30 (10h30 à Rome) ce 16 janvier 2015 au « Mall of Asia Arena » à Manille, au deuxième jour de son voyage apostolique dans le pays.

Durant son long discours en anglais, le pape a invité à « se reposer dans le Seigneur », pour « la santé des esprits et des corps » mais aussi pour « la santé spirituelle » qui se maintient en « priant chaque jour en famille ».

« Vous devez trouver le temps, chaque jour, pour prier... Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles » : « La famille qui prie ensemble demeure ensemble », a rappelé le pape sous les applaudissements.

Le repos, c'est aussi le temps du « rêve » : le pape a improvisé quelques paroles en espagnol – traduite par un interprète – exhortant les familles à rêver : « Chaque mère et chaque père rêvent de leur fils ou de leur fille durant neuf mois », ils rêvent « de comment sera leur enfant ».

Pour le pape, « il n'est pas possible d'avoir une famille sans de tels rêves : lorsque vous perdez cette capacité de rêver, vous perdez la capacité d'aimer, et l'énergie pour aimer est perdue ».

Il a recommandé, lors de l'examen de conscience du soir, de se demander aussi : « Ai-je rêvé de mes fils ou filles ? Ai-je rêvé de l'amour de mon mari ou de ma femme ? Ai-je rêvé de mes parents et de ma famille ? »

« Il est si important de rêver dans la famille... s'il vous plaît, ne perdez pas cette capacité à rêver », a ajouté le pape en soulignant que « réfléchir » et « penser à son mari ou sa femme en rêvant de leurs qualités » permettait de « trouver des solutions à des problèmes familiaux » : « Ne perdez jamais l'illusion que vous aviez lorsque vous étiez petit ami ou petite amie ! », a-t-il conclu sous les rires de la foule.

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Sri Lanka : les bouddhistes apprécient le pape et son amour des pauvres
Témoignage de Mgr Marshall Andradi

Anne Kurian

ROME, 15 janvier 2015 (Zenit.org) - Les bouddhistes apprécient le pape, « son amour pour les pauvres, son effort pour créer la paix dans le monde et tout ce qu’il cherche à faire dans le monde entier », affirme l'évêque sri-lankais Mgr Marshall Andradi au micro de Radio Vatican.

Au terme de la visite du pape François au Sri Lanka (13-15 janvier 2015), Mgr Norbert Marshall Andradi, évêque d’Anuradhapura, salue dans cet événement « un grand encouragement à grandir dans la foi et à mieux connaître la vocation à la sainteté ».

Selon Mgr Marshall Andradi, les bouddhistes apprécient le pape, « son amour pour les pauvres, son effort pour créer la paix dans le monde et tout ce qu’il cherche à faire dans le monde entier… Ils l’aiment pour son engagement en tant qu’homme de paix, de réconciliation, et aussi parce que c’est un homme qui aime les pauvres, un homme qui cherche à créer de bonnes relations avec toutes les autres religions ».

Cohabiter paisiblement

Les Sri-Lankais « sont touchés par le fait que le pape soit venu ici dans ce petit pays, avant même d’aller dans son propre pays » en Argentine, ajoute-t-il.

Il souligne aussi l'importance de cette venue « en raison de son message de paix et de réconciliation entre les peuples de ce pays ». Le pape en effet a encouragé le peuple, marqué par une guerre civile récente (1983-2009), à « marcher sur le chemin d’une paix permanente ».

Pour Mgr Marshall Andradi, qui est à la tête d'un diocèse où les catholiques sont 1% de la population, cela implique de « trouver un mécanisme politique qui garantisse les droits des minorités ».

Il témoigne de la volonté des baptisés de vivre « au milieu des autres le mieux possible », de « cohabiter paisiblement » : « Je rencontre souvent les chefs bouddhistes », précise-t-il.

Appréciation des bouddhistes

L'évêque rapporte aussi que les bouddhistes (70% de la population) « ont été très contents d'avoir été invités à rencontrer le pape » : au premier jour de son voyage, le pape François a participé à une rencontre interreligieuse à Colombo, avec des représentants bouddhistes, musulmans, chrétiens et hindous. Parmi eux, les moines bouddhistes Ven Kaburugamuwe Vajira et Vigithasiri Niyangoda Thero.

Et hier, 14 janvier, le pape a rajouté une visite imprévue à son agenda : il s'est rendu au temple bouddhiste Mahabodhi Viharaya dont il avait reçu le moine Banagala Upatissa au Vatican.

Avec une traduction de Constance Roques

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Philippines: le pape François auprès des sinistrés de Tacloban le 17 janvier
Dégradations de l'environnement, danger, par le P. de Charentenay

Anita Bourdin

ROME, 15 janvier 2015 (Zenit.org) - Aux Philippines, le François vient d'abord encourager la population durement éprouvée par le typhon Yolanda/Haiyan en novembre 2013, c'est la raison de son déplacement, samedi 17 janvier, à Tacloban, une région sinistrée, explique le P. de Charentenay. Ce sera aussi l'occasion, souligne-t-il, d'un message "à la communauté mondiale sur les dangers qui touchent les dégradations de l’environnement".

« Les Philippines, archipel asiatique et catholique » (éd. Lessius): c'est le livre du P. Pierre de Charentenay, sj, qui vient de paraître, et il a été recommandé par le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, à la presse internationale, le 7 janvier, pour préparer la voyage du pape François au Philippines: un voyage qui commence ce jeudi 15 janvier et s'achève lundi prochain, 19 janvier, après une première étape asiatique au Sri Lanka (13-15 janvier). Il a en même temps annoncé la parution de l'encyclique du pape sur l'écologie "avant l'été".

Le pape partira samedi matin, 17 janvier, de Manille à 8h15 (1h15 à Rome) pour Tacloban, sur l'île de Leyte, à environ 650 km au sud-est de Manille, soit 1h15 de vol. Il présidera la messe, près de l'aéroport. Il déjeunera avec des rescapés, il bénira le Centre "Pope Francis" pour les pauvres, puis il rencontrera le prêtres, les séminaristes et les consacrés dans la cathédrale de Palo, avant de repartir pour Manille à 17h (10h à Rome).

Les dégradations de l'environnement

Dans un entretien publié par le site de la Conférence des évêques de France, le P. de Charentenay souligne que le pape aurait voulu venir "le plus rapidement possible pour montrer sa solidarité et celle de toute l’Eglise envers les très nombreux morts et blessés d’une telle catastrophe naturelle", mais "les déplacements d’un pape ne sont pas faciles à organiser, il ne pouvait donc pas y aller tout de suite". 

Le pape passera la journée de samedi à Tacloban dont le P. de Charentenay décrit ainsi la situation: "La région de Tacloban a vraiment été sinistrée. Des petites villes de 5 000 habitants n’avaient toujours pas d’électricité 4 mois après le cyclone. Tout était détruit et il fallait tout reconstruire en même temps. L’aéroport de Tacloban lui-même a été longtemps fantomatique. Le cyclone Haiyan a été le plus puissant jamais enregistré, avec des vents soufflant jusqu’à 350 km à l’heure. "

Il fait observer que les "dégradations de l’environnement" touchent particulièrement les Philippines: "Les Philippines sont habituées aux phénomènes climatiques hors normes, tremblements de terre, éruptions volcaniques comme cette du Pinatubo en 1991 et cyclones, plusieurs chaque année. Le pays est parmi les plus exposés face au changement climatique, en raison de sa situation insulaire, de la déforestation et de sa position sur le trajet des cyclones en période de mousson. En allant à Tacloban, il fait un signe à la communauté mondiale sur les dangers qui touchent les dégradations de l’environnement. On attend une encyclique sur l’écologie dans les mois qui viennent. Elle sera la bienvenue tout particulièrement pour les Philippines."

La religiosité populaire et l'engagement

Le pape célébrera une messe votive du "Santo Niño" de Cebu, ce qui souligne l'importance de la religion populaire aux Philippines - comme en Argentine - avec une origine commune, comme le souligne le P. de Charentenay: "Le Pape François a souvent insisté sur l’importance de la religion populaire : là se trouve l’expression d’une foi authentique et forte. Il trouvera une parenté entre les expressions de cette foi aux Philippines et ce qu’il a pu connaître en Argentine, en raison de l’histoire commune des colonies espagnoles. Cette religion se maintient avec vigueur à travers de multiples manifestations religieuses à travers tout le pays. Les Philippines ont même repris et développé une neuvaine de messe à 4h du matin en préparation de Noël, neuvaine qui avait été abolie en Amérique latine au XVIII° siècle, mais qui est toujours en vigueur dans l’archipel. Pour certains, cette religion populaire remplace la pratique du dimanche qui peut sembler répétitive. Pour beaucoup, elle est la seule expression de leur foi chrétienne."

Mais le pape sait aussi tirer le meilleur de ce socle fertile: "Le Pape expliquera certainement que cette foi doit aussi s’exprimer sous le mode de la charité, de la solidarité, de l’attention à la communauté. Le passage de cette religion populaire à une pratique des valeurs évangéliques n’est pas une évidence pour beaucoup. Il est pourtant nécessaire comme authentification de cette religion populaire. Bien des évêques ont tenté de l’expliquer aux chrétiens. La parole du Pape sera essentielle pour le confirmer."

La pauvreté et la corruption

Le pape en effet abordera aussi les questions qui fâchent comme la pauvreté ou la corruption, continue le jésuite français: "Il est évident que le Pape évoquera la situation sociale et politique aux Philippines, probablement pas pour accuser l’un ou l’autre groupe de la pauvreté ou de la corruption, mais pour rappeler les grands principes de la vie commune : la dignité humaine envers chacun, spécialement envers les petits et les pauvres, puis le respect et la solidarité. Les Philippines ont un potentiel considérable à cause d’un système éducatif de base qui est très largement répandu comme à cause de l’usage de l’anglais qui assure une communication directe avec le monde. Mais des inégalités se sont développées et ne sont pas résorbées : 20% de la population reste en dessous du niveau de pauvreté depuis 20 ans alors que le pays connaît une croissance économique de 7% depuis plusieurs années. La corruption et tous les trafics illégaux avec l’extérieur coûtent des milliards au pays, alors que beaucoup d’entreprises florissantes paient leurs employés à des salaires très bas, sans sécurité sociale (en les licenciant tous les 6 mois et en les rembauchant). Des réformes de fond doivent être faites. Le gouvernement s’y emploie, mais l’administration et le secteur privé résistent souvent. Le pape encouragera certainement les efforts qui sont faits en appelant chacun à respecter un peu plus l’état de droit."

L'Eglise, conscience critique

Le P. de Charentenay évoque aussi le rôle de "conscience critique", prophétique, de l'Eglise catholique aux Philippines: "Selon les diverses situations politiques des Philippines, l’Eglise catholique s’est positionnée différemment : face à la dictature de Marcos, surtout à partir de 1979, elle a eu une attitude de refus et de critique très sévère du régime. On était en plein dans la Loi Martiale avec des exactions sans nombre et une corruption généralisée. Elle a donc participé très directement au renversement de Marcos en février 1986 pour que soient rétablis les droits fondamentaux. Cela étant réalisé, elle est maintenant dans une position différente, celle d’une instance éthique qui rappelle au pouvoir les exigences de sa mission, comme dans toutes les démocraties du monde. Elle continue son combat contre la corruption, qui reste une plaie du pays, malgré les efforts du gouvernement, notamment dans la fameuse affaire Napoles, pour laquelle trois sénateurs ont été mis en examen en juillet 2014. Il reste que sur le plan de la morale personnelle des citoyens, le gouvernement, soutenu par une majorité des parlementaires, tend à prendre des initiatives qui ne correspondent pas aux principes de la morale chrétienne. Une loi sur la santé reproductive et l’éducation sexuelle (RH Bill), que l’Eglise a durement combattue, a été votée, puis, après amendements, approuvée par le Cour Suprême. Dans une société de plus en plus diversifiée, il faut s’attendre à de nouveaux débats très difficiles, notamment quand viendra un jour la discussion sur la légalisation du divorce, qui n’existe pas aux Philippines. L’Eglise doit encore ajuster ses interventions à une démocratie qu’elle ne contrôle pas."

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Deux étoles de soie pour honorer l'hôte du Sri Lanka
Les gestes de respect d'un enfant et d'un prêtre hindou

Rédaction

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François a reçu deux étoles, offertes par un petit enfant, puis par un prêtre hindou âgé, au premier jour de son voyage apostolique au Sri-Lanka: deux manifestations de respect et de bienvenue.

Partout où il se rend au Sri Lanka, le pape reçoit des colliers de fleurs multicolores, qu'il revêt volontiers. Mais hier soir, 13 janvier 2015, ce sont des étoles de soie qui lui ont été offertes lors de la rencontre interreligieuse au « Bandaranaike Memorial International Conference Hall » (BMICH) de Colombo.

Le pape a en effet rencontré des leaders bouddhistes, musulmans, chrétiens et hindous, en fin d'après-midi, en présence d'un millier de personnes de diverses communautés religieuses du pays.

A son arrivée au centre des congrès, un enfant, dans les bras de sa maman, a posé une petite étole de soie autour du cou du pape François, qui l'a remercié en joignant les mains, geste traditionnel de la culture sri-lankaise.

Au cours de la rencontre, le prêtre hindou, Suwami Sommasundaram, a prononcé une bénédiction, et il a enveloppé les épaules du pape d'une châle jaune d'or, symbole de respect et d’honneur. Le pape a prononcé son discours revêtu de ce signe de bienvenue.

La journée s'est donc conclue sur ces images du prêtre âgé et du petit enfant, qui représentent respectivement « la mémoire » et « la promesse », mais aussi « la paix » et « la joie », selon une expression que le pape utilise régulièrement : « L'avenir d'un peuple repose sur les personnes âgées et sur les enfants. »

Avec une traduction de Constance Roques

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Sri Lanka : le repentir est condition de la réconciliation
Le premier pape au sanctuaire de Madhu

Anne Kurian

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape encourage les Sri-Lankais, tamouls et cinghalais, à demander « la grâce de réparer [leurs] péchés et tout le mal que cette terre a connu ». Cette démarche de « vrai remords et vrai repentir », est condition de la « vraie paix », affirme-t-il au sanctuaire marial de Madhu, dans le nord-ouest du Sri Lanka, ce 14 janvier 2015. Il est le premier pape à visiter ces lieux.

Au deuxième jour de son voyage apostolique au Sri Lanka, le pape a quitté cet après-midi la nonciature de Colombo pour se rendre au sanctuaire de Notre Dame du Rosaire à Madhu, dans le diocèse de Mannar, au nord-ouest de l'île, à quelque 230 kilomètres de la capitale.

Il a fait le trajet en hélicoptère, en décollant à 14h (9h30 à Rome) pour arriver à 15h30 (11h à Rome) à Madhu, où il a été accueilli par Mgr Joseph Rayappu, évêque du lieu, ainsi que par des autorités locales.

Le pape a rejoint en papamobile le grand complexe du sanctuaire, au rythme de musiques traditionnelles et sous les ovations des Sri-Lankais qui s'étaient postés le long de la route pour saluer le cortège. Comme à son habitude, le pape, souriant, se penchait sur la population, serrant des mains, bénissant des enfants.

Encerclé d'une végétation abondante, le sanctuaire est un lieu symbolique pour la nation : centre de dévotion mariale depuis le XVIIe siècle pour différentes religions – catholiques, hindous... – il a été aussi camp de réfugiés lors de la récente guerre civile qui a déchiré la population (1983-2009).

Le pape y a présidé une prière mariale pour la réconciliation du pays. La célébration, animée par des chœurs en tamoul et cinghalais, a duré une petite heure devant l'église du sanctuaire consacrée en 1944, sous le préau richement orné de fleurs multicolores et de tissus bleus et violets.

« Vous visitez notre pays comme un messager de paix, fondée sur la vérité, la justice et la réconciliation » : c'est en ces termes que Mgr Joseph Rayappu, évêque de Mannar, a salué le pape qui a fait un lâcher de colombe sous les applaudissements.

La cérémonie s'est ouverte par un hymne à l'Esprit-Saint, interprété en tamoul et en cinghalais, ainsi qu'une lecture de l’Évangile dans les deux langues (Mt 5,4.9-10).

Dans la foule nombreuse, des représentants de familles tamoules et cinghalaises particulièrement éprouvées par la guerre étaient présents : « Notre-Dame est restée toujours avec vous. Elle est la Mère de toute demeure, de toute famille blessée, de tous ceux qui cherchent à retourner à une existence pacifique », leur a affirmé le pape en anglais.

« Marie n’oublie jamais ses enfants de cette splendide île. Comme elle n’a jamais abandonné son Fils sur la Croix, ainsi elle n’a jamais abandonné ses enfants Sri-Lankais souffrants », a-t-il ajouté, invitant à « la remercier d'apporter Jésus, qui seul a le pouvoir de guérir les blessures ouvertes et de restaurer la paix dans les cœurs meurtris ».

Il a encouragé les Sri-Lankais à demander « la grâce de réparer [leurs] péchés et tout le mal que cette terre a connu ». Si cette démarche de repentance n'est « pas facile », elle est cependant condition de la paix : « c’est seulement en arrivant à comprendre, à la lumière de la Croix, le mal dont nous sommes capables, et auquel peut-être nous avons pris part, que nous pouvons faire l’expérience d’un vrai remords et d’un vrai repentir » et finalement au « vrai pardon », a expliqué le pape.

« Dans ce difficile effort de pardonner et de trouver la paix, Marie est toujours ici pour encourager, guider, faire faire un autre pas. Exactement comme elle a pardonné aux assassins de son Fils au pied de sa Croix, en tenant alors entre les mains son corps sans vie, ainsi maintenant elle veut guider les Sri Lankais vers une réconciliation plus grande, en sorte que le baume du pardon de Dieu et de sa miséricorde puisse produire une vraie guérison pour tous », a-t-il souligné.

Son discours a ensuite été traduit dans les deux langues principales du pays. La célébration s'est poursuivie par une prière universelle, la récitation du Notre Père et la bénédiction du pape avec la statue de Notre Dame de Madhu.

Au terme de la rencontre, il s'est recueilli quelques instants devant la Vierge couronnée, portant l'enfant Jésus, et a placé autour du cou de la statue un chapelet couleur or.

Le bienheureux Paul VI et saint Jean Paul II sont tous deux venus au Sri Lanka, respectivement en 1970 et 1995. Mais le pape François était le premier à se rendre au sanctuaire de Madhu.

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Bouddhistes, hindous, musulmans et chrétiens côte à côte
Rencontre oecuménique et interreligieuse avec le pape au Sri Lanka

Anne Kurian

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - Au premier jour de son voyage apostolique au Sri-Lanka, le pape François a participé à une rencontre œcuménique et interreligieuse au « Bandaranaike Memorial International Conference Hall » (BMICH) de Colombo.

Il a en effet rencontré des représentants bouddhistes, musulmans, chrétiens et hindous, en fin d'après-midi ce 13 janvier 2015. Un millier de personnes de diverses communautés religieuses du pays étaient présentes pour cet événement.

Le pape a été accueilli par des musiques traditionnelles rythmées, devant l'immense Centre construit par des ouvriers sri-lankais et chinois dans les années 70.

Assis les uns à côté des autres sur une estrade dans une grande salle de congrès, le pape et six dignitaires sont intervenus par des chants, des prières et des discours, durant environ 45 minutes. La rencontre a été introduite par Mgr Cletus Chandrasiri Perera, évêque de Ratnapura et président du comité organisateur de l'événement.

Puis le moine Ven Kaburugamuwe Vajira a interprété un chant bouddhiste ; le prêtre hindou Suwami Sommasundaram a poursuivi par une bénédiction, avant d'offrir au pape une étole hindoue couleur jaune or ; le maulavi musulman Ash-Sheikh M.F.M. Fazil a prononcé un discours, ainsi que le moine bouddhiste Vigithasiri Niyangoda Thero, et l'évêque anglican de Colombo, Diloraj Kanakasabei, a formulé une prière.

Enfin, le pape a pris la parole, redisant le « respect sincère de l’Église » pour « vous tous, hommes et femmes de ces grandes traditions religieuses, qui partagez avec nous un désir de sagesse, de vérité et de sainteté ».

Pour que le dialogue interreligieux soit « efficace », il doit « se fonder sur une présentation complète et sincère des convictions respectives », a-t-il précisé : si les croyants sont « honnêtes dans la présentation de [leurs] convictions, [ils] seront capables de voir plus clairement tout ce [qu'ils ont] en commun ».

Le pape a exhorté les chefs religieux à être « clairs et sans équivoques » lorsqu'ils mettent leurs communautés « au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence, qui se trouvent en chacune des religions », et lorsqu'ils « dénoncent les actes de violence qui sont commis ».

Le bouddhisme est la religion majoritaire du Sri Lanka (70 %), tandis que l'hindouisme représente plus de 12 % de la population et l'islam près de 10%. Les chrétiens, minoritaires, sont près de 8%, dont 6,5% de catholiques. Mais l’Église détient un rôle-clé, puisqu’elle est la seule communauté dont les adeptes appartiennent à différents groupes ethniques, fait observer l’Aide à l’Église en détresse (AED-France).

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Attaques terroristes : l'islam est utilisé pour causer du mal
Déclaration d'un leader musulman sri-lankais devant le pape

Anne Kurian

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - Terrorisme, racisme, extrémisme, sont des « pratiques malfaisantes » et n'ont « pas de relation avec l'islam », affirme le maulavi Ash-Sheikh M.F.M. Fazil, devant le pape François, ce 13 janvier 2015: l'islam est utilisé pour causer du mal.

Au terme de la première journée du pape au Sri Lanka, des représentants bouddhistes, musulmans, hindous et chrétiens se sont retrouvés autour du pape, pour une rencontre interreligieuse en fin d'après-midi, à 18h15 (13h45 à Rome), au Mémorial « Bandaranaike » (BMICH) de Colombo.

Les représentants religieux sont intervenus par des chants de leur tradition – comme le moine bouddhiste Ven Kaburugamuwe Vajira – ou des bénédictions – tels l'hindou Suwami Sommasundaram et Ash-Sheikh M.F.M. Fazil – ou encore une prière, comme l'évêque anglican de Colombo, Diloraj Kanakasabei.

Nous vous accueillons de tout cœur 

Le maulavi Ash-Sheikh M.F.M. Fazil s'est réjoui de la venue du pape – « De la part de la communauté religieuse du Sri Lanka, nous vous accueillons de tout cœur » – car, a-t-il affirmé, « celui qui croit en Allah et son prophète doit honorer son hôte, quelle que soit sa religion, sa culture et sa caste ».

Il a évoqué un enseignement du prophète Mahomet, qui reçut en son temps « une délégation de prêtres chrétiens à la Mosquée de Médine ». Après leur « très belle discussion », les prêtres « demandèrent un lieu pour prier et le prophète leur a donné un lieu dans la mosquée », a rapporté Ash-Sheikh M.F.M. Fazi.

Cette histoire « donne un message au monde », telle une invitation « à s'unir ». Elle montre aussi que la religion musulmane « accueille la discussion », a-t-il souligné : « construire des ponts entre leaders religieux est plus qu'urgent aujourd'hui ».

L'islam est utilisé pour causer du mal

Le maulavi a fait mémoire des attentats récents – notamment à Paris – perpétrés par des terroristes : « Je manquerais à mes devoirs si je ne mentionnais pas les attaques et tueries qui ont eu lieu en France, au Pakistan où des enfants ont été massacrés au nom de l'islam. »

Mais « l'islam n'a pas de relation avec ces pratiques malfaisantes et ces mauvaises conduites. L'islam promeut paix, amour et harmonie », a-t-il ajouté.

« Terrorisme, racisme, extrémisme, sont des croyances en eux-mêmes, et ils utilisent de nombreuses religions pour couvrir leur méfaits : aujourd’hui l'islam est utilisé pour causer du mal sur la planète », a-t-il poursuivi.

Il a encouragé « tous les leaders religieux à s'unir » et à chercher à « comprendre la foi les autres des autres, à se soutenir mutuellement et à construire une nation saine pour l'humanité », pour faire du monde « un bel endroit pour vivre en paix et en harmonie ».

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Sri Lanka: le "commandement" de la paix et de la coexistence
Le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle

Anita Bourdin

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - « Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence», déclare le pape François, à l’occasion de la rencontre interreligieuse à laquelle il a participé, ce mardi 13 janvier, à Colombo (Sri Lanka) au Mémorial Bandaranaike, le palais des congrès, comble. Le pape a aussi insisté sur le service des pauvres, sur ce qu'il appelle "le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle". 

Le commandement nouveau

Cette expression du "commandement" de la paix et de la coexistence, fera certainement couler beaucoup d'encre: c'est une des expressions-choc dont le pape a le secret qui surprennent et qui réveillent. Il a à la fois défini dans ce discours ce qu'il entend par dialogue interreligieux, ses objectifs et ses conditions, et sa vision du rôle et de la responsabilité des religions dans la société.

Revêtu d'un châle jaune d'or honorifique, le pape a souhaité la participation des religions à la réconciliation nationale, en disant :“Puisse l’esprit croissant de coopération entre les responsables des différentes communautés religieuses trouver une expression dans l’engagement à mettre la réconciliation entre tous les Sri-Lankais au cœur de chaque effort pour renouveler la société et ses institutions”.

Il a redit que la religion ne peut en aucun cas être le prétexte à la violence: “Pour le bien de la paix, on ne doit pas permettre que les croyances religieuses soient utilisées abusivement pour la cause de la violence et de la guerre.”

La guérison et l'unité

“Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence, qui se trouvent en chacune des religions, et lorsque nous dénonçons les actes de violence qui sont commis”, a insisté le pape.

Le pape a indiqué un remède qu'il appelle "le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle". Et d'expliquer: "Je pense en particulier aux nécessités matérielles et spirituelles des pauvres, des personnes dans le besoin, de tous ceux qui attendent avec anxiété une parole de consolation et d’espérance. "

Le pape a en quelque sorte indiqué ce qu'il entendait par dialogue interreligieux, en stimulant l'espérance de "routes nouvelles" : "Si nous sommes honnêtes dans la présentation de nos convictions, nous serons capables de voir plus clairement tout ce que nous avons en commun. De nouvelles routes s’ouvriront pour une estime mutuelle, une coopération et, certainement, une amitié."

Ce qui est nécessaire aujourd’hui, a diagnostiqué - et averti - le pape, c’est la "guérison" et "l’unité", et non de "nouveaux conflits et de nouvelles divisions": "La promotion de la guérison et de l’unité est, certainement, un engagement noble, qui incombe à tous ceux qui ont au cœur le bien de la nation et, en vérité, de toute la famille humaine."

Il a conclu sur cette vocation des religions: "Que cette rencontre fraternelle confirme tous nos efforts pour vivre en harmonie et pour répandre les bénédictions de la paix."

Une minorité clef

Bien que l’Église catholique ne représente qu’une minorité au Sri Lanka, elle détient un rôle-clé, puisqu’elle est la seule communauté dont les adeptes appartiennent à différents groupes ethniques, fait observer l’Aide à l’Eglise en détresse (AED-France), qui donne ces chiffres:  environ 70% des 21 millions de Sri-lankais sont bouddhistes, 12 % sont hindouistes, à peine 10 % musulmans et quelque 8 % chrétiens, dont 6 % de catholiques.

Du point de vue ethnique, le pays est moins diversifié : 75 % des habitants sont Cingalais, environ 15 % Tamouls et quelque 10 % Maures sri-lankais, dont la grande majorité se compose de musulmans de langue tamoule. C’est la coexistence entre Tamouls et Cingalais qui a été à l’origine de la longue guerre civile.

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La solidarité et la charité, mode de vie du pape
Par le prof. Guzmán Carriquiry

Antonio Gaspari

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - Deux ans après son élection, il n’y a plus de doute sur le fait que le pape François se montre tel qu’il est, authentique, cohérent et radical lorsqu’il pose un geste évangélique, estime le prof. Guzmán M. Carriquiry Lecour, Secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique Latine, ami de longue date du pape.

Le professeur Carriquiry a été directeur du Centre des communications sociales de l’épiscopat uruguayen. Depuis 1971 il travaille pour le Saint-Siège, où il a été d'abord chef de bureau puis sous-secrétaire au Conseil pontifical pour les laïcs.

Zenit s’est entretenu avec lui à l’occasion de la conférence « La communion de l’Église : mémoire et espérance pour Haïti, cinq ans après le séisme », organisée à Rome le 10 janvier 2015.

Le prof. Carriquiry a rappelé que le pape « souhaitait intensément cette journée de communion et de solidarité avec l’Église et le peuple d'Haïti », dévasté en janvier 2010 par un tremblement de terre qui a fait plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris.

Il s'agissait par cette rencontre de « réunir toutes les institutions internationales, communautés religieuses, associations, conférences épiscopales, dicastères de la curie romaine, pour faire le point sur le processus de reconstruction matérielle et spirituelle, car la reconstruction commence par la personne » : « L’objectif est de surmonter les problèmes par la paix et le développement ».

En rencontrant les participants, le pape a souligné que « la charité est la vie intime de l’Église et elle se manifeste dans la communion ecclésiale ». Pour le pape, a expliqué Guzmán Carriquiry, le mot « charité » n’est pas qu’un mot, mais « un témoignage authentique et cohérent » : « Quand il dit ‘ je veux une Église pauvre au service des pauvres’, il parle très sérieusement ».

L'amour du pape pour les pauvres est « un amour préférentiel qui dépasse toutes les dérives idéologiques qui ont agité l’Église latino-américaine... Il a toujours été comme ça. En relisant les livres et les témoignages d’amis en Argentine, les récits de ses maîtres et des novices qui l’ont eu comme formateur, dans la communauté jésuite de Buenos Aires, tous soulignent cette manière de faire. Une discipline austère, un mode de vie sobre et humble », a-t-il précisé.

« Le cardinal Bergoglio a toujours manifesté une grande attention pastorale pour les périphéries, les quartiers pauvres où règne la misère. Il les fréquentait régulièrement, s'y rendait en autobus, parcourait les rues, entrait dans les maisons, saluait et bénissait, aidait et partageait les souffrances, priait, célébrait la messe. Il était aussi proche des prêtres qu’il avait formés et envoyés dans ces lieux », a poursuivi Guzmán Carriquiry.

« Quand il parle de "culture de la rencontre", il ne le fait pas de manière académique ou rhétorique, il ne regarde pas le pauvre comme une figure idéologisée, ou comme une donnée sortie de statistiques, il a une idée très concrète et vraie des difficultés de la vie, en particulier des pauvres, dont il connaît les souffrances et vers lesquels il va pour les toucher et soigner leurs plaies. »

« Sa façon d’étreindre les pauvres, de les toucher, de leur parler, émeut beaucoup de gens. Sa participation est totale, il met en jeu sa personne, partage jusqu’au fond joies et douleurs : Ses propos ne sont pas un discours mais un engagement personnel », a-t-il insisté.

Traduction de Zenit

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Sri Lanka: que resplendisse la beauté de la Perle de l'Océan indien
Des jours d'amitié, de dialogue, de solidarité

Anita Bourdin

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - Dès son arrivée au Sri Lanka, le pape François exprime le voeu que la beauté de ce pays appelé la "Perle de l'Océan indien" puisse resplendir "pleinement". 

Dans son premier discours, à l'aéroport de Colombo, ce mardi 13 janvier à 4h45 (9h15, heure locale), il souhaite que son séjour (13-15 janvier) soit marqué par "l'amitié", le "dialogue" et la "solidarité".

Le nouveau président sri-lankais, Maithripala Sirisena, élu le 8 janvier, a souhaité la bienvenue au pape François, lui demandant sa bénédiction pour son mandat qui commence.

"Puissent ces jours que nous passerons ensemble être des jours d’amitié, de dialogue, et de solidarité. J’invoque les abondantes bénédictions de Dieu sur le Sri Lanka, la Perle de l’Océan Indien, et je prie pour que sa beauté resplendisse pleinement en faveur de la prospérité et de la paix de tous ses habitants", a déclaré le pape.

Sollicitude pour tous les Sri-lankais

Il a souligné que c'est maintenant le temps de panser les blessures: "Pendant de nombreuses années, le Sri Lanka a connu les horreurs de la guerre civile, et à présent il cherche à consolider la paix et à soigner les blessures de ces années. Dépasser l’héritage amer d’injustices, d’hostilités et de défiance laissé par le conflit n’est pas une tâche facile. Cela ne peut être réalisé qu’en faisant vaincre le mal par le bien, et en cultivant les vertus qui promeuvent la réconciliation, la solidarité et la paix. De plus, le processus de guérison demande d’inclure la recherche de la vérité, non pas dans le but d’ouvrir de vieilles blessures, mais plutôt comme moyen nécessaire pour promouvoir la justice, la guérison et l’unité."

Le pape dit "la sollicitude de l’Église pour tous les Sri-lankais", et confirmé "le désir de la communauté catholique de participer activement à la vie de cette société". Il a en effet indiqué le but de sa visite "pastorale" : "En tant que pasteur universel de l’Église catholique, je suis venu pour rencontrer et encourager les catholiques de cette île, et aussi pour prier avec eux. Un point central de cette visite sera la canonisation du bienheureux Joseph Vaz, dont l’exemple de charité chrétienne et de respect pour toute personne, sans distinction d’ethnie ou de religion, continue, aujourd’hui encore, de nous inspirer et de nous enseigner. Mais ma visite veut aussi exprimer l’amour et la sollicitude de l’Église pour tous les Sri-lankais, et confirmer le désir de la communauté catholique de participer activement à la vie de cette société."

Mission de paix des religions

Il a aussi exprimé la mission de paix des religions : "Je suis convaincu que les personnes qui appartiennent à des traditions religieuses différentes ont un rôle essentiel à jouer dans le processus délicat de réconciliation et de reconstruction qui est en cours dans ce pays".

Le pape a plaidé pour la liberté, la justice, et exhorté à vivre "comme une seule famille": "la diversité est une source de richesse" et non une "menace". Il a invité à respecter"la dignité humaine" et les "droits humains".

"Je forme le vœu; a dit le pape, que les responsables politiques, religieux et culturels du Sri Lanka, prenant la mesure du bien et de la guérison qui résulteront de chacune de leurs paroles et de leurs actions, apportent une contribution durable au progrès matériel et spirituel du peuple du Sri Lanka."

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Le pape appelle le "coeur endurci de l'humanité" à la conversion
Voeux 2015 au Corps diplomatique

Anne Kurian

ROME, 12 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François fustige le « cœur endurci » de l'humanité qui provoque d'innombrables conflits et plaies sociales planétaires, ce 12 janvier 2015, devant des représentants diplomatiques du monde entier : « la paix jaillit de la conversion du cœur plus encore que de la fin de chaque guerre », a-t-il affirmé.

Le pape a en effet reçu ce lundi matin au Vatican le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, pour le traditionnel échange de vœux au début de l'année civile.

Après les paroles d’introduction du doyen du Corps diplomatique, M. Jean-Claude Michel, ambassadeur de la principauté de Monaco près le Saint-Siège, le pape a prononcé un long discours en italien, exprimant sa préoccupation pour les conflits et plaies sociales qui défigurent l'humanité en de nombreux endroits du globe.

Pour le pape, ces guerres civiles ont pour racine « le cœur endurci de l’humanité » qui pratique le « refus de la paix » : ce refus conduit « à ne pas regarder le prochain comme un frère à accueillir, mais à le transformer plutôt en un concurrent, en un sujet à dominer ».

Guerre mondiale par morceaux

« Cette culture du déchet n’épargne rien ni personne », a-t-il déploré : « depuis les créatures, en passant par les êtres humains et jusqu’à Dieu lui-même. Il en naît une humanité blessée et continuellement déchirée par des tensions et des conflits de toute sorte... une culture qui rejette l’autre, brise les liens les plus intimes et les plus vrais, finissant par défaire et désagréger toute la société, et par engendrer la violence et la mort ».

Le pape a dénoncé les principaux conflits en cours, notamment au Moyen-Orient (Irak, Syrie, Terre Sainte), invitant « les responsables religieux, politiques, et intellectuels, en particulier musulmans », à « condamner toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion visant à justifier de tels actes de violence ».

Il a aussi évoqué l'Afrique (Nigeria, Libye, République centrafricaine, Sud Soudan, Soudan, Corne de l’Afrique, République Démocratique du Congo), l'Ukraine : « une vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux », a-t-il affirmé.

Condamnant également « le tragique massacre survenu à Paris », où des attentats ont provoqué la mort de 17 personnes entre le 7 et le 9 janvier, le pape a souligné que « tous les conflits belliqueux révèlent le visage le plus emblématique de la culture du déchet par les vies qui sont délibérément piétinées par celui qui détient la force ».

« Il ne faut pas oublier que les guerres apportent avec elles un autre horrible crime, qui est le viol. Celui-ci est une offense très grave à la dignité de la femme », a-t-il ajouté.

Maladies et exilés divers

Parmi les autres tragédies dont souffre le monde, le pape a évoqué l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, appelant la communauté internationale à assurer « une assistance humanitaire adéquate aux patients, et à un engagement commun pour vaincre la maladie ».

Il a aussi plaidé pour l'accueil des personnes déplacées et réfugiées, avec une attention particulière pour les enfants voyageant seuls sur le continent américain : « Combien de personnes perdent la vie dans des voyages inhumains, soumises aux brimades de véritables bourreaux avides d’argent ? »

Mais il existe « beaucoup d’autres "exilés cachés" à l’intérieur des maisons et des familles » : le pape a évoqué « les personnes âgées et les personnes handicapées », « objets de rebut » ainsi que les jeunes, victimes de la « plaie toujours plus étendue du chômage » : « Tout cela est contraire à la dignité humaine et dérive d’une mentalité qui place au centre l’argent, les bénéfices et les profits économiques au détriment de l’homme lui-même. »

« Il n’est pas rare que la famille elle-même soit objet de rejet, à cause d’une culture individualiste et égoïste toujours plus répandue, qui abîme les liens et tend à favoriser le phénomène dramatique de la dénatalité, ainsi que de législations qui privilégient différentes formes de cohabitation plutôt que de soutenir convenablement la famille pour le bien de toute la société », a-t-il ajouté.

Les témoignages positifs

Mais il ne s'agit pas de se laisser « dominer par le pessimisme, par les défauts et par les carences de notre temps », a poursuivi le pape en invitant à « remercier Dieu pour ses bienfaits ».

Il a salué à ce propos le « témoignage éloquent de la culture de la rencontre » en Albanie, qui vit « un climat de respect et de confiance réciproque entre catholiques, orthodoxes et musulmans », et la générosité de la Turquie, de la Jordanie et du Liban, « envers les réfugiés provenant des autres pays du Moyen-Orient ».

Le pape a rendu hommage à la « récente décision des États Unis d’Amérique et de Cuba de mettre fin à un silence réciproque », au « peuple du Burkina Faso, engagé dans une période de transformations politiques et institutionnelles importantes », à « l’Accord qui met fin à de longues années de tensions aux Philippines », à « l’engagement en faveur d’une paix stable en Colombie » et aux « initiatives destinées à établir à nouveau la concorde dans la vie politique et sociale au Venezuela ».

Formulant le vœu d'une prochaine « entente définitive entre l’Iran et le Groupe des 5+1 sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des buts pacifiques », il a conclu son discours sur « deux importants processus » à venir : « la rédaction de l’Agenda du développement post-2015, avec l’adoption des Objectifs du développement durable, et l’élaboration d’un nouvel Accord sur le climat » : « cela est urgent ».

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Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient mutilé
Discours annuel au Corps diplomatique

Anita Bourdin

ROME, 12 janvier 2015 (Zenit.org) - "Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient défiguré et mutilé ! " déclare le pape François dans son discours annuel au Corps diplomatique dans lequel il a aussi mentionné les attentats de Paris. Le pape a lancé un appel solennel à la communauté internaitonale et aux chefs religieux pour que s'arrête la persécution des chrétiens.

Le pape a en effet reçu le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, pour les vœux de nouvelle année, ce lundi matin, 12 janvier 2015, au Vatican, comme c'est la tradition au début de l'année civile.

"Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient défiguré et mutilé ! En demandant à la communauté internationale de ne pas être indifférente devant une telle situation, je souhaite que les responsables religieux, politiques, et intellectuels, en particulier musulmans, condamnent toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion visant à justifier de tels actes de violence."

Deux Etats

Pour ce qui est de la paix entre Israël et les Palestiniens, le pape a redit et l'espérance qui a animé son voyage de mai dernier et la solution qu'il défend de deux Etats: lui et les présidents d'Israël et de l'Autorité palestiniennes étaient "animés de l’espérance confiante que les négociations entre les deux parties puissent reprendre, dans le but de faire cesser les violences et d’arriver à une solution qui permette, tant au peuple palestinien qu’au peuple israélien, de vivre enfin en paix, dans des frontières clairement établies et reconnues internationalement, de sorte que la « solution de deux États » devienne effective".

Le pape diagnostique la maladie de la guerre et de la violence, engendrée par le rejet de Dieu: "Malheureusement, le Moyen Orient est également traversé par d’autres conflits, qui se prolongent depuis trop longtemps et dont les aspects sont effrayants, aussi par le déferlement du terrorisme d’origine fondamentaliste en Syrie et en Irak. Ce phénomène est une conséquence de la culture du déchet appliquée à Dieu."

Il explique ainsi le fondamentalisme: "Le fondamentalisme religieux, en effet, plus encore que rejeter les êtres humains en perpétrant des massacres horribles, refuse Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique."

Une réponse unanime est nécessaire 

Le pape demande un répoonse commune pour arrêter la persécution des chrétiens: "Face à cette injuste agression, qui touche aussi les chrétiens et d’autres groupes ethniques et religieux de la région, une réponse unanime est nécessaire qui, dans le cadre du droit international, arrête le déferlement des violences, rétablisse la concorde et soigne les blessures profondes que la succession des conflits a provoquées. "

Il a lancé cet appel et à la communauté internaiotnale et aux chefs des différentes religieux: "En ce lieu je fais donc appel à toute la communauté internationale, comme aussi à chacun des Gouvernements concernés, pour qu’ils prennent des initiatives concrètes pour la paix, et pour la défense de tous ceux qui souffrent des conséquences de la guerre et de la persécution, et qui sont contraints de laisser leurs maisons et leur patrie. Dans une lettre envoyée un peu avant Noël, j’ai personnellement voulu manifester ma proximité et assurer de ma prière toutes les communautés chrétiennes du Moyen Orient qui donnent un témoignage précieux de foi et de courage, en jouant un rôle fondamental d’artisans de paix, de réconciliation et de développement dans leurs sociétés civiles respectives."

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Les attentats de Paris: une guerre mondiale par épisodes
Discours annuel au Corps diplomatique

Anita Bourdin

ROME, 12 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François cite les attentats de Paris dans son discours au Corps diplomatique près le Saint-Siège qu'il a reçu pour l'échange des voeux ce lundi 12 janvier 2015: il y voit un des épisodes d'une guerre mondiale intermittente, et le symptôme d'une "culture de l'asservissement". Le pape a aussi mentionné le calvaire du Nigeria où le terrorisme a fait plus de 2 000 victimes la semaine dernière.

Massacre à Paris et mystification de la religion

Le pape dénonce le terreau de la violence: le rejet de l'autre, le rejet de Dieu, individuel et social: "À une dimension personnelle du refus s’associe ainsi inévitablement une dimension sociale, une culture qui rejette l’autre, brise les liens les plus intimes et les plus vrais, finissant par défaire et désagréger toute la société, et par engendrer la violence et la mort."

"Nous en avons un triste écho dans les nombreux faits de la chronique quotidienne, le moindre n’est pas le tragique massacre survenu à Paris, il y a quelques jours. Les autres « ne sont plus perçus comme des êtres d’égale dignité, comme des frères et sœurs en humanité, mais sont vus comme des objets »", a ajouté le pape.

Il y voit comme conséquence une frome moderne d'esclavage: "Et l’être humain, de libre devient esclave, que ce soit des modes, du pouvoir, de l’argent, parfois même de formes déviantes de religion. Ce sont les dangers que j’ai voulu rappeler dans le Message pour la récente Journée Mondiale de la Paix, consacré au problème des multiples esclavages modernes. Ils naissent d’un cœur corrompu, incapable de voir et de faire le bien, de poursuivre la paix."

Le pape dénonce dans la violence terroriste une "mystification de la religion". Il salue au contraire, le modèle albanais fait d'harmonie entre les religions comme "un signe important qu’une foi sincère en Dieu ouvre à l’autre, engendre dialogue et action pour le bien".

Au contraire, ajoute le pape, "la violence naît toujours d’une mystification de la religion elle-même, adoptée en prétextant des projets idéologiques qui ont comme unique but la domination de l’homme sur l’homme. Également, au cours de mon récent voyage en Turquie, pont historique entre Orient et Occident, j’ai pu constater les fruits du dialogue œcuménique et interreligieux, ainsi que l’engagement envers les réfugiés provenant des autres pays du Moyen-Orient."

Respecter la légalité internationale en Ukraine

Le pape diagnostique aussi une "vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux", et il cite l'Ukraine pour laquelle il appelle à la réconciliation:"Nous constatons avec douleur les conséquences dramatiques de cette mentalité du rejet et de la « culture de l’asservissement » dans le déferlement continuel des conflits. Comme une vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux, ils touchent, même si c’est sous des formes et avec des intensités variées, différentes zones de la planète, en commençant par la proche Ukraine devenue un théâtre dramatique d’affrontement, et pour laquelle je souhaite que, par le dialogue, se renforcent les efforts en cours pour faire cesser les hostilités, et pour que les parties en présence entreprennent dès que possible, dans un esprit renouvelé de respect de la légalité internationale, un chemin sincère de confiance réciproque et de réconciliation fraternelle qui permette de dépasser la crise actuelle."

Attentats et esclavage au Nigeria

Enfin, il a mentionné et dénoncé la violence qui ensanglante le Nigeria et les enlèvements de jeunes-filles: "Des formes semblables de brutalité, qui fauchent souvent des victimes parmi les plus petits et ceux qui sont sans défense, ne manquent pas non plus, malheureusement, dans d’autres parties du monde. Je pense en particulier au Nigeria, où les violences qui frappent sans discernement la population ne cessent pas, et où le phénomène tragique des séquestrations de personnes est en croissance continue, souvent des jeunes filles enlevées pour faire l’objet d’un trafic. C’est un commerce exécrable qui ne peut pas continuer ! Une plaie qu’il faut éradiquer car elle nous concerne tous, depuis chaque famille jusqu’à la communauté mondiale tout entière."

Le pape n'en a pas moins mentionné d'autres "indicibles souffrances" notammemnt en Afrique: Lybie,  République Centrafricaine,  Soudan du Sud, Soudan, Corne de l’Afrique, République Démocratique du Congo...

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Doc. du Pape François


"Soyez témoins de la joie de l'Evangile en Asie et dans le monde"
Homélie au Rizal Park de Manille (texte intégral)

Pape François

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Au terme de son voyage apostolique aux Philippines, le pape François envoie les Philippins en mission, encourageant « les chrétiens de cette grande nation dans leur vocation à être témoins et missionnaires de la joie de l’Évangile, en Asie et partout dans le monde ».

Au quatrième jour de sa visite dans l’archipel, le pape François a célébré la messe dominicale ce 18 janvier 2015 au Rizal Park de Manille, en présence de près de sept millions de personnes, selon les chiffres du Saint-Siège. Prévue à 15h30, la célébration s’est ouverte un peu après 15h (8h à Rome).

Ce troisième dimanche de janvier marquait aux Philippines la fête du "Santo Niño", l'Enfant Jésus de Cebu.

Lors de l’homélie, le pape a exhorté les Philippins à ne pas se laisser abattre par « les troubles, les difficultés, et les injustices » qui font croire « que les promesses de l’Évangile sont irréelles ».

La grande menace au plan de Dieu sur l’humanité « est, et a toujours été, le mensonge », a-t-il mis en garde : « Le démon est le père du mensonge. Il cache souvent ses pièges derrière les apparences de la sophistication... Il distrait par l’illusion des plaisirs éphémères, des passe-temps superficiels. Et alors nous gaspillons les dons de Dieu en employant des gadgets... Nous oublions de rester fixés sur les choses qui comptent vraiment. Nous oublions de rester, intérieurement, enfants de Dieu. »

Le pape a exhorté à « protéger les familles » : « la famille a grand besoin d’être protégée contre les attaques insidieuses et les programmes contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture ».

Il s’agit de « protéger, guider et encourager la jeunesse, en l’aidant à construire une société digne de son grand héritage spirituel et culturel » et de « regarder chaque enfant comme un don devant être accueilli, chéri et protégé ».

A.K.

Homélie du pape François

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5).

C’est une grande joie pour moi de célébrer le Dimanche du Santo Niño avec vous. L’image du Saint Enfant Jésus a accompagné la diffusion de l’Évangile dans ce pays depuis l’origine. Vêtu comme un roi, couronné, et tenant en main le sceptre, le globe et la croix, il continue à nous rappeler le lien entre le Royaume de Dieu et le mystère de l’enfance spirituelle. Il nous le dit dans l’Évangile de ce jour : « Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas » (Mc 10, 15). Le Santo Niño continue à nous proclamer que la lumière de la grâce de Dieu a brillé sur un monde de ténèbres, apportant la Bonne Nouvelle de notre libération de l’esclavage, et en nous guidant sur les sentiers de la paix, du droit et de la justice. Il nous rappelle aussi que nous avons été appelés à répandre le Règne du Christ partout dans le monde.

Ces jours ci, pendant toute ma visite, je vous ai entendu chanter le chant : « Nous sommes tous enfants de Dieu ». C’est ce que le Santo Niño nous dit. Il nous rappelle notre identité la plus profonde. Nous sommes tous enfants de Dieu, membres de la famille de Dieu. Aujourd’hui saint Paul nous a dit que, dans le Christ, nous sommes devenus enfants adoptifs de Dieu, frères et soeurs dans le Christ. Voilà qui nous sommes. C’est notre identité. Nous en avons vu une belle expression quand les Philippins se sont mobilisés autour de nos frères et soeurs touchés par le typhon.

L’Apôtre nous dit que, parce que Dieu nous a choisis, nous avons été abondamment bénis ! Dieu « nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ » (Ep 1, 3). Ces paroles ont un écho particulier aux Philippines, parce que c’est le principal pays catholique en Asie ; cela est déjà un don de Dieu particulier, une bénédiction. Mais c’est aussi une vocation. Les Philippins sont appelés à être de vaillants missionnaires de la foi en Asie. Dieu nous a choisis et bénis dans un but : êtres saints et irréprochables sous son regard (Ep 1, 4). Il nous a choisis, chacun de nous, pour être témoins de sa vérité et de sa justice dans ce monde. Il a créé le monde comme un beau jardin et nous a demandé d’en prendre soin.

Mais, par le péché, l’homme a défiguré la beauté de la nature ; par le péché, l’homme a aussi détruit l’unité et la beauté de notre famille humaine, en créant des structures sociales qui entretiennent la pauvreté, l’ignorance, et la corruption. Parfois, quand nous voyons les troubles, les difficultés, et les injustices tout autour de nous, nous sommes tentés d’abandonner. Il semble que les promesses de l’Évangile ne s’appliquent pas ; elles sont irréelles. Mais la Bible nous dit que la grande menace au plan de Dieu sur nous est, et a toujours été, le mensonge. Le démon est le père du mensonge. Il cache souvent ses pièges derrière les apparences de la sophistication, l’attrait d’être « moderne », « comme tout le monde ». Il nous distrait par l’illusion des plaisirs éphémères, des passe-temps superficiels. Et alors nous gaspillons les dons de Dieu en employant des gadgets ; nous gaspillons notre argent dans des jeux et des boissons ; nous nous y livrons nous-mêmes. Nous oublions de rester fixés sur les choses qui comptent vraiment. Nous oublions de rester, intérieurement, enfants de Dieu. Pour ces enfants – comme le Seigneur nous le dit – la sagesse n’est pas la sagesse du monde.

Voilà pourquoi le message du Santo Niño est si important. Il parle profondément à chacun d’entre nous. Il nous rappelle notre identité la plus profonde, ce à quoi nous sommes appelés à être, en tant que la famille de Dieu. Le Santo Niño nous rappelle aussi que cette identité doit être protégée. Le Christ Enfant est le protecteur de ce grand pays. Quand il est venu dans le monde, sa vie a été menacée par un roi corrompu. Jésus lui-même a eu besoin d’être protégé. Il a eu un protecteur terrestre : saint Joseph. Il a eu une famille terrestre : la Sainte Famille de Nazareth. Alors il nous rappelle l’importance de protéger nos familles, et ces plus grandes familles que sont l’Église, la famille de Dieu, et le monde, notre famille humaine. Malheureusement, de nos jours, la famille a grand besoin d’être protégée contre les attaques insidieuses et les programmes contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture. Dans l’Évangile, Jésus accueille les enfants, il les embrasse et les bénis. Nous devons, nous aussi, protéger, guider et encourager notre jeunesse, en l’aidant à construire une société digne de son grand héritage spirituel et culturel. En particulier, nous devons regarder chaque enfant comme un don devant être accueilli, chéri et protégé. Et nous devons prendre soin de notre jeunesse, en ne permettant pas que lui soit volée l’espérance, et qu’elle soit condamnée à vivre dans la rue. Celui qui a apporté la bonté de Dieu, la miséricorde et la justice dans le monde, était un enfant fragile, qui avait besoin de protection. Il a affronté la malhonnêteté et la corruption qui sont l’héritage du péché, et il en a triomphé par la puissance de sa croix.

Maintenant, à la fin de ma visite aux Philippines, je vous recommande à lui, à Jésus qui est venu parmi nous comme un enfant. Puisse-t-il permettre à tout le peuple bien-aimé de ce pays de travailler ensemble, en se protégeant les uns les autres, en commençant par vos familles et vos communautés, en construisant un monde de justice, d’intégrité et de paix. Puisse le Santo Niño continuer à bénir les Philippines et à soutenir les Chrétiens de cette grande nation dans leur vocation à être témoins et missionnaires de la joie de l’Évangile, en Asie et partout dans le monde. S’il vous plaît, priez pour moi ! Que Dieu vous bénisse tous !

© Librairie éditrice du Vatican

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Le pape aux rescapés de Yolanda : "Je vous apporte l'amour d'un père"
Message préparé pour la messe de Tacloban (texte intégral)

Pape François

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - « Je suis venu pour être avec vous, en cette ville qui a été dévastée par le typhon Yolanda il y a quatorze mois. Je vous apporte l’amour d’un père, les prières de toute l’Église, la promesse que vous n’êtes pas oubliés tandis que vous continuez la reconstruction », déclare le pape aux rescapés de la catastrophe de novembre 2013.

Nous publions ci-dessous le texte que le pape avait préparé pour l'homélie de la messe qu'il a célébrée près de l'aéroport international de Tacloban, ce 17 janvier 2015, troisième jour de son voyage apostolique aux Philippines. Le pape ne l'a pas prononcée, mais l'a remplacée par uen homélie dite s'abondance du coeur, en espagnol. Le Vatican la publie et la considère comme prononcée.

Le pape était en effet aujourd'hui en visite à l'île de Leyte, au sud-est de l'archipel, afin d'exprimer la compassion et la solidarité de l’Église pour les victimes du super tyhpon Haiyan/Yolanda qui a dévasté la région. Mais face aux mauvaises conditions météorologiques, il s'est vu contraint d'écourter sa visite et de rentrer à Manille avec 4h d'avance sur le programme.

Au cours de la messe qui a été anticipée d'une demi-heure, sous le vent et la pluie, en présence de survivants de 2013, le pape a préféré laisser le texte de l'homélie préparé en anglais pour parler d'abondance de coeur, en espagnol, avec une traduction consécutive.

Dans le texte préparé, il affirme : « Ici, la tempête la plus forte jamais enregistrée sur la planète a été vaincue par la force la plus puissante de l’univers : l’amour de Dieu. Nous sommes ici ce matin pour témoigner de cet amour, de sa capacité à transformer mort et destruction en vie et communauté. La résurrection du Christ, que nous célébrons en cette messe, est notre espérance et une réalité dont nous faisons l’expérience, même présentement. Et nous savons que la résurrection survient seulement après la croix, cette croix que vous avez portée avec foi, dignité et la force donnée par Dieu. »

« Au milieu de grandes souffrances, vous n’avez jamais cessé de confesser la victoire de la croix, le triomphe de l’amour de Dieu. Vous avez vu la puissance de cet amour révélée dans la générosité de très nombreuses personnes à travers les nombreux petits miracles de la bonté. Mais vous avez constaté aussi, même dans le pillage, dans les déprédations et dans le manque de réponse à ce grand drame humain, bien des signes tragiques du mal dont le Christ est venu nous sauver », ajoute le pape.

Saluant « toutes les personnes qui, dans le monde entier, ont offert généreusement temps, argent et biens » pour secourir la population après le drame, il appelle « les gouvernants, les agences internationales, les bienfaiteurs et les personnes de bonne volonté » à « ne pas se lasser » : « Il y a encore beaucoup à faire. Même si les gros titres des journaux ont changé, les besoins subsistent. »

A.K.

Homélie du pape François

Quelles paroles de consolation nous venons d’entendre ! Encore une fois, il nous a été dit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, notre Sauveur, notre grand prêtre qui nous offre miséricorde, grâce et soutien en tout ce dont nous avons besoin (cf. He 4, 14-16). Il guérit nos blessures, pardonne nos péchés et nous appelle à être ses disciples, comme il l’a fait avec saint Matthieu (cf. Mc 2, 14). Louons-le pour son amour, sa miséricorde et sa compassion. Louons notre grand Dieu !

Je rends grâce au Seigneur Jésus parce que ce matin, nous pouvons être ensemble. Je suis venu pour être avec vous, en cette ville qui a été dévastée par le typhon Yolanda il y a quatorze mois. Je vous apporte l’amour d’un père, les prières de toute l’Église, la promesse que vous n’êtes pas oubliés tandis que vous continuez la reconstruction. Ici, la tempête la plus forte jamais enregistrée sur la planète a été vaincue par la force la plus puissante de l’univers : l’amour de Dieu. Nous sommes ici ce matin pour témoigner de cet amour, de sa capacité à transformer mort et destruction en vie et communauté. La résurrection du Christ, que nous célébrons en cette messe, est notre espérance et une réalité dont nous faisons l’expérience, même présentement. Et nous savons que la résurrection survient seulement après la croix, cette croix que vous avez portée avec foi, dignité et la force donnée par Dieu.

Nous sommes réunis avant tout afin de prier pour les personnes qui sont mortes, pour toutes celles qui sont encore dispersées et pour celles qui ont été blessées. Nous recommandons à Dieu les âmes des défunts, nos mères, nos pères, nos fils et nos filles, notre famille, nos amis et voisins. Nous avons confiance qu’en arrivant en la présence de Dieu, ils ont trouvé miséricorde et paix (cf. He 4, 16). Toutefois, beaucoup de tristesse persiste ici à cause de leur absence. Pour vous qui les avez connus et aimés – et qui les aimez encore – la douleur de les avoir perdus est réelle. Mais nous regardons vers l’avenir avec les yeux de la foi. Notre douleur est une semence qui un jour débouchera sur la joie que le Seigneur a promise à ceux qui ont cru en ses paroles : ‘‘Heureux vous qui pleurez, parce que vous serez consolés’’ (cf. Mt 5, 4).

Nous sommes rassemblés ici, en outre, afin de rendre grâce à Dieu pour son aide au temps du besoin. Il a été votre force en ces mois vraiment difficiles. Tant de vies ont été perdues, il y a eu tant de souffrance et de destruction. Cependant, nous sommes encore en mesure de nous réunir et de le remercier. Nous savons qu’il prend soin de nous ; nous savons qu’en Jésus son Fils, nous avons un grand prêtre capable de compatir (cf. He 4, 15) et de souffrir avec nous. La compassion de Dieu, sa souffrance avec nous, donne une signification et une valeur éternelles à nos efforts. Votre désir de le remercier pour toute grâce et bénédiction, même quand vous avez tant perdu, n’est pas seulement un triomphe de la capacité de résilience et de la force du peuple philippin ; c’est aussi un signe de la bonté de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse, de son pouvoir salvifique.

Nous rendons grâce au Dieu Très Haut également pour tout ce qui a été fait pour aider, reconstruire, assister en ces mois de besoin sans précédents. Je pense en premier lieu à ceux qui ont accueilli et donné refuge au grand nombre de familles déplacées, aux personnes âgées, à la jeunesse. Comme il est dur d’abandonner sa propre maison et ses propres moyens de subsistance ! Nous remercions ceux qui ont pris soin des sans-logis, des orphelins et des personnes abandonnées. Prêtres, religieux et religieuses qui ont donné tout ce qu’ils pouvaient. Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont logé et nourri les personnes à la recherche de sécurité dans les églises, les couvents, les bureaux et qui continuent d’assister ceux qui sont encore en difficulté. Vous êtes un honneur pour l’Église, vous êtes l’orgueil de votre nation. Je remercie personnellement chacun de vous, puisque tout ce que vous avez fait au plus petit des frères et sœurs du Christ, c’est à lui que vous l’avez fait (cf. Mt 25, 41).

Au cours de cette Messe, nous voulons aussi remercier Dieu pour les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont rendu service comme agents de sauvetage et de secours. Nous le remercions pour toutes les personnes qui, dans le monde entier, ont offert généreusement leur propre temps, argent et biens. Les États, les organisations et les personnes individuelles partout dans le monde ont mis en première ligne ceux qui sont dans le besoin ; il s’agit d’un exemple qui devrait être suivi. Je demande aux gouvernants, aux agences internationales, aux bienfaiteurs et aux personnes de bonne volonté de ne pas se lasser. Il y a encore beaucoup à faire. Même si les gros titres des journaux ont changé, les besoins subsistent.

La première lecture d’aujourd’hui, de la Lettre aux Hébreux, nous incite à rester fermes dans notre confession, à persévérer dans la foi, à nous approcher avec confiance du trône de la grâce de Dieu (cf. He 4, 16). Ces paroles ont une résonance spéciale en ce lieu : au milieu de grandes souffrances, vous n’avez jamais cessé de confesser la victoire de la croix, le triomphe de l’amour de Dieu. Vous avez vu la puissance de cet amour révélée dans la générosité de très nombreuses personnes à travers les nombreux petits miracles de la bonté. Mais vous avez constaté aussi, même dans le pillage, dans les déprédations et dans le manque de réponse à ce grand drame humain, bien des signes tragiques du mal dont le Christ est venu nous sauver. Prions afin que cela nous conduise à une confiance plus grande dans la puissance de la grâce de Dieu pour vaincre le péché et l’égoïsme. Prions particulièrement afin qu’il rende chacun toujours plus sensible au cri de nos frères et de nos sœurs dans le besoin. Prions afin qu’il nous aide à repousser toute forme d’injustice et de corruption, qui, en volant les pauvres, empoisonne les racines mêmes de la société.

Chers frères et sœurs, en cette grande épreuve, vous avez senti de manière spéciale la grâce de Dieu à travers la présence et l’attention affectueuse de la Bienheureuse Vierge Marie, Notre Dame du Perpétuel Secours. Elle est notre mère. Qu’elle vous aide à persévérer dans la foi et dans l’espérance et à rejoindre tous ceux qui sont dans le besoin. Avec les saints Laurent Ruiz et Pierre Calungsod et avec tous les saints, qu’Elle continue à implorer la miséricorde de Dieu et sa compassion bienveillante pour ce pays et pour tous les bien-aimés Philippins. Amen.

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Dans les calamités, Dieu n'a abandonne jamais l'humanité
Message aux consacrés et aux rescapés (texte intégral)

Pape François

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - « Même dans les désastres et les souffrances, Dieu agit continuellement, faisant toutes choses nouvelles... Dieu ne nous abandonne jamais ! », affirme le pape François dans un discours préparé pour sa rencontre avec les prêtres, les religieuses, les religieux, les séminaristes et les familles des rescapés du typhon Yolanda.

La rencontre était prévue à 15h30 ce 17 janvier 2015. Il ne l'a pas prononcé étant donné la tempête qui l'a forcé à écourter sa visite et à rentrer à Manille avec 4h d'avance sur le programme. Mais le Vatican le publie et le considère comme prononcé. Le pape a seulement quelques paroles dans la cathédrale de Palo avant de regagner l'aéroport de Tacloban.

Il y salue la générosité « de tous ceux qui ont œuvré durant ces mois pour enlever les décombres, pour visiter les malades et les mourants, pour réconforter ceux qui souffrent et pour enterrer les morts ».

Il rend hommage spécialement aux prêtres et aux religieux qui ont répondu « avec une générosité héroïque » aux besoins : « Par votre présence et votre charité, vous avez rendu témoignage à la beauté et à la vérité de l’Évangile. Vous avez rendu l’Église présente comme une source d’espérance, de guérison, de miséricorde. »

A.K.

Discours du pape François

Chers frères et sœurs,

Je vous salue tous avec grande affection dans le Seigneur. Je suis heureux que nous puissions nous rencontrer dans cette Cathédrale de la Transfiguration du Seigneur. Cette maison de prière, comme beaucoup d’autres, a été restaurée grâce à la grande générosité de nombreuses personnes. Elle se dresse comme un signe éloquent de l’immense effort de reconstruction, que vous et vos voisins avez entrepris, après la dévastation causée par le typhon Yolanda. C’est aussi un rappel concret pour nous tous que, même dans les désastres et les souffrances, notre Dieu agit continuellement, faisant toutes choses nouvelles.

Beaucoup parmi vous ont grandement souffert, non seulement de la destruction causée par l’ouragan, mais aussi de la perte de membres de vos familles et d’amis. Aujourd’hui, nous confions à la miséricorde de Dieu tous ceux qui sont morts, et nous invoquons sa consolation et sa paix sur ceux qui pleurent encore. Nous nous rappelons spécialement de tous ceux parmi nous dont la douleur rend difficile de voir le chemin pour aller de l’avant. En même temps, nous remercions le Seigneur pour tous ceux qui ont œuvré durant ces mois pour enlever les décombres, pour visiter les malades et les mourants, pour réconforter ceux qui souffrent et pour enterrer les morts. Leur bonté et l’aide généreuse parvenue de très nombreuses personnes du monde entier sont un signe réel que Dieu ne nous abandonne jamais !

Je voudrais remercier ici spécialement les nombreux prêtres et les religieux qui ont répondu avec une immense générosité aux besoins désespérés des personnes, dans les endroits les plus fortement touchés. Par votre présence et votre charité, vous avez rendu témoignage à la beauté et à la vérité de l’Évangile. Vous avez rendu l’Église présente comme une source d’espérance, de guérison, de miséricorde. Avec beaucoup de vos voisins, vous avez vraiment montré la foi profonde et la capacité de renaissance du peuple philippin. Les nombreuses histoires de bonté et de sacrifice personnel arrivées en ces jours sombres doivent être rappelées et transmises aux générations futures.

Il y a quelques instants, j’ai béni le nouveau Centre pour les Pauvres, qui se dresse, tel un autre signe du soin et de l’attention de l’Église pour nos frères et sœurs dans le besoin. Ils sont nombreux ! Et comme Dieu les aime ! Aujourd’hui, de ce lieu qui a fait l’expérience d’une si profonde souffrance et d’un besoin humain si grand, je demande que l’on fasse davantage pour les pauvres. Surtout, je demande que les pauvres du pays tout entier soient traités équitablement, que leur dignité soit respectée, que les orientations politiques et économiques soient justes et les prennent en compte, que les opportunités d’emploi et d’éducation soient développées et que soient ôtés les obstacles à la prise en charge des services sociaux. La manière dont nous traitons les pauvres est le critère sur lequel chacun de nous sera jugé (cf. Mt 25, 40.45). Je vous demande à tous et à tous ceux qui sont responsables du bien de la société, de réaffirmer l’engagement pour la justice sociale et le mieux-être des pauvres, ici et partout aux Philippines.

Enfin, je voudrais dire une parole de remerciements sincères aux jeunes présents ici, y compris les séminaristes et les jeunes religieux. Beaucoup parmi vous ont montré une générosité héroïque dans les circonstances qui ont suivi le typhon. J’espère que vous vous rendrez toujours compte que le bonheur véritable vient de l’aide aux autres, nous offrant nous-même à eux dans le sacrifice de soi, la miséricorde et la compassion. Ainsi vous serez une force puissante pour le renouveau de la société, non seulement dans l’œuvre de reconstruction des édifices mais, plus important, dans l’édification du Royaume de Dieu, royaume de sainteté, de justice et de paix dans votre terre natale.

Chers prêtres et personnes consacrées, chères familles et chers amis. En cette Cathédrale de la Transfiguration du Seigneur, demandons que nos vies continuent à être soutenues et transfigurées par la puissance de sa résurrection. Je vous confie tous à la protection pleine d’amour de Marie, Mère de l’Église. Qu’elle vous obtienne, à vous et à tous les habitants bien-aimés de ces terres, les bénédictions de la consolation, de la joie et de la paix du Seigneur. Que Dieu vous bénisse tous !

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Soyez proches de ceux qui sont découragés par la pauvreté et la corruption
Messe en la cathédrale de l'Immaculée de Manille (texte intégral)

Pape François

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - "Soyez proches de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber", recommande le pape François aux prêtres, aux séminaristes et aux consacrés lors de la messe qu'il a célébrée ce vendredi 16 janvier, en la cathédrale de l'Immaculée de Manille, en ce second jour aux Philippines.

Après sa visite au président de la République et aux autorités des Philippines, le pape s'est rendu, ce vendredi 16 janvier, en "papamobile" à la cathédrale de Manille dédiée à l'Immaculée, sous les ovations: "We love you, Pope Francis", scandait la foule. Il était accompagné de l'archevêque, le cardinal Luis Antonio Tagle.

Dans son homélie, le pape a appelé l'assemblée à la radicalité évangélique, à la suite du Christ pauvre. Plus encore, le pape a exhorté à se faire proche de ceux qui, découragés, vivent dans la rue.

Il a mis en garde contre le "menaces" visant la famille, de la part de "forces puissantes".

Voici le texte officiel en français de l'homélie du pape François.

A.B.

Homélie du pape François

« M’aimes-tu […] Pais mes agneaux […] » (Jn 21, 15-16). Les paroles de Jésus à Pierre dans l’Évangile de ce jour sont les premières paroles que je vous adresse, chers frères évêques et prêtres, religieux et religieuses, et jeunes séminaristes. Ces paroles nous rappellent quelque chose d’essentiel. Tout ministère pastoral est né de l’amour. Toute vie consacrée est un signe de l’amour réconciliateur du Christ. Comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, dans la variété de nos vocations, chacun de nous est appelé, en quelque sorte, à être l’amour dans le cœur de l’Église.

Je vous salue avec grande affection. Et je vous demande de porter mon affection à tous vos frères et sœurs âgés et malades et à tous ceux qui nous pas pu s’unir à nous aujourd’hui. Alors que l’Église aux Philippines se prépare au cinquième centenaire de son Évangélisation, nous éprouvons de la gratitude pour l’héritage laissé par tant d’évêques, de prêtres et de religieux des générations passées. Ils se sont efforcés, non seulement de prêcher l’Évangile et de construire l’Église dans ce pays, mais aussi de forger une société inspirée du message évangélique de la charité, du pardon et de la solidarité au service du bien commun. Aujourd’hui vous continuez ce travail d’amour. Comme eux, vous êtes appelés à construire des ponts, à paître le troupeau du Christ, et à préparer de nouvelles voies à l’Évangile en Asie à l’aube d’une ère nouvelle.

« L’amour du Christ nous saisit » (2Co 5, 14). Dans la première lecture de ce jour, saint Paul nous dit que l’amour que nous sommes appelés à proclamer est un amour réconciliateur, qui coule du cœur du Sauveur crucifié. Nous sommes appelés à être « ambassadeurs au nom du Christ » (2Co 5, 20).

Notre ministère est un ministère de réconciliation. Nous proclamons la Bonne Nouvelle de l’amour, de la miséricorde et de la compassion infinis de Dieu. Nous proclamons la joie de l’Évangile. Puisque l’Évangile est la promesse de la grâce de Dieu, qui seule peut apporter plénitude et guérison à notre monde abimé. L’Évangile peut inspirer la construction d’un ordre social vraiment juste et racheté.

Être ambassadeur du Christ signifie avant tout inviter chacun à une rencontre renouvelée avec le Seigneur Jésus (cf. Evangelii Gaudium, n. 3). Cette invitation doit être au centre de votre commémoration de l’évangélisation des Philippines. Mais l’Évangile est aussi une exhortation à la conversion, à un examen de conscience, comme individu et comme peuple. Comme l’ont justement enseigné les Évêques des Philippines, l’Église aux Philippines est appelée à reconnaître et combattre les causes de l’inégalité et de l’injustice, profondément enracinées, qui salissent le visage de la société philippine, en s’opposant clairement aux enseignements du Christ. L’Évangile appelle les chrétiens à avoir des vies honnêtes, intègres, et soucieuses du bien commun. Mais il appelle aussi les communautés chrétiennes à créer des « cercles d’intégrité », des réseaux de solidarité qui peuvent pousser à embrasser et à transformer la société par leur témoignage prophétique.

Les pauvres. Les pauvres sont au centre de l'Evangile. Au coeur de l'Evangile. Si l'on retire les pauvres de l'Evangile, on ne peut pas comprendre le message de Jésus Christ.

Comme ambassadeurs du Christ, nous, évêques, prêtres et religieux, nous devrions être les premiers à accueillir sa grâce réconciliatrice dans nos cœurs. Saint Paul explique ce que cela signifie. Cela signifie rejeter les perspectives mondaines, en regardant de nouveau toute chose à la lumière du Christ. Cela implique que nous soyons les premiers à examiner notre conscience, à reconnaître nos échecs et nos chutes, et à emprunter la voie de la conversion continuelle.

Comment pouvons-nous proclamer aux autres la nouveauté et le pouvoir libérateur de la croix, si nous-mêmes ne permettons pas à la parole de Dieu de secouer notre complaisance, notre peur de changer, nos compromissions mesquines avec les manières de ce monde, notre « mondanité spirituelle » (cf. Evangelii gaudium, n. 93) ?

Pour nous, prêtres et personnes consacrées, la conversion à la nouveauté de l’Évangile implique une rencontre quotidienne avec le Seigneur dans la prière. Les saints nous enseignent que c’est la source de tout zèle apostolique ! Pour les religieux, vivre la nouveauté de l’Évangile signifie aussi retrouver toujours, dans la vie de la communauté et les apostolats de la communauté, l’incitation à une union toujours plus étroite avec le Seigneur dans la charité parfaite.

Pour nous tous, cela signifie vivre de manière à refléter la pauvreté du Christ, dont la vie entière était centrée sur l’accomplissement de la volonté du Père et le service les autres. La grande menace à cela, naturellement, est de tomber dans un certain matérialisme qui peut s’insinuer dans nos vies et compromettre le témoignage que nous donnons. C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre auto-accomplissement, que nous pourrons nous identifier aux derniers de nos frères et sœurs. Nous verrons les choses sous une lumière nouvelle et nous pourrons ainsi répondre avec honnêteté et avec intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Évangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la scandaleuse inégalité.

Je désire ici avoir une pensée spéciale pour les jeunes prêtres, religieux et séminaristes présents. Je vous demande de partager la joie et l’enthousiasme de votre amour pour le Christ et pour l’Église avec tous, mais surtout avec ceux de votre âge. Soyez présents au milieu des jeunes qui peuvent être désorientés et découragés, et qui cependant continuent de voir l’Église comme leur amie sur le chemin et une source d’espérance.

Soyez proches de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues. Proclamez la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du mariage et de la famille. Comme vous le savez, ces réalités sont toujours plus attaquées par des forces puissantes qui menacent de défigurer le plan de Dieu sur la création et de trahir les vraies valeurs qui ont inspiré et donné forme à tout ce qu’il y a de beau dans votre culture.

La culture philippine, en effet, a été pétrie par la créativité de la foi. Les Philippins sont connus partout pour leur amour de Dieu, pour leur piété fervente et pour leur chaleureuse et cordiale dévotion à Notre Dame et à son Rosaire. Ce grand héritage contient un fort potentiel missionnaire. C’est la manière dont votre peuple a inculturé l’Évangile et continue à accueillir son message (cf. Evangelii Gaudium, n. 122). Dans votre effort de préparation au cinquième centenaire, construisez sur ces bases solides.

Le Christ est mort pour tous de sorte que, en étant morts en lui, nous puissions vivre non plus pour nous-mêmes mais pour lui (cf. 2Co 5, 15). Chers frères évêques, prêtres et religieux : j’implore de Marie, Mère de l’Église, de faire surgir pour vous tous une telle abondance de zèle, que vous puissiez vous dépenser avec abnégation au service de nos frères et sœurs. De cette manière, puisse l’amour réconciliateur du Christ pénétrer encore plus pleinement dans le tissu de la société philippine et, à travers vous, jusqu’aux recoins les plus lointains du monde.

[Texte original: Anglais]

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Saint Joseph Vaz a su offrir la beauté de l'Evangile en contexte multiculturel
Le Sri Lanka donne un nouveau saint à l'Eglise (texte intégral)

Pape François

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Le Sri Lanka donne un nouveau saint à l'Eglise et au monde: saint Joseph Vaz (1651-1711), prêtre indien devenu l'apôtre du Sri Lanka qui a su "offrir la vérité et la beauté de l'Evangile" dans un contexte multiculturel "avec respect, dévouement, persévérance et humilité" a dit le pape François. 

En présence de 500 000 personens selon les chiffres de Radio Vatican, sur le rivage de l'océan indien, le pape a canonisé ce "grand missionnaire de l’Évangile", lors de la messe célébrée  à 8h30 (4h à Rome) au "Galle Face Green" à Colombo, où saint Joseph Vaz avait été béatifié par Jean-Paul II le 21 janvier 1995. La visite du pape au Sri Lanka est ainsi placée "sous le signe de la sainteté".

Le martyrologe romain dit de lui: "A Kandy dans l’île de Taprobane de l’Océan Indien, en 1711, le bienheureux Joseph Vaz, prêtre de l’Oratoire. Avec une ardeur admirable, dans de périlleux itinéraires à travers champs, il ne cessa de confirmer dans la foi les catholiques disséminés et cachés, et de prêcher avec zèle l’Évangile du salut."

Voici le texte intégral de l'homélie du pape François dans la traduction du Vatican. 

A.B.

Homélie du pape François

« [...] Tous les confins de la terre ont vu le salut de notre Dieu » (Is 52, 10). C’est la magnifique prophétie que nous avons entendue dans la première lecture de ce jour. Isaïe prédit l’annonce de l’Évangile de Jésus-Christ jusqu’aux confins de la terre. Cette prophétie à une signification particulière pour nous qui célébrons la canonisation du grand missionnaire de l’Évangile, saint Joseph Vaz. Comme de très nombreux autres missionnaires dans l’histoire de l’Église, il a répondu au commandement du Seigneur ressuscité de faire de toutes les nations des disciples (cf. Mt 28, 19). Par ses paroles, mais, plus important, par l’exemple de sa vie, il a conduit le peuple de cette nation à la foi qui nous donne « [...] l’héritage parmi tous les sanctifiés » (Ac 20, 32).

Nous voyons chez saint Joseph un signe éloquent de la bonté et de l’amour de Dieu pour le peuple du Sri Lanka. Mais nous voyons aussi en lui une incitation à persévérer sur la voie de l’Évangile, à grandir nous-mêmes en sainteté, et à témoigner du message évangélique de réconciliation auquel il a consacré sa vie.

Prêtre oratorien, saint Joseph Vaz est arrivé, de sa Goa natale, dans ce pays, inspiré par un zèle missionnaire et par un grand amour de ces gens. En raison de la persécution religieuse en cours, il s’habillait comme un mendiant, accomplissait ses devoirs sacerdotaux en rencontrant en secret les fidèles, souvent de nuit. Ses efforts ont donné une force spirituelle et morale à la population catholique assiégée. Il eut un désir particulier de servir les malades et les personnes souffrantes. Pendant une épidémie de variole à Kandy, son ministère envers les malades fut tellement appréciée par le roi, qu’une plus grande liberté lui fut accordée dans son ministère. De Kandy il put rejoindre d’autres zones de l’île. Il se consuma dans le travail missionnaire et il mourut à l’âge de cinquante-neuf ans, vénéré pour sa sainteté.

Pour de nombreuses raisons, saint Joseph Vaz a continué d’être un exemple et un maître ; mais je voudrais m’arrêter sur trois d’entre elles.

Avant tout, il fut un prêtre exemplaire. Il y a ici avec nous aujourd’hui beaucoup de prêtres, de religieux et religieuses qui, comme Joseph Vaz, sont consacrés au service de l’Évangile de Dieu et du prochain. J’encourage chacun de vous à regarder Saint Joseph Vaz comme un guide sûr. Il nous apprend à sortir vers les périphéries, pour que Jésus-Christ soit connu et aimé partout. Il est aussi un exemple de souffrance patiente pour la cause de l’Évangile, d’obéissance aux supérieurs, de soin affectueux pour l’Église de Dieu (cf. Ac 20, 28). Comme nous, il a vécu à un moment de rapide et profonde transformation ; les catholiques étaient une minorité, souvent divisée de l’intérieur ; au dehors il y avait une hostilité occasionnelle, et même de la persécution. Malgré cela, parce qu’il fut constamment uni par la prière au Seigneur crucifié, il a été capable de devenir pour tous une icône vivante de l’amour miséricordieux et réconciliateur de Dieu.

En second lieu, saint Joseph nous a montré l’importance de dépasser les divisions religieuses pour le service de la paix. Son amour indivis de Dieu l’a ouvert à l’amour pour le prochain ; il a exercé son ministère pour les personnes qui étaient dans le besoin, quelles qu’elles soient, et où qu’elles soient. Son exemple continue à inspirer l’Église au Sri Lanka aujourd’hui. Bien volontiers et généreusement, elle sert tous les membres de la société. Elle ne fait pas de distinctions de race, de credo, d’appartenance tribale, de condition sociale ni de religion dans le service qu’elle rend à travers ses écoles, ses hôpitaux, cliniques et de nombreuses autres œuvres de charité. Elle ne demande rien d’autre que la liberté d’accomplir sa mission. La liberté religieuse est un droit humain fondamental. Tout individu doit être libre, seul ou associé avec d’autres, de chercher la vérité, d’exprimer ouvertement ses convictions religieuses, libre des intimidations et des contraintes extérieures. Comme la vie de Joseph Vaz nous l’enseigne, l’authentique adoration de Dieu conduit non pas à la discrimination, à la haine et à la violence, mais au respect de la sacralité de la vie, au respect de la dignité et de la liberté des autres, et à l’engagement affectueux pour le bien-être de tous.

Enfin, saint Joseph nous donne un exemple de zèle missionnaire. Bien qu’il soit venu à Ceylan pour être prêtre au service de la communauté catholique, dans sa charité évangélique il est allé à tous. Laissant derrière lui sa maison, sa famille, le confort de ses lieux familiers, il a répondu à l’appel d’aller au-delà, de parler du Christ partout où il serait conduit. Saint Joseph savait comment offrir la vérité et la beauté de l’Évangile dans un contexte multi-religieux, avec respect, dévouement, persévérance et humilité. C’est encore la voie pour les disciples de Jésus aujourd’hui. Nous sommes appelés à aller plus loin avec le même zèle, avec le même courage que saint Joseph, mais aussi avec sa sensibilité, avec son respect des autres, avec son désir de partager avec eux cette parole de grâce (cf. Ac 20, 32) qui a le pouvoir de les édifier. Nous sommes appelés à être disciples-missionnaires.

Chers frères et sœurs, je prie pour que, en suivant l’exemple de saint Joseph Vaz, les chrétiens de cette nation puissent être confirmés dans la foi et donner une contribution toujours plus grande à la paix, à la justice et à la réconciliation de la société Sri Lankaise. C’est ce que le Christ vous demande. C’est ce que Saint Joseph vous enseigne. C’est ce dont l’Église a besoin de votre part. Je vous confie tous aux prières de notre nouveau saint pour que, en union avec toute l’Église répandue dans le monde, vous puissiez chanter un chant nouveau au Seigneur et proclamer sa gloire jusqu’au bout de la terre. Parce que le Seigneur est grand et digne de toute louange (cf. Ps 96, 1-4) ! Amen.

[Texte original: Anglais]

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"Le monde a besoin de familles bonnes et fortes"
Rencontre avec les familles des Philippines (texte intégral)

Pape François

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - « Le monde a besoin de bonnes et fortes familles... Les Philippines ont besoin de familles saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu », déclare le pape François ce 16 janvier 2015 : « Chaque menace à la famille est une menace à la société elle-même. L’avenir de l’humanité passe par la famille. »

Au deuxième jour de son voyage apostolique aux Philippines, le pape François a rencontré des milliers de familles en fin d'après-midi, à 17h30 (10h30 à Rome) au « Mall of Asia Arena » à Manille : le stade, qui était comble, a une capacité d'accueil de 20.000 personnes.

Dans un long discours durant lequel le pape a quitté son texte à de nombreuses reprises pour parler d'abondace de coeur, il a invité le pays à « protéger les familles » : « Voyez en elles le plus grand trésor de votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce des sacrements. »

« Quand les familles donnent naissance aux enfants dans notre monde, les éduquent à la foi ainsi qu’aux valeurs saines, et leur enseignent à offrir leur contribution à la société, elles deviennent une bénédiction pour notre monde », a-t-il poursuivi : « L’amour de Dieu devient présent et actif à la manière dont nous nous aimons et par les bonnes œuvres que nous réalisions. »

Il a aussi exhorté les familles : « Soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Quel grand don ce serait pour la société, si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation ! »

A.K.

Discours du pape François aux familles

Chères familles,
Chers amis dans le Christ,

Je vous suis reconnaissant pour votre présence ici ce soir et pour le témoignage de votre amour pour Jésus et pour son Église. Je remercie Mgr Reyes, Président de la Commission Épiscopale pour la Famille et la Vie, pour ses paroles de bienvenue en votre nom. De manière particulière, je remercie ceux qui ont présenté des témoignages – merci ! – et ont partagé leur vie de foi avec nous. L’Église aux Philippines est bénie par l’apostolat de nombreux mouvements qui s’occupent des familles, et je les remercie pour leur témoignage !

Les Saintes Écritures parlent rarement de saint Joseph, mais quand elles le font, nous le trouvons souvent en train de se reposer, avec un ange qui lui révèle en songe la volonté de Dieu. Dans le passage de l’Évangile que nous venons d’écouter, nous trouvons Joseph en train de se reposer non pas une fois, mais deux fois. Ce soir, je voudrais me reposer dans le Seigneur avec vous tous. J’ai besoin de me reposer dans le Seigneur avec les familles, et de me souvenir de ma famille : mon père, ma mère, mon grand-père, ma grand-mère… Aujourd’hui je me repose avec vous et je voudrais réfléchir avec vous sur le don de la famille.

Mais d’abord, je voudrais dire quelque chose sur le rêve. Mais mon anglais est si pauvre ! Si vous me le permettez, je demanderai à Mgr Miles de traduire et je parlerai en espagnol. J’aime beaucoup l’idée de rêver en famille ! Toutes les mamans et tous les papas ont rêvé de leur enfant pendant neuf mois. C’est vrai non ? [réponse : oui !] Rêver comment sera cet enfant…C’est impossible une famille qui ne rêve pas. Quand la capacité de rêver se perd dans une famille, les enfants ne grandissent pas, l’amour ne grandit pas, la vie s’affaiblit et s’éteint (Applaudissements). C’est pour cela que je vous recommande que le soir, quand vous faites l’examen de conscience, vous posiez aussi – aussi – cette question : est-ce que j’ai rêvé aujourd’hui l’avenir de mes enfants ? Est-ce que j’ai rêvé l’amour de mon époux, de mon épouse ? Est-ce que j’ai rêvé mes parents, mes grands-parents qui ont porté l’histoire jusqu’à moi ? C’est tellement important de rêver ! Avant tout rêver dans une famille. Ne perdez pas cette capacité à rêver ! (Applaudissements).

Et aussi combien de difficultés de la vie conjugale trouvent leur solution si nous gardons une place pour le rêve, si nous nous arrêtons et pensons au conjoint, et que nous rêvons à ses qualités, aux choses bonnes qu’elle possède. Il est donc très important de retrouver l’amour dans l’espérance de chaque jour. Ne cessez jamais d’être des époux !

Le repos de Joseph lui a révélé la volonté de Dieu. En ce moment de repos dans le Seigneur, en faisant une pause dans nos nombreux devoirs et activités, Dieu nous parle, à nous aussi. Il nous parle dans la lecture que nous avons écoutée, dans nos prières et dans les témoignages, ainsi que dans le silence de notre cœur. Réfléchissons sur ce que le Seigneur nous dit, spécialement dans l’Évangile de ce soir. Il y a trois aspects de ce passage que je vous demande de considérer : se reposer dans le Seigneur, se lever avec Jésus et Marie,et être une voix prophétique.

Se reposer dans le Seigneur. Le repos est bien nécessaire à la santé de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile d’y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle ; ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu’il nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père adoptif de Jésus et l’époux de Marie. En tant que chrétiens, nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à préparer une maison à Jésus. Préparer une maison à Jésus ! Vous préparez une maison pour lui dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos paroisses et dans vos communautés.

Pour écouter et accepter l’appel de Dieu, pour préparer une maison à Jésus, vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous devez trouver le temps, chaque jour, de vous reposer dans le Seigneur pour prier. Prier c’est reposer en Dieu. Mais vous pourriez me dire : Saint-Père, nous le savons ; je voudrais prier, mais il y a tant de travail à accomplir ! Je dois prendre soin de mes enfants ; j’ai les travaux de la maison ; je suis trop fatigué même pour bien dormir. C’est vrai. Cela pourrait être vrai, mais si nous ne prions pas, nous ne connaîtrons jamais la chose la plus importante de toutes : la volonté de Dieu pour nous. Et dans toute notre activité, nos occupations, avec notre prière nous accomplirons toute chose.

Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. C’est en famille que nous apprenons d’abord comment prier. N’oubliez pas : quand la famille prie ensemble, elle reste ensemble. C’est important. Là, nous arrivons à connaître Dieu, à grandir comme hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la plus grande famille de Dieu, l’Église. En famille, nous apprenons comment aimer, comment pardonner, comment être généreux et ouverts, et non pas fermés ni égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant que famille, si important! Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans le plan de Dieu pour l’Église ! Se reposer dans le Seigneur, c’est prier ensemble, en famille.

Je voudrais aussi vous dire une chose personnelle. J’aime beaucoup saint Joseph parce c’est un homme fort et silencieux. Et sur mon bureau j’ai une image de saint Joseph en train de dormir ; et en dormant il prend soin de l’Église ! Oui, il peut le faire, nous le savons. Et quand j’ai un problème, une difficulté, j’écris un billet et je le mets sous saint Joseph, pour qu’il le rêve. Cela veut dire : qu’il prie pour ce problème !

Le deuxième point : se lever avec Jésus et Marie. Ces précieux moments de repos, de pause de prière avec le Seigneur, sont des moments que nous voudrions peut-être pouvoir prolonger. Mais comme saint Joseph, une fois écoutée la voix de Dieu, nous devons nous sortir de notre sommeil ; nous devons nous lever et agir ; en famille nous devons nous lever et agir (cf. Rm 13, 11). La foi ne nous retire pas du monde, mais elle nous y insère davantage. C’est très important. Nous devons entrer profondément dans le monde, mais avec la force de la prière. Chacun de nous, en effet, joue un rôle spécial dans la préparation de la venue du Royaume de Dieu dans notre monde.

Tout comme le don de la Sainte Famille a été confié à saint Joseph, ainsi le don de la famille et sa place dans le plan de Dieu nous sont confiés. C’est comme saint Joseph. Le don de la sainte Famille a été confié à saint Joseph, pour qu’il le fasse aller de l’avant. A chacun de vous et de nous – parce que moi aussi je suis fils d’une famille – le plan de Dieu est confié pour que nous le fassions aller de l’avant. L’Ange du Seigneur a révélé à Joseph les dangers qui menaçaient Jésus et Marie, les obligeant à fuir en Égypte, puis à s’établir à Nazareth. De la même manière, en notre temps, Dieu nous appelle à reconnaître les dangers qui menacent nos propres familles et à les protéger du mal.

Soyons attentifs aux nouvelles colonisations idéologiques. Il y a des colonisations idéologiques qui cherchent à détruire la famille. Elles ne naissent pas du rêve, de la prière, de la rencontre avec Dieu, ni de la mission que Dieu nous donne. Elles viennent du dehors, c’est pour cela que je dis que ce sont des colonisations. Ne perdons pas la liberté de la mission que Dieu nous donne, la mission de la famille ! Et de même que nos peuples, à un moment de leur histoire sont parvenus à maturité pour dire « non » à toute colonisation politique, nous devons comme famille être très très clairvoyants, très habiles et très forts pour dire « non » à toute tentative de colonisation idéologique de la famille ; et demander à saint Joseph, qui est l’ami de l’ange, de nous envoyer l’inspiration pour savoir quand on peut dire « oui » et quand il faut dire « non ».

Les pressions sur la vie de la famille aujourd’hui sont nombreuses. Ici, aux Philippines, d’innombrables familles souffrent encore des conséquences des catastrophes naturelles. La situation économique a provoqué la désintégration des familles avec l’émigration et la recherche d’un emploi ; en outre, des problèmes financiers étreignent beaucoup de foyers. Tandis que trop de personnes vivent dans la pauvreté extrême, d’autres sont saisies par le matérialisme et par des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne. Ce sont les colonisations idéologiques. La famille est aussi menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie.

Je pense au bienheureux Paul VI, à un moment où se posait le problème de l’accroissement de la population, il a eu le courage de défendre l’ouverture à la vie dans la famille. Il savait les difficultés qui se trouvent en toute famille, c’est pour cela que, dans son encyclique, il a été si miséricordieux pour les cas particuliers ; et il a demandé aux confesseurs d’être très miséricordieux et compréhensifs avec les cas particuliers. Mais il a regardé au-delà : il a regardé les peuples de la terre, et il a vu cette menace de destruction de la famille par la privation d’enfants. Paul VI était courageux, c’était un bon pasteur et il a mis en garde ses brebis contre les loups qui arrivent. Que, du ciel, il nous bénisse ce soir !

Notre monde a besoin de bonnes et fortes familles pour vaincre ces menaces ! Les Philippines ont besoin de familles saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et constituer un soutien ainsi qu’un exemple pour les autres familles. Chaque menace à la famille est une menace à la société elle-même. L’avenir de l’humanité, comme saint Jean-Paul II l’a souvent dit, passe par la famille (cf. Familiaris Consortio, n. 85). L’avenir passe par la famille. Donc, protégez vos familles ! Protégez vos familles ! Voyez en elles le plus grand trésor de votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce des sacrements. Les familles auront toujours leurs épreuves, elles n’ont pas besoin qu’on leur en rajoute d’autres ! Au contraire, soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Quel grand don ce serait pour la société, si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation ! Alors, levez-vous avec Jésus et Marie, et préparez-vous à parcourir la route que le Seigneur trace pour chacun de vous.

Enfin, l’Évangile que nous avons écouté nous rappelle que notre devoir de chrétiens est d’être des voix prophétiques au sein de nos communautés. Joseph a écouté la voix de l’Ange du Seigneur et a répondu à l’appel de Dieu de prendre soin de Jésus et de Marie. Ainsi, il a joué son rôle dans le plan de Dieu et il est devenu une bénédiction non seulement pour la Sainte Famille, mais une bénédiction pour toute l’humanité. Avec Marie, Joseph a servi de modèle pour l’Enfant Jésus pendant qu’il grandissait en sagesse, en âge et en grâce (cf. Lc 2, 52). Quand les familles donnent naissance aux enfants dans notre monde, les éduquent à la foi ainsi qu’aux valeurs saines, et leur enseignent à offrir leur contribution à la société, elles deviennent une bénédiction pour notre monde. Les familles peuvent devenir une bénédiction pour le monde ! L’amour de Dieu devient présent et actif à la manière dont nous nous aimons et par les bonnes œuvres que nous réalisions. Nous faisons croître le Royaume du Christ en ce monde. En faisant cela, nous nous montrons fidèles à la mission prophétique que nous avons reçue dans le baptême.

Durant cette année, que vos évêques ont choisie comme Année des Pauvres, je vous demanderais, en tant que familles, d’être particulièrement attentifs à notre appel à être disciples missionnaires de Jésus. Cela signifie être prêt à aller au-delà des limites de vos maisons et prendre soin des frères et sœurs plus nécessiteux. Je vous demande de vous intéresser spécialement à ceux qui n’ont pas leur propre famille, en particulier à ceux qui sont âgés et aux enfants privées de leurs parents. Ne les laissez jamais se sentir isolés, seuls et abandonnés, mais aidez-les à se rendre compte que Dieu ne les a pas oubliés. Aujourd’hui j’ai été très ému après la messe, quand j’ai visité cette maison d’enfants seuls, sans famille. Combien de personnes dans l’Église travaillent pour que cette maison soit une famille ! C’est mettre en valeur, prophétiquement, ce que signifie une famille.

Vous pourriez être vous aussi pauvres dans le sens matériel, mais vous avez une abondance de dons à offrir quand vous offrez le Christ et la communauté de son Église. Ne cachez pas votre foi, ne cachez pas Jésus, mais portez-le au monde et offrez le témoignage de votre vie de famille.

Chers amis dans le Christ, sachez que je prie toujours pour vous ! Je prie aujourd’hui pour la famille, Je prie pour que le Seigneur puisse continuer d’approfondir votre amour pour lui et que cet amour puisse se manifester à travers votre amour réciproque et votre amour pour l’Église. N’oubliez pas Jésus qui dort ! N’oubliez pas saint Joseph qui dort ! Jésus a dormi sous la protection de Joseph. N’oubliez pas le repos de la famille et la prière. N’oubliez pas de prier pour la famille. Priez souvent et portez les fruits de votre prière dans le monde, que tous puissent connaître Jésus-Christ et son amour miséricordieux. S’il vous plaît, « dormez » aussi pour moi, priez aussi pour moi, j’ai vraiment besoin de vos prières et je compte toujours sur elles !

Merci beaucoup.

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Sri Lanka : la grâce du pardon à l'école de la Vierge Marie
Visite à ND du Rosaire de Madhu (texte intégral)

Pape François

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François souhaite aux Sri-Lankais « la grâce de s'approcher l’un de l’autre avec une vraie contrition, en offrant et en cherchant le vrai pardon », à l'école de la Vierge Marie : « Dans ce difficile effort de pardonner et de trouver la paix, Marie est toujours ici pour encourager, guider, faire faire un autre pas ».

En effet, ajoute-t-il, « exactement comme elle a pardonné aux assassins de son Fils au pied de sa Croix, en tenant alors entre les mains son corps sans vie, ainsi maintenant elle veut guider les Sri Lankais vers une réconciliation plus grande, en sorte que le baume du pardon de Dieu et de sa miséricorde puisse produire une vraie guérison pour tous ».

Au deuxième jour de son voyage apostolique au Sri Lanka, ce 14 janvier 2015, le pape a quitté dans l'après-midi la nonciature de Colombo pour se rendre au sanctuaire de Notre Dame du Rosaire à Madhu, dans le diocèse de Mannar, au nord-ouest de l'île.

Il a pris l'hélicoptère à 14h (9h30 à Rome) pour arriver à 15h30 (11h à Rome) à Madhu – à quelque 200 kilomètres de la capitale – où il a été accueilli par Mgr Joseph Rayappu, évêque du lieu, ainsi que par des autorités locales.

Après un trajet en papamobile sous les ovation, au rythme de musiques traditionnelles, le pape a présidé au sanctuaire une prière mariale, invoquant spécialement l'aide de la Vierge Marie pour la réconciliation et la paix du pays, après la guerre civile (1983-2009).

Des représentants de familles tamoules et cinghalaises particulièrement éprouvées par la guerre étaient présents : « Notre-Dame est restée toujours avec vous. Elle est la Mère de toute demeure, de toute famille blessée, de tous ceux qui cherchent à retourner à une existence pacifique », leur a affirmé le pape.

A.K.

Discours du pape François

Chers frères et sœurs,

Nous nous trouvons dans la demeure de notre Mère. Ici, elle nous souhaite la bienvenue dans sa maison. Dans ce sanctuaire de Notre-Dame de Madhu, chaque pèlerin peut se sentir chez lui, puisqu’ici Marie nous introduit en la présence de son Fils Jésus. Ici, des Sri Lankais, Tamouls et Cinghalais viennent tous comme membres d’une authentique famille. À Marie, ils confient leurs joies et leurs souffrances, leurs espérances et leurs nécessités. Ici, dans sa maison, ils se sentent en sécurité. Ils savent que Dieu est très proche ; ils sentent son amour ; ils connaissent sa tendre miséricorde. La tendre miséricorde de Dieu.

Il y a ici aujourd’hui des familles qui ont souffert immensément durant le long conflit qui a lacéré le cœur du Sri Lanka. Beaucoup de personnes, du nord et du sud de la même manière, ont été tuées dans la terrible violence et dans l’effusion de sang de ces années. Aucun Sri Lankais ne peut oublier les tragiques événements associés à ce lieu même, comme le triste jour où la vénérable statue de Marie, datant de l’arrivée des premiers chrétiens au Sri Lanka, a été enlevée de son sanctuaire.

Mais Notre-Dame est restée toujours avec vous. Elle est la Mère de toute demeure, de toute famille blessée, de tous ceux qui cherchent à retourner à une existence pacifique. Aujourd’hui, nous la remercions d’avoir protégé le peuple du Sri Lanka de tant de dangers, passés et présents. Marie n’oublie jamais ses enfants de cette splendide île. Comme elle n’a jamais abandonné son Fils sur la Croix, ainsi elle n’a jamais abandonné ses enfants Sri Lankais souffrants.

Aujourd’hui, nous voulons remercier Notre-Dame pour cette présence. Après tant de haine, tant de violence et tant de destruction, nous voulons la remercier de continuer à nous apporter Jésus, qui seul a le pouvoir de guérir les blessures ouvertes et de restaurer la paix dans les cœurs meurtris. Mais nous voulons aussi lui demander d’implorer pour nous la grâce de la miséricorde de Dieu. Nous demandons aussi la grâce de réparer nos péchés et tout le mal que cette terre a connu.

Il n’est pas facile de faire cela. Cependant, c’est seulement quand nous arrivons à comprendre, à la lumière de la Croix, le mal dont nous sommes capables, et auquel peut-être nous avons pris part, que nous pouvons faire l’expérience d’un vrai remords et d’un vrai repentir.

C’est seulement alors que nous pouvons recevoir la grâce de nous approcher l’un de l’autre avec une vraie contrition, en offrant et en cherchant le vrai pardon. Dans ce difficile effort de pardonner et de trouver la paix, Marie est toujours ici pour nous encourager, nous guider, nous faire faire un autre pas. Exactement comme elle a pardonné aux assassins de son Fils au pied de sa Croix, en tenant alors entre les mains son corps sans vie, ainsi maintenant elle veut guider les Sri Lankais vers une réconciliation plus grande, en sorte que le baume du pardon de Dieu et de sa miséricorde puisse produire une vraie guérison pour tous.

Enfin, nous voulons demander à Marie notre Mère d’accompagner de ses prières les efforts des Sri Lankais des deux communautés Tamoule et Cinghalaise pour reconstruire l’unité qui a été perdue. Comme sa statue est revenue à son sanctuaire de Madhu après la guerre, ainsi nous prions pour que tous ses fils et filles sri-lankais puissent retourner à la maison de Dieu dans un esprit renouvelé de réconciliation et de fraternité.

Chers frères et sœurs, je suis heureux d’être avec vous dans la demeure de Marie. Prions les uns pour les autres. Surtout, demandons que ce sanctuaire puisse toujours être une maison de prière et un refuge de paix. Par l’intercession de Notre-Dame de Madhu, que tous puissent trouver ici inspiration et force afin de construire un avenir de réconciliation, de justice et de paix pour tous les enfants de cette terre bien-aimée. Amen.

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Philippines: réformer les structures sociales qui entretiennent la pauvreté
Rencontre avec les autorités, palais présidentiel de Manille (texte intégral)

Pape François

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François appelle à la "conversion du coeur" qui permettra une réforme des structures de la société portant à la "pauvreté" et à "l'exclusion des pauvres".

Le pape François avait annoncé, dans l'avion de Colombo que le principal message de spon voyage aux Philippines étati "les pauvres", il n'a pas attendu pour palider en leur faveur, dès sa rencontre avec les autorités du pays.

Le pape est arrivé au palais présidentiel de Manille (Philippines) ce 16 janvier, à 9h15 (2h15 à Rome). Un entretien avec président Benigno Aquino III a suivi puis une rencontre avec les autorités et le corps diplomatique dans le hall « Rizal Ceremonial » du palais présidentiel –, à 10h15 (3h15 à Rome).

"La réforme des structures sociales qui entretiennent la pauvreté et l’exclusion des pauvres, requiert avant tout une conversion de l’esprit et du cœur", a déclaré le pape.

"Il est maintenant plus que jamais nécessaire que les dirigeant politiques se distinguent par leur honnêteté, leur intégrité et leur responsabilité envers le bien commun", a insisté le pape.

Il s'agit, a dit le pape, de "gérer les ressources morales nécessaires pour affronter les requêtes du présent, et transmettre aux générations futures une société vraiment juste, solidaire et pacifique".

Le pape a rappelé que "l’exigence morale d’assurer la justice sociale et le respect de la dignité humaine est essentielle à la réalisation de ces objectifs nationaux". 

Il a insisté sur le rôle de la famille : "Un rôle fondamental pour le renouvellement de la société est joué, naturellement, par la famille et spécialement par les jeunes."

Voici le texte officiel de l'allocution du pape François.

A.B.

Discours du pape François

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour votre aimable accueil et pour vos paroles de salutations au nom des Autorités et du peuple philippin, ainsi que des distingués membres du Corps Diplomatique. Je suis très reconnaissant de votre invitation à visiter les Philippines. Ma visite est avant tout pastorale. Elle a lieu alors que l’Église de ce pays se prépare à célébrer le cinquième centenaire de la première proclamation de l’Évangile de Jésus-Christ sur ces rivages.

Le message chrétien a eu une immense influence sur la culture philippine. Mon espérance est que cet important anniversaire mette en relief sa fécondité constante et sa capacité à inspirer une société digne de la bonté, de la dignité et des aspirations du peuple philippin.

Cette visite veut, en particulier, exprimer ma proximité à nos frères et sœurs qui ont connu la souffrance, la perte et la dévastation causées par le typhon Yolanda. Avec beaucoup de gens à travers le monde, j’ai admiré la force héroïque, la foi et la résistance dont ont fait preuve beaucoup de Philippins face à ce désastre naturel et à beaucoup d’autres. Ces vertus, enracinées principalement dans l’espérance et la solidarité inculquées par la foi chrétienne, ont été à l’origine d’une profusion de bonté et de générosité, surtout de la part de beaucoup de jeunes. En ce moment de crise nationale, d’innombrables personnes sont venues en aide à leurs voisins dans le besoin. Avec grand sacrifice, ils ont offert leur temps et leurs ressources, en créant un réseau de secours mutuels et d’engagements pour le bien commun.

Cet exemple de solidarité dans le travail de reconstruction nous enseigne une leçon importante. Toute société, telle une famille, puise dans ses ressources les plus profondes pour affronter de nouveaux défis. Aujourd’hui les Philippines, avec beaucoup d’autres nations d’Asie, se trouvent devant la nécessité de construire une société moderne fondée sur des bases solides – une société respectueuse des valeurs humaines authentiques, qui garde notre dignité ainsi que les droits humains, fondés sur Dieu, et qui soit prête à affronter de nouvelles et complexes questions éthiques et politiques.

Comme l’ont signalé de nombreuses voix de votre nation, il est maintenant plus que jamais nécessaire que les dirigeant politiques se distinguent par leur honnêteté, leur intégrité et leur responsabilité envers le bien commun. Ils pourront ainsi préserver les riches ressources humaines et naturelles avec lesquelles Dieu a béni ce pays. Ils seront ainsi capables de gérer les ressources morales nécessaires pour affronter les requêtes du présent, et transmettre aux générations futures une société vraiment juste, solidaire et pacifique.

L’exigence morale d’assurer la justice sociale et le respect de la dignité humaine est essentielle à la réalisation de ces objectifs nationaux. La grande tradition biblique prescrit à tous les peuples le devoir d’entendre la voix des pauvres et de briser les chaînes de l’injustice et de l’oppression qui donnent lieu à d’évidentes – et vraiment scandaleuses – inégalités sociales. La réforme des structures sociales qui entretiennent la pauvreté et l’exclusion des pauvres, requiert avant tout une conversion de l’esprit et du cœur. Les Évêques des Philippines ont demandé que cette année soit proclamée « Année des Pauvres ». J’espère que cette requête prophétique provoquera en chacun, à tous les niveaux de la société, le refus ferme de toute forme de corruption qui détourne les ressources destinées aux pauvres, et décidera la volonté d’un effort concerté pour inclure tout homme, toute femme et tout enfant dans la vie de la communauté.

Un rôle fondamental pour le renouvellement de la société est joué, naturellement, par la famille et spécialement par les jeunes. 

Un aspect particulier de ma visite sera ma rencontre avec les familles et avec les jeunes ici à Manille. Les familles ont une mission indispensable dans la société. C’est dans la famille que les enfants grandissent dans des valeurs saines, des idéaux élevés, et dans une authentique préoccupation pour les autres. Mais, comme tous les dons de Dieu, la famille peut aussi être défigurée et détruite. Elle a besoin de notre appui. Nous savons combien il est difficile aujourd’hui pour nos démocraties de préserver et de défendre ces valeurs

humaines de base, comme le respect de l’inviolable dignité de toute personne humaine, le respect des droits à la liberté de conscience et de religion, le respect de l’inaliénable droit à la vie, depuis celle des enfants qui ne sont pas encore nés, jusqu’à celle des personnes âgées et des malades.

Pour cette raison, les familles et les communautés locales doivent être encouragées et assistées dans leurs efforts pour transmettre à nos jeunes les valeurs et la vision qui peut aider à créer une culture de l’intégrité – comme faire honneur à la bonté, à la sincérité, à la fidélité et à la solidarité qui sont les fondements solides et le ciment moral qui maintiennent unie la société.

Monsieur le Président, illustres Autorités, cher amis, Au début de ma visite à ce pays, je ne peux pas manquer de mentionner le rôle important des Philippines dans la promotion de la compréhension et de la coopération entre les pays d’Asie, ainsi que la contribution, souvent négligée mais non moins réelle, des Philippins de la diaspora à la vie et au bien être des sociétés dans lesquelles ils vivent.

C’est précisément à la lumière du riche héritage culturel et religieux dont votre nation est fière, que je vous lance un défi et un encouragement. Puissent les plus profondes valeurs spirituelles du peuple philippin continuer à trouver leur expression dans l’effort pour procurer à vos concitoyens un développement humain intégral. De cette manière, toute personne sera capable de réaliser ses propres potentialités et ainsi contribuer sagement et bien à l’avenir du pays. J’ai confiance que les efforts louables pour promouvoir dialogue et coopération entre les membres des différentes religions porteront du fruit dans la poursuite de ce noble objectif. De façon particulière, j’exprime ma confiance que les progrès accomplis pour apporter la paix dans le sud du pays produiront des solutions justes en accord avec les principes fondateurs de la nation et dans le respect des droits inaliénables de tous, y compris ceux des populations indigènes et des minorités religieuses.

Sur vous et sur tous les hommes, femmes et enfants de cette nation bien-aimée j’invoque de tout cœur les abondantes bénédictions de Dieu.

[Texte original: Anglais]

(c) Librairie éditrice du Vatican

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Beaucoup parmi vous se sont demandés : Pourquoi, Seigneur ?
Homélie improvisée par le pape François à Tacloban (texte intégral)

Pape François

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Homélie du pape François prononcée en espagnol, d'abondance du coeur, samedi 17 novembre 2015, à Tacloban, sur l'île de Leyte, à 650 km au sud-est de Manille (Philippines), sous une pluie battante et la menace d'une tempête tropicale. Pour les survivants du "super typhon" Haiyan/Yolanda du 8 novembre 2013.

A.B.

(Transcription et traduction officielles)

Dans la première lecture, nous avons entendu que nous avons un grand-prêtre capable de compatir à nos faiblesses, parce qu’il a été lui-même éprouvé en toute chose, excepté le péché (cf. Hb 4, 15). Jésus est comme nous. Jésus a vécu comme nous. Il est égal à nous en tout ; en tout excepté le péché, parce qu’il n’était pas pécheur. Mais pour être encore plus égal à nous, il s’est revêtu, il a pris sur lui nos péchés. Il s’est fait péché (cf. 2 Co 5, 21) ! C’est saint Paul que le dit, lui qui le connaissait très bien. Jésus nous précède toujours, et quand nous traversons des croix, il est déjà passé devant.

Et si aujourd’hui nous sommes rassemblés ici, quatorze mois après le passage du typhon Yolanda, c’est parce que nous avons la certitude que nous ne serons pas déçus dans la foi, parce que Jésus est passé devant. Dans sa passion, il a pris sur lui toutes nos souffrances. Et quand – permettez-moi cette confidence – quand j’ai vu, de Rome, cette catastrophe, j’ai senti que je devais venir ici. Ce jour là, j’ai décidé de faire le voyage ici. J’ai voulu venir pour être avec vous – un peu tard, me direz-vous, c’est vrai, mais je suis là.

Je suis là pour vous dire que Jésus est le Seigneur, que Jésus ne déçoit pas. L’un de vous peut me dire : « père, il m’a déçu par ce que j’ai perdu ma maison, j’ai perdu ce que j’avais, je suis malade…”. C’est vrai ce que tu me dis, et je respecte tes sentiments ; mais je le vois là, cloué sur la croix, et de là, il ne nous déçoit pas ! Il a été consacré Seigneur sur ce trône, et il est passé là pour toutes nos calamités. Jésus est le Seigneur ! Et il est le Seigneur de la Croix ; il a régné là ! Pour cette raison il est capable de nous comprendre, comme nous l’avons entendu dans la première lecture : il s’est fait en tout égal à nous. C’est pourquoi nous avons un Seigneur capable de pleurer avec nous, capable de nous accompagner dans les moments les plus difficiles de la vie. Beaucoup parmi vous ont tout perdu. Je ne sais pas quoi vous dire. Lui, si, il sait quoi vous dire ! Beaucoup parmi vous ont perdu une partie de leur famille. Restons simplement en silence, je vous accompagne par le cœur en silence…

Beaucoup parmi vous se sont demandés en regardant le Christ : “ Pourquoi, Seigneur ? ” Et à chacun, le Seigneur répond par le cœur. Je n’ai pas d’autres paroles à vous dire. Regardons le Christ : il est le Seigneur, et il nous comprend parce qu’il est passé par toutes les épreuves qui nous ont frappés.

Et avec Lui, crucifié, il y avait la mère. Nous sommes comme cet enfant qui est là-bas : dans les moments de douleur, de peine, dans les moments où nous ne comprenons rien, dans les moments où nous voulons nous révolter, il nous faut seulement tendre la main et nous accrocher à sa jupe et lui dire : “ Maman ! ”. Comme un enfant qui dit : “ Maman ! ” lorsqu’il a peur. C’est peut-être la seule parole qui peut exprimer ce que nous éprouvons dans ces moments sombres : “ Mère ! Maman ! ”

Faisons ensemble un moment de silence. Regardons le Seigneur : il peut nous comprendre parce qu’il est passé par toutes ces choses. Et regardons notre Mère, et, comme l’enfant qui est là-bas, accrochons-nous à sa jupe et disons-lui de tout notre cœur : “ Mère ! ” En silence, faisons cette prière, que chacun lui dise ce qu’il sent…

[Silence]

Nous ne sommes pas seuls, nous avons une mère. Nous avons Jésus notre frère aîné. Nous ne sommes pas seuls. Et nous avons aussi beaucoup de frères qui, au moment de la catastrophe, sont venus nous aider. Et ainsi,nous nous sentons davantage frères en nous aidant ; parce que nous nous sommes aidés les uns les autres.

C’est tout ce que j’ai envie de vous dire. Pardonnez-moi si je n’ai pas d’autres paroles. Mais soyez sûrs que Jésus ne déçoit pas. Soyez sûrs que l’amour et la tendresse de notre Mère ne déçoivent pas. Et, accrochés à elle comme des enfants, et avec la force que nous donne Jésus notre frère aîné, allons de l’avant. Et marchons comme des frères. Merci !

Après la communion

Nous avons célébré la passion, la mort et la résurrection du Christ.

Jésus nous a précédés sur ce chemin et nous accompagne chaque fois que nous nous réunissons pour prier et célébrer.

Merci, Seigneur, d’être aujourd’hui avec nous. 

Merci, Seigneur, de partager nos souffrances. 

Merci, Seigneur, de nous donner l’espérance.

Merci, Seigneur, pour ta grande miséricorde. 

Merci, Seigneur, parce que tu as voulu être comme l’un de nous. 

Merci, Seigneur, parce que tu es toujours plus proche de nous, également dans nos moments de croix.

Merci, Seigneur, parce que tu nous donnes l’espérance. Seigneur, ne nous laisse pas voler l’espérance ! 

Merci, Seigneur, parce que dans les moments les plus sombres de ta vie, sur la croix, tu t’es souvenu de nous et tu nous a laissé une Mère. 

Merci, Seigneur, de ne pas nous avoir laissés orphelins. 

(c) Librairie éditrice du Vatican

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Philippines: le pape rencontre les jeunes au campus universitaire
Trois défis: honnêteté, environnement, souci des pauvres (texte préparé)

Pape François

ROME, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François lance trois défis aux jeunes des Philippines: l'honnêteté, la sauvegarde de l'environnement et le soin des pauvres. Et il en ajoute un quatrième.

Les "nouveaux jeunes" que voulait Jean-Paul II aux Philippines il y a vingt ans ont rencontré le pape François ce dimanche matin, 18 janvier, à Manille, à l'université Saint-Thomas de Manille. Mais le pape n'a pas prononcé ce discours, il a parlé d'abondance du coeur en espagnol, avec une traduction consécutive en anglais.

Il a préféré répondre aux interrogations des jeunes: "La réalité est plus improtante que les idées. Votre rélaité est plus importante que les idées que j'avais préparées", a dit le pape à la fin de son allocution improvisée.

Il a ajouté un quatrième défi: "apprendre à aimer et à se laisser aimer".

Voici les trois autres défis. "Ne perdez pas votre intégrité": le pape les avertit qu'ils pourront sembler "ridicules" mais que le Christ sera leur force.

Ensuite, la vocation de l'homme c'est de "faire de la terre un beau jardin pour la famille humaine". Préserver l'environnement.

Enfin, le pape laisse cette consigne pour les pauvres: "S’il vous plaît, faites davantage !" Mais dans son allocution improvisée il a aussi interpellé un jeune bénévole très engagé en faveur des sinistrés de Yolanda: "Ricky, tu donnes, tu donnes, avec tes amis, tu aides, mais est-ce que tu acceptes de recevoir? Chut! La réponse est dans ton coeur." 

Voici la traduction officielle en français deu discours du pape préparé en anglais.

A.B.

Discours du pape François

Chers jeunes amis,


C’est une joie pour moi d’être aujourd’hui avec vous. Je salue cordialement chacun de vous et je remercie tous ceux qui ont rendu possible cette rencontre. Au cours de ma visite aux Philippines, j’ai particulièrement voulu avoir une rencontre avec vous, les jeunes, pour vous écouter et pour parler avec vous. Je désire exprimer l’amour et l’espérance que l’Église a pour vous. Et je veux vous encourager, comme citoyens chrétiens de ce pays, à vous offrir avec enthousiasme et avec honnêteté au grand travail de renouvellement de votre société et de contribution à construire un monde meilleur.


Je remercie spécialement les jeunes qui m’ont adressé des paroles de bienvenue. Ils ont exprimé de façon éloquente, en votre nom, vos préoccupations et vos inquiétudes, votre foi et vos espérances. Ils ont parlé des difficultés et des attentes des jeunes. Bien que je ne puisse pas répondre à chacun de ces questionnements de façon exhaustive, je sais que, avec vos Pasteurs et entre vous, vous les considérerez attentivement à l’aide de la prière et que vous ferez des propositions concrètes d’action.

Aujourd’hui, je voudrais suggérer trois domaines-clés où vous avez une contribution significative à offrir à la vie de votre pays. Le premier est le défi de l’intégrité. Le terme “défi” peut être entendu de deux manières. D’abord, il peut être compris de façon négative, comme une tentative d’agir contre vos convictions morales, contre tout ce que vous savez être vrai, bon et juste. Notre intégrité peut être défiée par des intérêts égoïstes, par l’avidité, par la malhonnêteté. 

Vous êtes donc appelés à donner un bon exemple, exemple d’intégrité. Naturellement, en le faisant, vous devrez affronter des oppositions et des critiques, le découragement et même le ridicule. Mais vous avez reçu un don qui vous permet de dépasser ces difficultés. C’est le don de l’Esprit Saint. Si vous nourrissez ce don par la prière quotidienne et puisez la force dans la participation à l’Eucharistie, vous serez en mesure d’atteindre cette grandeur morale à laquelle Jésus vous appelle. Vous deviendrez aussi une boussole pour vos amis qui sont en recherche. Je pense spécialement à ces jeunes qui ont la tentation de perdre l’espérance, d’abandonner leur idéaux élevés, de quitter l’école ou de vivre au jour le jour dans les rues.

Il est donc essentiel de ne pas perdre votre intégrité ! Ne compromettez pas vos idéaux ! Ne cédez pas aux tentations contre la bonté, la sainteté, le courage et la pureté ! Relevez le défi ! Avec le Christ, vous serez – vraiment vous l’êtes déjà – des artisans d’une culture philippine renouvelée et plus juste.


Un autre domaine où vous êtes appelés à donner votre contribution est celui de montrer de la préoccupation pour l’environnement. Ce n’est pas seulement parce que votre pays, plus que d’autres, risque d’être sérieusement touché par le changement climatique. Vous êtes appelés à prendre soin de la création, non seulement comme des citoyens responsables, mais aussi comme disciples du Christ ! Le respect de l’environnement signifie davantage que de simplement utiliser des produits propres ou de recycler ce que nous utilisons. Ce sont des aspects importants, mais non suffisants. Nous avons besoin de voir, avec les yeux de la foi, la beauté du plan de salut de Dieu, le lien entre l’environnement naturel et la dignité de la personne humaine. L’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu et la maîtrise de la création leur a été confiée (cf. Gn 1, 26-28). Comme administrateurs de la création de Dieu, nous sommes appelés à faire de la terre un beau jardin pour la famille humaine. Lorsque nous détruisons nos forêts, lorsque nous dévastons le sol et polluons les mers, nous trahissons ce noble appel !


Il y a trois mois, vos Évêques ont affronté ces thèmes dans une Lettre pastorale prophétique. Ils ont demandé à chacun de réfléchir sur la dimension morale de nos activités et de nos styles de vie, de notre consommation et de l’usage que nous faisons des ressources naturelles. Aujourd’hui, je vous demande de le faire, dans le contexte de vos vies et de votre engagement pour la construction du Royaume du Christ. Chers jeunes, l’usage juste et la gestion correcte des ressources naturelles est une tâche urgente et vous avez une contribution importante à offrir. Vous êtes l’avenir des Philippines. Soyez vivement intéressés à tout ce qui arrive à votre si belle terre !

Un dernier domaine où vous pouvez offrir une contribution vous est particulièrement cher à tous. C’est le soin des pauvres. Nous sommes chrétiens, membres de la famille de Dieu. Chacun de nous, et peu importe si individuellement nous avons beaucoup ou peu, est appelé à tendre la main personnellement et à servir nos frères et nos sœurs dans le besoin. Il y a toujours quelqu’un proche de nous qui a des besoins matériels, psychologiques, spirituels. Le plus grand don que nous puissions leur faire est notre amitié, notre préoccupation, notre tendresse, notre amour pour Jésus. Le recevoir signifie tout avoir. Le donner signifie offrir le don le plus grand de tous.

Beaucoup d’entre vous savent ce que signifie être pauvres. Mais beaucoup d’entre vous ont aussi fait l’expérience de quelque chose du bonheur que Jésus à promis aux “pauvres en esprit” (cf. Mt 5, 3). Je voudrais dire ici une parole d’encouragement et de gratitude à ceux d’entre vous qui ont choisi de suivre notre Seigneur dans sa pauvreté, par la vocation au sacerdoce et à la vie religieuse; en puisant à cette pauvreté, vous vous enrichirez beaucoup. Mais à vous tous, spécialement à ceux qui peuvent faire et donner davantage, je demande : s’il vous plaît, faites davantage ! S’il vous plaît, donnez plus ! Lorsque vous donnez de votre temps, de vos talents et de vos ressources à beaucoup de personnes nécessiteuses qui vivent aux marges, vous faites une différence. C’est une différence qui est si désespérément nécessaire, et pour laquelle vous serez largement récompensés par le Seigneur. Parce que, comme il a dit : « Tu auras un trésor au ciel » (Mc 10, 21).

Il y a vingt ans en ce même lieu, saint Jean-Paul II a affirmé que le monde a besoin d’“un nouveau type de jeunes ” – engagés dans les plus hauts idéaux, et désireux de bâtir la civilisation de l’amour. Soyez ces jeunes! Ne perdez pas vos idéaux ! Soyez des témoins joyeux de l’amour de Dieu et du magnifique dessein qu’il a pour nous, pour ce pays et pour le monde dans lequel nous vivons. S’il vous plaît, priez pour moi. Que Dieu vous bénisse tous !

[Texte original: Anglais]

© Libairie éditrice du Vatican

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Europe: susciter un élan missionnaire et une plus grande ouverture à la vie
Aux Commissions doctrinales des Conférences épiscopales (texte intégral)

Pape François

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - Le pape François exhorte les évêques européens à "susciter parmi les fidèles un nouvel élan missionnaire et une plus grande ouverture à la dimension transcendante de la vie".

Le pape a en effet adressé un message aux présidents des Commissions doctrinales des Conférences épiscopales européennes avec la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a lieu à Esztergom (Hongrie) du 13 au 15 janvier.

"Je souhaite que votre rencontre contribue à affronter collégialement certaines difficultés doctrinales et pastorales qui se posent aujourd’hui sur le continent européen", dit le pape.

Il s'explique: "Afin de susciter parmi les fidèles un nouvel élan missionnaire et une plus grande ouverture à la dimension transcendante de la vie, sans laquelle l’Europe risque de perdre cet « esprit humaniste » que pourtant elle aime et qu’elle défend".

A.B.

Voici notre traduction intégrale de l'italien.

Message du pape François

Chers frères dans l’épiscopat,

À l’occasion de la rencontre des présidents des Commissions doctrinales des Conférences épiscopales européennes avec la Congrégation pour la doctrine de la foi à Esztergom, dans le cœur religieux de la Hongrie, du 13 au 15 janvier 2015, je voudrais vous adresser mes salutations cordiales.

Je remercie le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, pour l’opportunité de cette initiative qui a pour objectif de valoriser les épiscopats locaux et en particulier les commissions doctrinales, dans leur responsabilité pour l’unité et l’intégrité de la foi ainsi que pour sa transmission aux jeunes générations. Comme je l’ai écrit dans l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, en reprenant l’enseignement de la constitution dogmatique du concile Vatican II, Lumen gentium, « « contribuer de façons multiples et fécondes à ce que le sentiment collégial se réalise concrètement » (32).

Je souhaite que votre rencontre contribue à affronter collégialement certaines difficultés doctrinales et pastorales qui se posent aujourd’hui sur le continent européen, afin de susciter parmi les fidèles un nouvel élan missionnaire et une plus grande ouverture à la dimension transcendante de la vie, sans laquelle l’Europe risque de perdre cet « esprit humaniste » que pourtant elle aime et qu’elle défend (cf. Discours au Parlement européen, 25 novembre 2014).

Confiant vos travaux à l’intercession maternelle de la Vierge Marie, modèle de tous les croyants, je vous bénis de tout cœur,

Au Vatican, le 9 janvier 2015.

Traduction de Zenit, Constance Roques

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Rencontre interreligieuse: sur la paix et la coexistence, il faut être clairs
Au Sri Lanka, discours du pape au centre Bandaranaike (texte intégral)

Pape François

ROME, 13 janvier 2015 (Zenit.org) - « Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence», déclare le pape François, à l’occasion de la rencontre interreligieuse à laquelle il a participé, ce mardi 13 janvier, à Colombo (Sri Lanka) au Mémorial Bandaranaike.

Bien que l’Église catholique ne représente qu’une minorité au Sri Lanka, elle détient un rôle-clé, puisqu’elle est la seule communauté dont les adeptes appartiennent à différents groupes ethniques, fait observer l’Aide à l’Eglise en détresse (AED-France).

Le pape a souhaité la participation des religions à la réconciliation nationale, invitant à l'amour des plus pauvres, et en soulignant que ce qui est aujourd'hui nécessaire  c'est l'unité et à la "guérison".

Le pape indique un remède qu'il appelle "le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle". Et d'expliquer: "Je pense en particulier aux nécessités matérielles et spirituelles des pauvres, des personnes dans le besoin, de tous ceux qui attendent avec anxiété une parole de consolation et d’espérance. "

avec le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle ! Je pense en particulier aux nécessités matérielles et spirituelles des pauvres, des personnes dans le besoin, de tous ceux qui attendent avec anxiété une parole de consolation et d’espérance. 

Il a redit que la religion ne peut en aucun cas être le prétexte à la violence, exhortant à une prise de position nette des responsables religieux: “Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence, qui se trouvent en chacune des religions, et lorsque nous dénonçons les actes de violence qui sont commis”, a insisté le pape.

Le pape a en quelque sorte indiqué ce qu'il entendait par dialogue interreligieux, entrevoyant de "nouvelles routes" pour "une estime mutuelle, une coopération et, certainement, une amitié".

Le pape s’est exprimé en anglais. Voici le texte intégral de la traduction officielle en français.

A.B.

Discours du pape François

Chers amis, je suis reconnaissant de l’occasion qui m’est donnée de participer à cette rencontre, qui réunit ensemble – parmi d’autres – les quatre communautés religieuses les plus grandes qui font partie intégrante de la vie du Sri Lanka : Bouddhisme, Indouisme, Islam et Christianisme. Je vous remercie de votre présence et de votre accueil chaleureux. Je remercie aussi tous ceux qui ont offert des prières et des bénédictions, et j’exprime particulièrement ma gratitude à l’Évêque Cletus Chandrasiri Perera et au Vénérable Vigithasiri Niyangoda Thero pour leurs aimables paroles.

Je suis venu au Sri Lanka sur les traces de mes prédécesseurs, les Papes Paul VI et Jean-Paul II, pour montrer le grand amour et la sollicitude de l’Église pour le Sri Lanka. C’est pour moi une grâce particulière de visiter la communauté catholique de ce lieu, de la confirmer dans la foi au Christ, de prier avec elle et d’en partager la joie et les souffrances. Et c’est aussi une grâce d’être avec vous tous, hommes et femmes de ces grandes traditions religieuses, qui partagez avec nous un désir de sagesse, de vérité et de sainteté.

Lors du Concile Vatican II l’Église catholique a déclaré son respect profond et durable envers les autres religions. Elle a déclaré qu’« elle ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines » (Nostra aetate, n. 2). Pour ma part, je souhaite réaffirmer le respect sincère de l’Église pour vous, pour vos traditions et vos croyances.

C’est dans cet esprit de respect que l’Église catholique souhaite coopérer avec vous, et avec toutes les personnes de bonne volonté, dans la recherche de la prospérité de tous les Sri-lankais. J’espère que ma visite aidera à encourager et à approfondir les diverses formes de coopération interreligieuse et œcuménique, qui ont été entreprises ces dernières années.

Ces initiatives louables ont offert des occasions de dialogue, essentiel si nous voulons nous comprendre et nous respecter mutuellement. Mais, comme l’enseigne l’expérience, pour qu’un tel dialogue et une telle rencontre soient efficaces, ils doivent se fonder sur une présentation complète et sincère de nos convictions respectives. Certainement, un tel dialogue fera ressortir combien nos croyances, traditions et pratiques sont différentes. Et cependant, si nous sommes honnêtes dans la présentation de nos convictions, nous serons capables de voir plus clairement tout ce que nous avons en commun. De nouvelles routes s’ouvriront pour une estime mutuelle, une coopération et, certainement, une amitié.

De tels développements positifs dans les relations interreligieuses et œcuméniques ont une signification particulière et urgente au Sri Lanka. Pendant trop longtemps les hommes et les femmes de ce pays ont été victimes de lutte civile et de violence. Ce qui est nécessaire aujourd’hui c’est la guérison et l’unité, et non de nouveaux conflits et de nouvelles divisions. La promotion de la guérison et de l’unité est, certainement, un engagement noble, qui incombe à tous ceux qui ont au cœur le bien de la nation et, en vérité, de toute la famille humaine. J’espère que la collaboration interreligieuse et œcuménique montrera que les hommes et les femmes ne doivent pas oublier leur propre identité, ethnique ou religieuse, pour vivre en harmonie avec leurs frères et sœurs.

Combien nombreuses sont les façons d’accomplir ce service, pour les disciples des diverses religions ! Combien il y a de nécessités dont il faut prendre soin, avec le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle ! Je pense en particulier aux nécessités matérielles et spirituelles des pauvres, des personnes dans le besoin, de tous ceux qui attendent avec anxiété une parole de consolation et d’espérance. Je pense ici aussi aux nombreuses familles qui continuent de pleurer la perte de leurs êtres chers.

Surtout, en ce moment de l’histoire de votre nation, combien de personnes de bonne volonté cherchent à reconstruire les fondements moraux de toute la société ! Puisse l’esprit croissant de coopération entre les responsables des différentes communautés religieuses trouver une expression dans l’engagement à mettre la réconciliation entre tous les Sri-Lankais au cœur de chaque effort pour renouveler la société et ses institutions. Pour le bien de la paix, on ne doit pas permettre que les croyances religieuses soient utilisées abusivement pour la cause de la violence et de la guerre. Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence, qui se trouvent en chacune des religions, et lorsque nous dénonçons les actes de violence qui sont commis.

Chers amis, je vous remercie encore pour l’accueil généreux et pour votre attention. Que cette rencontre fraternelle confirme tous nos efforts pour vivre en harmonie et pour répandre les bénédictions de la paix.

[Texte original: Anglais]

© Librairie éditrice du Vatican

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Voeux au Corps diplomatique : discours du pape François
Ne pas se laisser dominer par le pessimisme

Pape François

ROME, 12 janvier 2015 (Zenit.org) - "Au début d’une nouvelle année nous ne voulons pas que notre regard soit dominé par le pessimisme, par les défauts et par les carences de notre temps. Nous voulons aussi remercier Dieu pour ce qu’il nous a donné, pour les bienfaits qu’il nous a accordés, pour les dialogues et les rencontres qu’il nous a permis et pour certains fruits de paix qu’il nous a donné la joie de goûter" : c'est l'encouragement du pape François pour l'année 2015.

Le pape a en effet reçu le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, pour les vœux de nouvelle année, ce lundi matin, 12 janvier 2015, au Vatican, comme c'est la tradition au début de l'année civile.

Après les paroles d’introduction du doyen du Corps diplomatique, M. Jean-Claude Michel, ambassadeur de la principauté de Monaco près le Saint-Siège, le pape a prononcé un long discours en italien, exprimant sa préoccupation pour les conflits et plaies sociales qui défigurent l'humanité en de nombreux endroits du globe : « une vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux », a-t-il affirmé.

Discours du pape François

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de votre présence à cette rencontre traditionnelle qui, au début de chaque année nouvelle, me permet de vous adresser ainsi qu’à vos familles et aux peuples que vous représentez, un cordial salut et mes vœux les meilleurs. Je veux exprimer ma reconnaissance particulière à votre Doyen, Son Excellence Monsieur Jean-Claude Michel, pour les aimables paroles qu’il m’a adressées au nom de tous, et aussi à chacun d’entre vous pour l’engagement constant que vous prodiguez dans votre travail et pour favoriser et faire grandir, dans un esprit de collaboration réciproque, les relations entre vos pays et les Organisations internationales que vous représentez et le Saint-Siège. Au cours de l’année dernière, ces relations ont pu se consolider, soit par la présence accrue d’Ambassadeurs résidents à Rome, soit à travers la signature de nouveaux Accords bilatéraux à caractère général – comme celui signé en janvier dernier avec le Cameroun – ou d’accords spécifiques, comme ceux signés avec Malte et avec la Serbie.

Aujourd’hui je désire faire résonner avec force un mot qui nous est cher : la paix ! Elle nous parvient par la voix des troupes angéliques qui l’annoncent dans la nuit de Noël (cf. Lc 2, 14) comme un don précieux de Dieu, et en même temps, elles nous la montrent comme une responsabilité personnelle et sociale qui doit nous trouver pleins de zèle et actifs. Mais, à côté de la paix, la crèche dit aussi une autre réalité dramatique : celle du refus. Dans certaines représentations iconographiques, tant de l’Occident que de l’Orient – je pense par exemple à la splendide icône de la Nativité d’Andreï Rublev – l’Enfant Jésus ne semble pas être étendu dans un berceau, mais déposé dans un tombeau. L’image, qui veut relier les deux principales fêtes chrétiennes – Noël et Pâques – montre qu’à côté de l’accueil joyeux d’une nouvelle naissance, il y a tout le drame dont Jésus est l’objet, méprisé et rejeté jusqu’à la mort sur la croix.

Les récits de la Nativité eux-mêmes nous montrent le cœur endurci de l’humanité, qui a du mal à accueillir l’Enfant. Dès le début il est, lui aussi rejeté, laissé dehors au froid, contraint à naître dans une étable parce qu’il n’y avait pas de place dans la salle commune (cf. Lc 2, 7). Et si le Fils de Dieu a été traité ainsi, combien plus encore le sont tant de nos frères et sœurs ! Il y a un caractère du refus qui nous rapproche, qui nous conduit à ne pas regarder le prochain comme un frère à accueillir, mais à le laisser hors de notre horizon personnel de vie, à le transformer plutôt en un concurrent, en un sujet à dominer. Il s’agit d’une mentalité qui engendre cette culture du déchet et n’épargne rien ni personne : depuis les créatures, en passant par les êtres humains et jusqu’à Dieu lui-même. Il en naît une humanité blessée et continuellement déchirée par des tensions et des conflits de toute sorte.

Dans les récits évangéliques de l’enfance, le roi Hérode en est l’emblème qui, en sentant son autorité menacée par l’Enfant Jésus, fait tuer tous les enfants de Bethléem. Ma pensée va tout de suite au Pakistan, où il y a un mois, plus de cent enfants ont été tués avec une férocité inouïe. Je souhaite renouveler à leurs familles mes condoléances personnelles et l’assurance de ma prière pour tant d’innocents qui ont perdu la vie.

À une dimension personnelle du refus s’associe ainsi inévitablement une dimension sociale, une culture qui rejette l’autre, brise les liens les plus intimes et les plus vrais, finissant par défaire et désagréger toute la société, et par engendrer la violence et la mort. Nous en avons un triste écho dans les nombreux faits de la chronique quotidienne, le moindre n’est pas le tragique massacre survenu à Paris, il y a quelques jours. Les autres « ne sont plus perçus comme des êtres d’égale dignité, comme des frères et sœurs en humanité, mais sont vus comme des objets » (Message pour la 48ème Journée Mondiale de la Paix, 8 décembre 2014, n.4). Et l’être humain, de libre devient esclave, que ce soit des modes, du pouvoir, de l’argent, parfois même de formes déviantes de religion. Ce sont les dangers que j’ai voulu rappeler dans le Message pour la récente Journée Mondiale de la Paix, consacré au problème des multiples esclavages modernes. Ils naissent d’un cœur corrompu, incapable de voir et de faire le bien, de poursuivre la paix.

Nous constatons avec douleur les conséquences dramatiques de cette mentalité du rejet et de la « culture de l’asservissement » (ibid., n.2) dans le déferlement continuel des conflits. Comme une vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux, ils touchent, même si c’est sous des formes et avec des intensités variées, différentes zones de la planète, en commençant par la proche Ukraine devenue un théâtre dramatique d’affrontement, et pour laquelle je souhaite que, par le dialogue, se renforcent les efforts en cours pour faire cesser les hostilités, et pour que les parties en présence entreprennent dès que possible, dans un esprit renouvelé de respect de la légalité internationale, un chemin sincère de confiance réciproque et de réconciliation fraternelle qui permette de dépasser la crise actuelle.

Ma pensée va surtout au Moyen Orient, en commençant par la terre bien-aimée de Jésus, que j’ai eu la joie de visiter en mai dernier et pour laquelle nous ne nous lasserons jamais d’invoquer la paix. Nous l’avons fait, avec une intensité extraordinaire, avec le Président israélien d’alors, Shimon Peres, et le Président palestinien, Mahmud Abbas, animés de l’espérance confiante que les négociations entre les deux parties puissent reprendre, dans le but de faire cesser les violences et d’arriver à une solution qui permette, tant au peuple palestinien qu’au peuple israélien, de vivre enfin en paix, dans des frontières clairement établies et reconnues internationalement, de sorte que la « solution de deux États » devienne effective.

Malheureusement, le Moyen Orient est également traversé par d’autres conflits, qui se prolongent depuis trop longtemps et dont les aspects sont effrayants, aussi par le déferlement du terrorisme d’origine fondamentaliste en Syrie et en Irak. Ce phénomène est une conséquence de la culture du déchet appliquée à Dieu. Le fondamentalisme religieux, en effet, plus encore que rejeter les êtres humains en perpétrant des massacres horribles, refuse Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique. Face à cette injuste agression, qui touche aussi les chrétiens et d’autres groupes ethniques et religieux de la région, les Yazidis, par exemple, une réponse unanime est nécessaire qui, dans le cadre du droit international, arrête le déferlement des violences, rétablisse la concorde et soigne les blessures profondes que la succession des conflits a provoquées. En ce lieu je fais donc appel à toute la communauté internationale, comme aussi à chacun des Gouvernements concernés, pour qu’ils prennent des initiatives concrètes pour la paix, et pour la défense de tous ceux qui souffrent des conséquences de la guerre et de la persécution, et qui sont contraints de laisser leurs maisons et leur patrie. Dans une lettre envoyée un peu avant Noël, j’ai personnellement voulu manifester ma proximité et assurer de ma prière toutes les communautés chrétiennes du Moyen Orient qui donnent un témoignage précieux de foi et de courage, en jouant un rôle fondamental d’artisans de paix, de réconciliation et de développement dans leurs sociétés civiles respectives. Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient défiguré et mutilé ! En demandant à la communauté internationale de ne pas être indifférente devant une telle situation, je souhaite que les responsables religieux, politiques, et intellectuels, en particulier musulmans, condamnent toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion visant à justifier de tels actes de violence.

Des formes semblables de brutalité, qui fauchent souvent des victimes parmi les plus petits et ceux qui sont sans défense, ne manquent pas non plus, malheureusement, dans d’autres parties du monde. Je pense en particulier au Nigeria, où les violences qui frappent sans discernement la population ne cessent pas, et où le phénomène tragique des séquestrations de personnes est en croissance continue, souvent des jeunes filles enlevées pour faire l’objet d’un trafic. C’est un commerce exécrable qui ne peut pas continuer ! Une plaie qu’il faut éradiquer car elle nous concerne tous, depuis chaque famille jusqu’à la communauté mondiale tout entière (cf. Discours aux nouveaux Ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, 12 décembre 2013).

Je regarde ensuite avec appréhension les nombreux conflits de caractère civil qui concernent d’autres parties de l’Afrique, en commençant par la Lybie, déchirée par une longue guerre interne qui cause d’indicibles souffrances dans la population et qui a de graves répercutions sur les équilibres de la région. Je pense à la dramatique situation de la République Centrafricaine, au sujet de laquelle il est douloureux de constater comment la bonne volonté qui a animé les efforts de ceux veulent construire un avenir de paix, de sécurité et de prospérité, rencontre des formes de résistance et les intérêts égoïstes de partis, qui risquent de rendre vaines les attentes d’un peuple très éprouvé qui aspire à construire librement son avenir. Éveille une préoccupation particulière la situation au Sud Soudan et dans plusieurs régions du Soudan, de la Corne de l’Afrique et de la République Démocratique du Congo, où ne cesse de grandir le nombre de victimes dans la population civile, et où des milliers de personnes, parmi lesquelles beaucoup de femmes et d’enfants, sont contraintes de fuir et de vivre dans des conditions d’extrême dénuement. Par conséquent, je souhaite un engagement commun de tous les Gouvernements et de la communauté internationale, pour que l’on mette fin à toute sorte de lutte, de haine et de violence, et pour que l’on s’engage en faveur de la réconciliation, de la paix et de la défense de la dignité transcendante de la personne.

Ensuite, il ne faut pas oublier que les guerres apportent avec elles un autre horrible crime, qui est le viol. Celui-ci est une offense très grave à la dignité de la femme, qui non seulement est violée dans l’intimité de son corps, mais aussi dans son âme, avec un traumatisme qui pourra être difficilement effacé et dont les conséquences sont aussi de caractère social. Malheureusement, on vérifie que, même là où il n’y a pas de guerre, trop de femmes souffrent encore aujourd’hui de violence à leur encontre.

Tous les conflits belliqueux révèlent le visage le plus emblématique de la culture du déchet par les vies qui sont délibérément piétinées par celui qui détient la force. Mais il y a des formes plus subtiles et sournoises de rejet, qui alimentent aussi cette culture. Je pense avant tout à la façon dont sont souvent traités les malades, isolés et marginalisées comme les lépreux dont parle l’Évangile. Parmi les lépreux de notre temps il y a les victimes de cette nouvelle et terrible épidémie d’Ebola, qui, surtout au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, à déjà fauché plus de six mille vies. Je désire aujourd’hui féliciter publiquement et remercier ces opérateurs sanitaires qui, avec les religieux, religieuses, et les volontaires, apportent tous les soins possibles aux malades et à leurs proches, surtout aux enfants restés orphelins. En même temps, je renouvelle mon appel à toute la communauté internationale pour que soit assurée une assistance humanitaire adéquate aux patients, et pour qu’il y ait un engagement commun pour vaincre la maladie.

À côté des vies rejetées à cause des guerres ou des maladies, il y a celles des nombreuses personnes déplacées et réfugiées. Encore une fois on en comprend les aspects à partir de l’enfance de Jésus, qui témoigne d’une autre forme de la culture du déchet qui porte atteinte aux relations et « défait » la société. En effet, face à la brutalité d’Hérode, la Sainte Famille est contrainte à fuir en Égypte, d’où elle pourra revenir seulement quelques années plus tard (cf. Mt 2, 13-15). La conséquence des situations de conflit que nous venons de décrire est souvent la fuite de milliers de personnes de leur terre d’origine. Parfois on ne part pas tant pour chercher un avenir meilleur, mais tout simplement pour avoir un avenir, puisque rester dans son pays peut signifier une mort certaine. Combien de personnes perdent la vie dans des voyages inhumains, soumises aux brimades de véritables bourreaux avides d’argent ? J’en ai fait mention au cours de ma récente visite au Parlement Européen, en rappelant qu’« on ne peut tolérer que la Mer Méditerranée devienne un grand cimetière » (Discours au Parlement Européen, Strasbourg, 25 novembre 2014). Il y a ensuite un autre fait alarmant : beaucoup de migrants, surtout dans les Amériques, sont des enfants seuls, proies plus faciles des dangers, et qui demandent davantage de soin, d’attention et de protection.

Souvent arrivés sans papiers d’identité dans des contrées inconnues dont ils ne parlent pas la langue, il est difficile pour les migrants d’être accueillis et de trouver du travail. Au-delà des incertitudes de la fuite, ils sont contraints d’affronter aussi le drame du refus. Un changement d’attitude à leur égard est donc nécessaire, pour passer du désintérêt et de la peur à une acceptation sincère de l’autre. Cela requiert naturellement de « mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens (…) et garantir l’accueil des migrants » (ibid). En remerciant tous ceux qui, même au prix de leur vie, s’emploient à porter secours aux réfugiés et aux migrants, j’exhorte aussi bien les États que les Organisations internationales à s’engager activement pour résoudre ces graves situations humanitaires et à fournir aux pays d’origine des migrants des aides pour en favoriser le développement socio-politique et le dépassement des conflits internes, qui sont la principale cause de ce phénomène. « Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets » (ibid). Du reste, cela permettra aux migrants de retourner un jour dans leur patrie et de contribuer à sa croissance et à son développement.

Mais à côté des migrants, des déplacés et des réfugiés, il y a beaucoup d’autres « exilés cachés » (Angelus, 29 décembre 2013), qui vivent à l’intérieur de nos maisons et de nos familles. Je pense surtout aux personnes âgées et aux personnes handicapées, comme aussi aux jeunes. Les premières sont objet de rebut quand elles sont considérées comme un poids et comme des « présences encombrantes » (ibid.), tandis que les derniers sont mis à l’écart en niant leurs perspectives concrètes de travail pour construire leur avenir. D’autre part, il n’existe pas pire pauvreté que celle qui prive du travail et de la dignité du travail (cf. Discours aux participants à la rencontre mondiale avec les Mouvements populaires, 28 octobre 2014), et qui fait du travail une forme d’esclavage. C’est ce que j’ai voulu rappeler au cours d’une rencontre récente avec les mouvements populaires, qui s’emploient avec dévouement à rechercher des solutions adéquates à certains problèmes de notre temps, comme la plaie toujours plus étendue du chômage des jeunes et du travail au noir, et le drame de beaucoup de travailleurs, spécialement des enfants, exploités avec avidité. Tout cela est contraire à la dignité humaine et dérive d’une mentalité qui place au centre l’argent, les bénéfices et les profits économiques au détriment de l’homme lui-même.

Ensuite, il n’est pas rare que la famille elle-même soit objet de rejet, à cause d’une culture individualiste et égoïste toujours plus répandue, qui abîme les liens et tend à favoriser le phénomène dramatique de la dénatalité, ainsi que de législations qui privilégient différentes formes de cohabitation plutôt que de soutenir convenablement la famille pour le bien de toute la société.

Parmi les causes de ces phénomènes, il y a une mondialisation uniformisante qui rejette les cultures elles-mêmes, brisant ainsi les éléments propres de l’identité de chaque peuple qui constituent l’héritage incontournable à la base d’un sain développement social. Dans un monde uniformisé et privé d’identité, il est facile de saisir le drame et le découragement de nombreuses personnes, qui ont littéralement perdu le sens de leur vie. Ce drame est aggravé par la crise économique qui perdure, qui engendre de la méfiance et favorise un climat social conflictuel. J’ai pu en voir les revers ici aussi à Rome, en rencontrant beaucoup de personnes qui vivent des situations de détresse, comme aussi au cours des différents voyages que j’ai effectués en Italie.

À la chère nation italienne, je désire justement adresser une pensée pleine d’espérance afin que, dans le climat persistant d’incertitude sociale, politique et économique, le peuple italien ne cède pas au désengagement et à la tentation du rejet, mais redécouvre ces valeurs d’attention réciproque et de solidarité qui sont à la base de sa culture et du vivre-ensemble civil, et sont sources de confiance aussi bien dans l’immédiat que dans l’avenir, spécialement pour les jeunes.

Pensant à la jeunesse, je désire mentionner mon voyage en Corée, où en août dernier, j’ai pu rencontrer des milliers de jeunes réunis pour la VIème journée de la Jeunesse asiatique et où j’ai rappelé qu’il faut valoriser les jeunes « en cherchant à leur transmettre l’héritage du passé et à les confronter aux défis présents » (Rencontre avec les Autorités, Seoul, 14 août 2014). Il est donc nécessaire de réfléchir « pour savoir si nous transmettons bien nos valeurs à la génération suivante, ainsi que sur le genre de société que nous nous préparons à lui léguer » (ibid).

Ce soir-même, j’aurai la joie de repartir pour l’Asie, pour visiter le Sri Lanka et les Philippines et ainsi témoigner de l’attention et de la sollicitude pastorale avec laquelle je suis les vicissitudes des peuples de ce vaste continent. À eux et à leurs Gouvernements, je désire manifester une fois encore le désir du Saint-Siège d’offrir sa contribution au service du bien commun, de l’harmonie et de la concorde sociale. Je souhaite en particulier une reprise du dialogue entre les deux Corée, qui sont des pays frères qui parlent la même langue.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Au début d’une nouvelle année nous ne voulons pas que notre regard soit dominé par le pessimisme, par les défauts et par les carences de notre temps. Nous voulons aussi remercier Dieu pour ce qu’il nous a donné, pour les bienfaits qu’il nous a accordés, pour les dialogues et les rencontres qu’il nous a permis et pour certains fruits de paix qu’il nous a donné la joie de goûter.

Un témoignage éloquent que la culture de la rencontre est possible, je l’ai expérimenté au cours de ma visite en Albanie, Nation pleine de jeunes, qui sont l’espérance pour l’avenir. Malgré les blessures endurées dans l’histoire récente, le pays est caractérisé par « la cohabitation pacifique et la collaboration entre ceux qui appartiennent à différentes religions » (Discours aux Autorités, Tirana, 21 septembre 2014) dans un climat de respect et de confiance réciproque entre catholiques, orthodoxes et musulmans. C’est un signe important qu’une foi sincère en Dieu ouvre à l’autre, engendre dialogue et action pour le bien, alors que la violence naît toujours d’une mystification de la religion elle-même, adoptée en prétextant des projets idéologiques qui ont comme unique but la domination de l’homme sur l’homme. Également, au cours de mon récent voyage en Turquie, pont historique entre Orient et Occident, j’ai pu constater les fruits du dialogue œcuménique et interreligieux, ainsi que l’engagement envers les réfugiés provenant des autres pays du Moyen-Orient. J’ai retrouvé cet esprit d’accueil aussi en Jordanie, que j’ai visitée au début de mon pèlerinage en Terre Sainte, comme aussi dans le témoignage venu du Liban, à qui je souhaite de dépasser les difficultés politiques actuelles.

Un exemple qui m’est très cher de la manière dont le dialogue peut vraiment édifier et construire des ponts, vient de la récente décision des États Unis d’Amérique et de Cuba de mettre fin à un silence réciproque qui a duré plus d’un demi-siècle et de se rapprocher pour le bien de leurs citoyens. Dans cette perspective, j’adresse aussi une pensée au peuple du Burkina Faso, engagé dans une période de transformations politiques et institutionnelles importantes, afin qu’un esprit renouvelé de collaboration puisse contribuer au développement d’une société plus juste et plus fraternelle. Je relève, en outre, avec satisfaction la signature en mars dernier de l’Accord qui met fin à de longues années de tensions aux Philippines. J’encourage également l’engagement en faveur d’une paix stable en Colombie, comme aussi les initiatives destinées à établir à nouveau la concorde dans la vie politique et sociale au Venezuela. Je souhaite aussi qu’on puisse bientôt parvenir à une entente définitive entre l’Iran et ce qui est appelé le Groupe des 5+1 sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des buts pacifiques, en appréciant les efforts accomplis jusqu’à maintenant. J’accueille, ensuite, avec satisfaction la volonté des États-Unis de fermer définitivement la prison de Guantánamo, soulignant la généreuse disponibilité de certains pays à accueillir les détenus. Et je remercie de tout cœur ces pays. Enfin, je désire exprimer mon appréciation et mon encouragement pour ces pays qui se sont activement engagés pour favoriser le développement humain, la stabilité politique et la cohabitation civile entre leurs citoyens.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le 6 août 1945, l’humanité assistait à une des plus terribles catastrophes de son histoire. Pour la première fois, d’une façon nouvelle et sans précédents, le monde expérimentait jusqu’où peut aller le pouvoir destructeur de l’homme. Des cendres de cette effroyable tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale a surgi entre les Nations une volonté nouvelle de dialogue et de rencontre qui a donné naissance à l’Organisation des Nations Unies, dont nous célébrerons cette année le 70ème anniversaire. Au cours de la visite qu’il a accomplie au Palais de Verre, il y a cinquante ans, mon Bienheureux prédécesseur, le Pape Paul VI, a rappelé « que le sang de millions d’hommes, que des souffrances inouïes et innombrables, que d’inutiles massacres et d’épouvantables ruines sanctionnent le pacte qui vous unit, en un serment qui doit changer l’histoire future du monde : jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C’est la paix, la paix qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité ! » (Paul VI, Discours aux Nations Unies, New York, 4 octobre 1965).

C’est aussi mon invocation confiante pour cette nouvelle année, qui verra par ailleurs la poursuite de deux importants processus : la rédaction de l’Agenda du développement post-2015, avec l’adoption des Objectifs du développement durable, et l’élaboration d’un nouvel Accord sur le climat. Et cela est urgent. Leur présupposé indispensable est la paix, qui jaillit de la conversion du cœur plus encore que de la fin de chaque guerre.

Avec ces sentiments, je renouvelle à chacun de vous, à vos familles et à vos peuples, le souhait d’une année 2015 d’espérance et de paix.

© Librairie éditrice du Vatican

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Rome


Le card. Sandri dénonce les actions des trafiquants d'armes et d'êtres humains
Veillée de prière à Rome pour la paix en Syrie et en Irak

Anne Kurian

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Le cardinal Sandri dénonce les méfaits des trafiquants d'armes et des trafiquants d'êtres humains, qui tirent profit des drames des autres. Il prie pour « la conversion des cœurs de tous ceux qui font le mal ».

Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, a présidé, hier, 15 janvier 2015, une veillée de prière organisée par le diocèse de Rome dans la paroisse de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour la paix en Syrie et en Irak.

La veillée de prière, animée par les communautés catholique-arménienne, libanaise maronite, syro-antiochienne et grecque-melkite de Rome, avait pour thème biblique la rencontre de Dieu avec Abraham au chêne de Mambré (Gn 18,1-21).

« Aujourd’hui, le Moyen-Orient tout entier est le théâtre de guerres et de violences qui semblent ne jamais finir, mais le Dieu de l’Alliance n’a pas cessé de cheminer avec l’homme, même là où sont la désolation et l’extermination », a affirmé le cardinal dans son homélie rapportée par Radio Vatican.

Il a salué les Syriens et Irakiens chrétiens qui restent « fermes dans leur profession de foi », appelant de ses voeux la fin du conflit : « ce serait encore plus grave si le Moyen-Orient ne pouvait plus être une patrie pour les chrétiens ; ou encore si le drame continuait ».

Il a aussi invité les occidentaux à ne pas s'habituer à la souffrance des minorités persécutées : « Parfois peut-être nous sommes-nous habitués aux attentats, aux destructions, aux meurtres et aux enlèvements, aux visages des enfants, des personnes âgées et des autres exilés. Nous devons en demander pardon au Seigneur. »

Le cardinal a dénoncé par ailleurs les actions de ceux qui « tirent profit des drames », comme les « trafiquant d’armes ou de matières premières, trafiquant d’êtres humains, de femmes et d’enfants ».

« Nous espérons, a-t-il conclu, que la victoire de Dieu sera constituée, ici, par la conversion des cœurs de tous ceux qui font le mal, tout en demeurant certains que le jugement de l’histoire est dans Ses mains seulement, et que celui qui a osé défigurer l’humanité qu’Il a créée et aimée devra en répondre devant Lui au jugement dernier ».

Avec une traduction de Constance Roques

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Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, méditations du Brésil
Sur le thème : "Donne-moi à boire"

Marina Droujinina

ROME, 15 janvier 2015 (Zenit.org) - Les méditations pour la Semaine de prière 2015 pour l'unité des chrétiens ont été préparées par des chrétiens du Brésil sur le thème : « Donne-moi à boire ».

Le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens publie la documentation élaborée en collaboration avec la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises pour cette grande semaine oecuménique.

Les paroles de l’Évangile selon Saint Jean : « Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » (Jn 4,7) seront ainsi au centre de la réflexion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui se déroulera entre le dimanche 18 et le dimanche 25 janvier 2015.

C’est le Conseil national des Églises du Brésil (CONIC) qui a présenté un projet pour la semaine de prière 2015. « Actuellement, le Brésil traverse une période d’intolérance grandissante qui se traduit par de grandes violences, particulièrement envers les minorités et les personnes vulnérables », fait observer le dicastère romain.

Le choix du thème de la semaine est motivé, entre autres, par le contexte ecclésial et religieux brésilien. Au Brésil, «  offrir un verre d’eau fraîche » ou un café « c’est manifester une volonté d’accueillir, de dialoguer et de coexister avec l’autre », précise le document.

« La rencontre entre Jésus et la Samaritaine nous invite à goûter l’eau d’un puits différent, et également à en proposer du nôtre ». La prière, la rencontre et le dialogue tels sont les piliers fondateurs de la semaine de l’unité.

La célébration œcuménique de la semaine sera organisée autour de ce long passage de l’Évangile selon Saint Jean sur la rencontre du Christ avec la femme de Samarie. Le groupe œcuménique brésilien qui a préparé la célébration invite à utiliser les « deux symboles de la route et de l’eau, comme images de l’unité chrétienne visible pour laquelle nous prions ».

« Quel est le chemin de l’unité, quelle voie devons-nous prendre pour que le monde boive à la source de la vie qu’est Jésus-Christ ? Quel est le chemin de l’unité qui respecte vraiment notre diversité ? » : autant de questions auxquelles réfléchir dans les différentes communautés chrétiennes pendant la semaine de l’unité et durant toute l’année 2015.  

« Sur ce chemin de l’unité se trouve un puits rempli d’eau : à la fois l’eau que cherche Jésus, fatigué par la route, et l’eau qu’il donne lui-même, celle qui jaillit en vie éternelle. L’eau puisée quotidiennement par la Samaritaine est celle qui étanche la soif et fait fleurir le désert. L’eau que donne Jésus est celle sur laquelle planait l’Esprit de Dieu, l’eau vive dans laquelle nous avons été baptisés », ainsi introduit une célébration œcuménique le document du Conseil pontifical.  

Chaque jour de la semaine de l’unité propose un thème issu du même passage de l’Évangile. Le document offre des commentaires bibliques et des prières pour les « huit jours » ainsi que le schéma de la célébration et des discussions. Cependant, le Conseil pontifical fait appel à la flexibilité de l’esprit et à la créativité des chrétiens de chaque communauté, à l’adaptation des textes « aux réalités des différents lieux et pays ».

Le texte central de la semaine de l’unité «  affirme l’importance que chacun connaisse et comprenne suffisamment sa propre identité pour éviter de percevoir l’identité de l’autre comme une menace. Si nous ne nous sentons pas menacés, nous pourrons expérimenter l’autre comme étant complémentaire : une personne ou une culture ne peut se suffire à elle-même ! Et par conséquent, l’image qui se dégage des mots « donne-moi à boire », exprime bien la complémentarité : boire l’eau du puits de quelqu’un d’autre est la première façon d’expérimenter une autre manière d’exister. Cela mène à un échange de dons enrichissant. Refuser les dons de l’autre, c’est porter beaucoup de tort à la société et à l’Église », conclut le document du Conseil pontifical.

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Spécial


Lettre aux survivants de Charlie Hebdo
Les indices pensables Episode 52 par Brunor

Brunor

PARIS, 18 janvier 2015 (Zenit.org) - Cette semaine, nous quittons provisoirement les galaxies et l’ADN pour ouvrir un espace à la mémoire des victimes juives, chrétiennes, musulmanes, athées, agnostiques de ces derniers jours...

C’est en tant que dessinateur que je vous écris, après avoir fait quelques dessins (qui valent mieux qu’un long discours), sur la tragédie qui a commencé dans vos locaux, a continué à Montrouge, avant de se poursuivre dans un magasin juif.

Je voudrais d’abord vous dire que je partage votre tristesse… Je ne connaissais Wolinski Charb et Honoré que par leurs dessins, mais j’avais rencontré Tignous quand il faisait  ses premières armes dans les pages d’Antirouille. Avec Loustal et lui, nous étions les trois jeunes débutants de ce journal sympathique qui était déjà assez satirique avec ses pages aux monochromies aléatoires dans le style de la revue branchée de l'époque : "Actuel". Une des particularités de ce périodique était  la liberté de presse puisqu’il comptait bien vivre sans le financement d’aucune publicité. Tous les trois, on trouvait ça cool. Mais ça n’a pas duré très longtemps et quand Antirouille a fermé ses portes et ses pages, chacun a poursuivi sa route. 
Pour ma part j’ai continué de pratiquer le dessin d’humour sur des sujets sérieux, parfois graves ou tragiques, en espérant que mes petits mickeys allaient contribuer à améliorer le monde en aidant des lecteurs à prendre conscience de différentes choses.

Grâce au  fanzine  (journal de Bd semi-professionnel) que j’avais fondé avec deux amis étudiants, nous avions la chance de côtoyer dans des salons de Bd nos grands aînés comme Cabu, Moebius, Bilal. 

Cabu, je ne l’ai pas beaucoup connu, mais pour une raison que j’ignore, je ne cesse de penser à lui, depuis qu’il n’est plus de ce monde. Je n’arrive pas à croire qu’ils aient pu tuer le grand Duduche. Quand j’étais responsable des pages Bd de l’hebdo Tintin Reporter, j’ai de nouveau croisé Cabu et je regrette maintenant de ne pas avoir davantage échangé avec lui, tellement il émanait de lui une forme de bonté désarmante et de simplicité déconcertante, mais vous le connaissez mieux que moi et j’imagine votre douleur et bien sûr, celle de sa compagne.

Je crois qu’ils ont tous les cinq, ainsi que toutes les autres victimes de ces journées atroces, reçu un hommage considérable de tant de millions de nos concitoyens, comme personne n’en a jamais connu, depuis la III° République, et même avant. Sans oublier, dans cette marche silencieuse, le soutien pour la liberté de la presse.

Puis viennent les jours d’après. Et de ces lendemains, je retiens une information qui me semble essentielle pour la suite : il semblerait, selon différents témoignages, différentes sources, que les musulmans non extrémistes, appelons-les : les musulmans tout court, n’ont rien contre un dessin comme celui de Tignous qui a fait la une de Marianne, où on voit un terroriste retenu par le doigt géant de Dieu qui lui dit : « Allah est assez grand pour défendre tout seul son prophète ». Ce dessin est une merveille de génie ! J’aurais tellement aimé le faire  moi-même ! Il est absolument réussi, il est redoutablement efficace, il parle de lui-même sans la moindre ambiguïté et, cerise sur le gâteau : si mes sources sont exactes (voir une interview récente de Geluck, le fameux dessinateur du Chat) cette « caricature » comme disent les gens, n’est pas choquante pour des musulmans. Le bonheur est total ! Elle n’est pas choquante, ni blessante, ni condamnable, pourquoi ? Parce que le Prophète, n’est pas représenté. Un dessin qui ne choque pas la sensibilité de toute une culture et qui pourtant fait réfléchir par sa vérité : si Allah est grand, en effet, il n’a besoin de personne pour se défendre, et les extrémistes qui prétendent agir en son Nom sont démasqués.

J’espère que c’est ce niveau de génie que toute votre équipe va chercher à atteindre ! La barre est haute.

Vous le devez bien à Tignous, à sa mémoire et à son talent manifesté dans ce dessin cité !  Tous, nous le lui devons bien, ainsi qu’à Wolinski, Charb, Honoré et Cabu, mais aussi à tous les autres qui sont morts dans la même rafale de Kalachnikov, en  moins de 48 heures. !

J’ai confiance que vous allez viser pas moins qu’un tel niveau, car vous mettrez alors dans votre camp les musulmans. N’est-ce pas là la vraie liberté de la presse ?

Ce n’est pas de dessiner des personnages comme le Prophète dont la simple représentation, même quand elle n’est pas caricaturale, suffit à choquer non seulement les terroristes, mais aussi l’ensemble des musulmans. Ce serait médiocre de ne pas tenir compte de cette réalité, je dirais même plus, ce serait trop nul, ça ne ferait rire personne. Ce serait juste un dessin facile, beaucoup trop facile, et donc : pas digne de survivants comme vous l’êtes d’une équipe de grands auteurs assassinés. 

Continuer de dessiner ce qui choque une culture tout entière, (même si c’est difficile à comprendre) ne serait pas lutter contre le fanatisme, ce serait… l’alimenter.

Nous avons tous beaucoup mieux à faire avec notre talent.

Soutenons plutôt les philosophes, les penseurs musulmans, ceux qui essaient de faire évoluer les choses et qui risquent leur vie à chaque publication non pas en attisant le feu, non pas en se moquant de ce dont il est si facile de se moquer, mais au contraire, en essayant de rejoindre les hommes et les femmes qui refusent les formes d’extrémisme et de fondamentalisme.

Il y avait un chef musulman appelé Cheikh Zayed, qui fut surnommé  « le sage des Arabes ».  C’est lui qui fut le fondateur des émirats arabes unis. Il semble qu’il fut un musulman particulièrement tolérant, capable de souhaiter que dans sa capitale Abu Dabi soient construites plusieurs églises (qui sont toujours là) : l’une catholique, l’autre protestante, la troisième orthodoxe. Quand on s’en étonnait ou qu’on venait à lui reprocher cette ouverture, l’histoire raconte qu’il répondait : « Vous savez, si Allah voulait que TOUS les êtres humains soient musulmans, alors ils le seraient déjà. Puisqu’on sait qu’Allah fait toujours sa volonté, et puisque l’on voit bien que tous les êtres humains ne sont pas musulmans, on peut donc comprendre qu’Allah veut qu’il y ait des êtres humains qui ne soient pas musulmans… »

Hélas le Cheikh Zayed, n’est plus de ce monde. Mais si ce qu’on dit de lui est vrai, il aurait certainement très bien compris et apprécié le dessin génial de Tignous :  Allah est assez grand pour ne pas avoir besoin d’assassins …

Comme si les cinq, là où ils sont maintenant, du bout de leurs crayons (qu’ils ont toujours dans l’une ou l’autre poche de leur veste) nous disaient : allez les gars, il faut arrêter de se croire invulnérables, gardez votre créativité et votre énergie pour les vrais combats, les combats où on est du côté des populations opprimées par les tyrannies, et pas le contraire. C’est ça, la liberté de Charlie (3), la liberté de la presse, après tout. Et c’est aussi la liberté de tout homme debout.


Brunor  (4)

1-    Zayed ben Sultan El Hor Al Nahyane (en arabe زايد بن سلطان آلنهيان),

Né le 3 novembre 1918 et décédé le 2 novembre 2004cheikh et homme politique, fondateur de la fédération des Émirats arabes unis.

2-    Avec le Cheikh Walid ibn Jilali al Great Khali.

3-    Du nom de l'un des personnages de Charles Schulz :Charlie Brown, dans la série Peanuts.

4-    Voir : L’Être et le néant sont dans un bateau, (Brunor Editions. 2014).

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France: soutien du pape François à la Marche pour la Vie de Paris, 25 janvier
"Oeuvrer sans relâche pour l'édification d'une civilisation de l'amour"

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - « Le Pape François, informé de l’organisation de la Marche pour la Vie qui aura lieu le dimanche 25 janvier prochain à Paris, salue cordialement les participants à cette manifestation », écrit le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura dans une lettre en date du 8 janvier aux organisateurs.

Le nonce cite ce passage du discours du pape à l’Association des médecins catholiques du 17 novembre 2014 dans lequel il rappelle que « la vie humaine est toujours sacrée, valable et inviolable et, comme telle, doit être aimée, défendue et soignée ».

« En dehors d’une légitime manifestation en faveur de la défense de la vie humaine, le Saint-Père encourage les participants à la Marche pour la Vie à œuvrer sans relâche pour l’édification d’une civilisation de l’amour et d’une culture de la vie », ajoute le nonce à Paris.

Les organisateurs expliquent les raisons de cette Marche du 25 janvier (13h30 à la Bastille): "La Marche pour la vie est l’occasion pour les citoyens d’exprimer une opposition au dérèglement bioéthique initié par la loi sur l’avortement, et de rappeler que le principe du respect de la vie humaine fonde notre civilisation. En 2015 une menace particulière pèse sur les personnes âgées, malades, handicapées : un projet politique va être proposé pour légaliser l’euthanasie ou des gestes euthanasiques. La Marche pour la vie appelle les citoyens à manifester le dimanche 25 janvier, à 13h30 au départ de la place de la Bastille, pour dire non à l’euthanasie."

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L'esprit de la liturgie


La Prière eucharistique (3)
Les quatre Prières et quelques autres

Mgr Jacques Perrier

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - La Prière eucharistique (3)

Les quatre Prières et quelques autres

L’histoire de la liturgie est une des plus complexes qui soient. Il est assez facile de dater un manuscrit, mais de quand date le texte ? Peut-être était-il déjà très ancien quand il a été mis par écrit. D’autant plus que la liturgie n’est pas du journalisme, où il faut, chaque jour, fournir un nouvel article. Donc, nous n’entrerons pas dans cette histoire, avec ses variantes selon les pays. Tenons-nous aux Prières qui sont accessibles aujourd’hui.

Dans les Missels de langue française, nous trouvons d’abord quatre Prières, numérotées de I à IV : ce sont les Prières de base depuis la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II. Viennent ensuite, deux Prières pour la Réconciliation, trois Prières pour les Assemblées avec enfants et une Prière « pour des circonstances particulières », dotée, elle-même, de quatre variantes.

Pourquoi cette variété ? Il faut revenir aux intentions du concile Vatican II. Dans la Constitution sur la liturgie, parlant de l’Eucharistie, qui est « le mystère de la foi », les Pères ont souhaité que « les fidèles, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, participent consciemment, pieusement et activement à l’action sacrée » (n° 48).

Les communautés rassemblées pour l’Eucharistie étant très différentes les unes des autres, il est apparu souhaitable de ne pas employer, uniformément, la même Prière eucharistique. Les mêmes mots ne conviendront pas aussi bien, qu’il s’agisse d’une communauté monastique, d’une Messe dominicale de paroisse ou d’une assemblée avec un grand nombre d’enfants. Qu’est-ce qui permettra le mieux de « comprendre » ce qui peut être compris et de « participer consciemment » ?

La Prière eucharistique est dite par le prêtre. Mais, s’il prie tout haut et dans notre langue, c’est pour que sa prière soit aussi notre prière. Pour cela, il faut que nous ayons nous-mêmes ruminé les paroles qu’il prononce, qu’elles nous soient devenues familières. Pour profiter de la liturgie de la Parole, il est bon d’avoir lu les textes à l’avance, tout seul dans un climat de prière ou dans un groupe de partage. Sinon, les mots risquent de glisser sur nos esprits distraits. A plus forte raison, il faut s’être approprié les Prières eucharistiques pour ne pas être, comme dit le Concile, « des spectateurs étrangers ».

Même si l’expression varie, sauf pour les paroles mêmes du Christ, des éléments identiques se retrouvent dans toutes les Prières : nous les évoquerons, tour à tour, dans les chroniques suivantes. Mais dans celle-ci, je voudrais vous inviter à lire calmement toutes ces Prières qui nous sont proposées. Je suis persuadé que vous n’avez jamais entendu certaines d’entre elles. Or chacune comporte des perles : ces quatre ou cinq mots qui ouvrent de vastes horizons.

En se rappelant que les Prières eucharistiques s’adressent toujours au Père, voici, dans ma collection personnelle, quelques-unes de mes perles.

La Prière I est celle que les catholiques romains ont employée pendant des siècles. Elle rappelle à Dieu qu’il avait « accueilli les présents d’Abel, d’Abraham et de Melkisédech », c’est-à-dire de notre père dans la foi et de deux païens. La Prière II évoque le Christ, le Jeudi Saint, « au moment d’être livré et d’entrer librement dans sa Passion », alors que la IV parle de « l’Heure où tu allais le glorifier ». La III parle beaucoup du Saint-Esprit. Elle nous dit qu’en communiant, nous serons «remplis de l’Esprit Saint » : l’aviez-vous jamais remarqué ?

Dans les Prières eucharistiques pour la Réconciliation, l’accentuation va de soi : « Avant que ses bras étendus dessinent entre ciel et terre le signe indélébile de ton Alliance… » (I) ; « Alors que nous étions loin de toi, Père… « (II). Les enfants, quant à eux, vont rendre grâce pour la Création et pour l’amitié. Mais ils n’oublient pas que le Christ « s’est donné lui-même entre nos mains pour nous attirer vers toi » (II).

Les Prières eucharistiques pour les circonstances particulières sont les plus loquaces. Elles ont toutes cette belle formule qui rappelle Emmaüs et fait le lien entre la liturgie de la Parole et l’Eucharistie : « … il nous ouvre les Ecritures et nous partage le pain. »

Si vous êtes prêtre ou membre d’une équipe liturgique, réfléchissez à la Prière eucharistique que vous choisissez. Si elle est moins habituelle, la prédication pourrait la présenter. Je ne crois pas qu’il ait jamais été interdit de prêcher sur les prières eucharistiques.

L’Eucharistie est le trésor des trésors : les mots qui l’entourent valent bien quelque attention

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Témoignage


"Pas riches en biens matériels mais riches de la foi et de la famille"
Témoignage de la famille Dizon devant le pape

Anne Kurian

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - « Nous n’avons pas grand-chose mais, au cœur de la pauvreté, nous nous trouvons riches des grâces de Dieu, des grâces qui sont sans prix.... Nous ne sommes pas riches en biens matériels mais en grâces et en bénédictions d’En-haut, que rien au monde ne peut nous offrir : la grâce de la foi, de la communauté et de la famille », affirme la famille Dizon devant le pape François le 16 janvier 2015.

Au terme de son deuxième jour de visite apostolique dans le pays, le pape François avait rendez-vous avec les familles en fin d'après-midi, à 17h30 (10h30 à Rome) dans le stade - comble - du "Mall of Asia Arena".

Au cours de la célébration, plusieurs familles philippines ont donné leur témoignage. Parmi elles, la famille Dizon – en langue tagalog – provenant du quartier Krus Na Ligas, près du territoire de l'Université des Philippines (UP), à Quezon City – la plus grande municipalité de la banlieue de Manille, au nord-est de la capitale.

« Nous sommes la famille Dizon de Krus Na Ligas et nous vivons sur les traces de Jésus, Marie et Joseph » : c'est en ces termes qu'une des femmes, qui était entourée de membres de toutes les générations, a introduit leur témoignage : « Nous sommes une grande famille avec 11 bébés, 40 petits-enfants et 10 arrière-petits-enfants. »

« Nous n’avons pas grand-chose mais, au cœur de la pauvreté, nous nous trouvons riches des grâces de Dieu, des grâces qui sont sans prix.... Nous ne sommes pas riches en biens matériels mais en grâces et en bénédictions d’En-haut, que rien au monde ne peut nous offrir : la grâce de la foi, de la communauté et de la famille », a-t-elle ajouté.

« Nous n’avons pas grand chose, a-t-elle poursuivi, mais Dieu nous a fait la grâce de participer à la formation des prêtres et religieux, parce que nous avons servi de famille d’accueil pour un bon nombre d’entre eux » : parmi eux, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, qui a habité chez les Dizon lorsqu’il était séminariste.

« Une famille chrétienne n’est pas une famille parfaite... Il y a des moments d’incompréhension, de frustration, des principes différents. Mais toutes nos expériences du passé nous ont amenés ici, en tant que famille chrétienne vivant la miséricorde et la compassion. Notre famille croit fermement que nous surmonterons les défis de la vie tant que nous serons ensemble et avec l’aide de la Sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph » : c'est la certitude de la famille Dizon

Le témoignage s'est poursuivi en évoquant la mère de famille, Francisca Dizon, qui dès l'âge de neuf ans s'est investie au service de la petite chapelle de la communauté, qui est ensuite devenue une paroisse. Puis le père, Sixto Dizon, qui s'est « battu contre les Japonais pendant la seconde guerre mondiale ».

Sur les traces de ces aînés qui « servent activement la communauté et l’église », les petits-enfants « sont maintenant membres de diverses organisations telles que le service de la famille et de la vie, le service de la musique, celui des lecteurs et commentateurs, les Chevaliers de l’autel et le service des jeunes ».

En outre, la famille Dizon participe activement à la vie du quartier en luttant notamment pour la sauvegarde des terrains familiaux et contre les projets de constructions dénaturant le village : « La cloche de l’église sonnait pour appeler les habitants à sortir de chez eux et à se battre pour défendre leurs droits... Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Dieu est toujours avec nous », affirment les Dizon.

Avec une traduction de Constance Roques

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Les familles philippines, école de la nouvelle évangélisation
Témoignage de la famille Rodrigo

Anne Kurian

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - En accueillant le pape François aux Philippines, la famille Rodrigo souhaite que cette visite « inspire toutes les familles philippines à devenir un foyer et une école de la nouvelle évangélisation, apportant Jésus » jusqu'aux « confins du monde ».

Au deuxième jour de sa visite apostolique dans le pays, 16 janvier, le pape François avait rendez-vous avec les familles en fin d'après-midi, à 17h30 (10h30 à Rome) dans le palais des sports - comble - du « Mall of Asia Arena » qui a une capacité d'accueil de 20.000 personnes.

La célébration a été introduite par Mgr Gabriel Reyes, évêque d'Antipolo et président de la Commission épiscopale pour la famille.

Puis plusieurs témoignages de familles philippines ont suivi. Parmi eux, un membre de la famille Rodrigo, l'avocat Francisco, a accueilli le pape en anglais : « Votre Sainteté, bienvenue aux Philippines, Mabuhay [salut tagalog, ndlr] ! ».

Il a évoqué la deuxième visite du pape Jean-Paul II aux Philippines, il y a vingt ans (12-16 janvier 1995), dans le cadre de la Xe Journée mondiale de la jeunesse à Manille : « Lors de la messe de clôture, saint Jean-Paul II nous rappelait à tous, en particulier aux jeunes, que "tout chrétien partage la mission du Christ d’une manière unique et personnelle". Il exhortait tous les "pères et mères de famille, les personnes âgées, les jeunes et les enfants" à être prêts à prendre part à la mission du Seigneur. Il nous invitait à être préparés pour être envoyés, pour faire en sorte que la lumière de la foi soit répandue "de Manille jusqu’aux confins du monde". »

« Ces mots de saint Jean-Paul II continuent de nous hanter à travers vos propres mots », a confié le Philippin : « Dès le début de votre pontificat, vous nous avez dit clairement que vous vouliez que nous sortions dans les rues pour toucher les plaies de Jésus dans les pauvres. Que vous vouliez que nous sortions de nous-mêmes en prenant le risque de nous faire amis des personnes démunies. Que vous vouliez que nous sortions du centre et que nous apportions le Christ dans les périphéries. »

Francisco Rodrigo a souhaité que cette « merveilleuse visite » du pape François « inspire toutes les familles philippines à devenir un foyer et une école de la nouvelle évangélisation, apportant Jésus » jusqu'aux « confins du monde ».

Le pape a béni la dizaine de membres de la famille Rodrigo présents - dont une petite fille qui a serré le pape dans ses bras et la mère de Francisco, centenaire, en fauteuil roulant - qui lui ont offert une guirlande de jasmin, « humble geste d’accueil » de la part « de toutes les familles ».

Avec une traduction de Constance Roques

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Méditation


La vie est vocation à la joie
IIe dimanche du temps ordinaire - Année B - 18 janvier 2015

Mgr Francesco Follo

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Rite romain – IIe dimanche du temps ordinaire - Année B - 18 janvier 2015

1S 3,3-10.19; Ps 39; 1Co 6,13-15.17-20; Jn 1,35-42.

Rite ambrosien – IIe dimanche après l’Epiphanie

Is 25,6-10a; Ps 71; Col 2,1-10a; Jn 2,1-11.

1) La vocation dans la vie de tous les jours

Après la célébration du Baptême de Jésus qui dimanche dernier a conclu la période de Noël, la Liturgie présente aujourd’hui un passage du premier chapitre de l’Évangile de Jean pour compléter la narration des événements qui ont marqué la manifestation de Jésus comme Messie et Fils de Dieu, qui appelle à le suivre.

Ce n’est pas un hasard, si même pour les deux autres lectures de la messe de ce dimanche, la IIe du temps ordinaire, la vocation est le thème central. Nous avons tous été appelés à suivre une “vocation” à réaliser dans notre vie de tous les jours. Nous sommes tous appelés à vivre notre vocation de fils de Dieu dans le Fils unique dans l’apparente banalité de la vie quotidienne.

Nous sommes tous appelés à être avec le Christ, avant que de faire quelque chose pour le Christ.

Le plus bel exemple à cet égard nous est offert par la Vierge Marie qui, avant de “faire” la mère, “fut” et “est” encore mère. Et les apôtres aussi dont nous parle l’Évangile de ce jour, avant de faire quelque chose pour le Christ, furent avec le Christ. A Jean et André qui lui demandaient : “Maître, où habites-tu?”, Jésus répondit: “Venez et vous verrez”, c’est-à-dire qu’il leur proposa d’“être” avec Lui, avant de “faire” quelque chose avec Lui.

Ce n’est pas un hasard non plus si la liturgie du temps ordinaire demande que le prêtre porte les ornements verts, pour signifier le temps vert de notre vie. Il s’agit d’un temps chargé d’espoir, qui accompagne et illumine le quotidien que nous devons “passer” à la suite du Christ.

Le temps ordinaire n’est pas un temps mineur, c’est le temps dans lequel le Mystère de la vie du Christ et de notre vie en Lui s’écoule sous nos yeux de manière ordinaire et nous, nous sommes appelés à le recevoir et à le comprendre, pour parcourir la voie du salut, en Jésus Christ, notre Voie.

Chaque existence est déjà un appel : Dieu nous a sauvés de l’abîme vertigineux du néant et, en nous offrant l’être, il nous a donné aussi un projet à accomplir, un dessein à réaliser qui est même gravé “sur ses paumes” (Isaïe 49). C’est là le sens de notre vie : être avec Dieu et collaborer au grand projet qu’Il nourrit de toute éternité pour chacun de nous.

Nous sommes souvent tentés de croire que la vocation que Dieu nous donne, est un devoir pénible, une vertu obligatoire et ennuyeuse. Non. Dieu adresse aux hommes un appel à tisser un lien d’amour avec Lui. Il les invite dans sa demeure, les accueille de nouveau dans sa maison quand ils reviennent à son amour. Et non seulement ils peuvent rester avec Lui mais Lui reste dans leur cœur. La philosophie de l’homme dans la quête éternelle de sa maison est la nostalgie de sa patrie, de sa maison natale, comme l’a écrit le philosophe et écrivain allemand Novalis (1772 -1801) : “la philosophie est la nostalgie de retour à la maison”. Eh bien l’Évangile d’aujourd’hui montre comment on arrive à cette maison. En suivant le Christ, en Lui demandant où il habite et en demeurant avec Lui.

L’effet le plus admirable de cette démarche est que nous devenons sa demeure. Car se rapprocher de Dieu c’est devenir une cathédrale vivante. En recevant sa Présence en nous, nous comprenons la grandeur de la condition “humaine” à laquelle nous sommes appelés. La Bible abonde d’histoires de vocation : à titre d’exemple, Abraham, Moïse, David, chacun des prophètes, le petit Samuel dont il est question dans la première lecture d’aujourd’hui (1 Samuel 3,3-10), la Vierge Marie, les apôtres.

Chacun sous des formes différentes, mais nous avons tous en commun de recevoir cette invitation à donner à notre existence la valeur suprême de s’ouvrir à la relation avec Dieu, en disant comme Marie : “Amen, Fiat, que tout se passe pour moi comme tu l’as dit”.

2) Les trois verbes de la vocation, qui n’est pas une profession

Les lectures de la messe d’aujourd’hui montrent que la vocation se caractérise par trois verbes : appeler, écouter, répondre.

Appeler. Excepté les rares appels directs, la vocation se produit par l’intermédiaire d’autres hommes, comme on le voit dans l’épisode d’aujourd’hui : pour les deux disciples du Baptiste, c’est lui l’intermédiaire, qui leur désigne l’Agneau de Dieu ; pour Pierre, c’est son frère André; pour Samuel enfant, c’est son “tuteur” Eli.

Ecouter, comme il le fit le petit Samuel qui répondit à Dieu qui l’appelait par son nom “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute”.

Répondre en allant habiter auprès de Celui qui nous dit, comme à Jean et André: “Venez et vous verrez”.

Revenons au passage de l’Evangile d’aujourd’hui, où il nous est raconté que, remarquant Jean et André qui le suivaient, Jésus se retourna et demanda : “Qu’est-ce que vous cherchez ?”. Jésus ne posa pas cette question pour se renseigner, mais pour provoquer la réponse et les amener à prendre conscience de leur propre recherche. Jésus oblige l’homme à s’interroger sur les raisons de son propre chemin.

La recherche doit être mise en question. Il y a, effectivement, recherche et recherche. Il y a celui qui cherche vraiment Dieu et qui, en réalité se cherche lui-même.

Donc, la première condition est de vérifier continuellement l’authenticité de sa propre recherche de Dieu. La deuxième est de ne pas chercher à comprendre la vocation comme une recherche visant à ordonner le monde ni à trouver sa place dans le monde, parce que la vocation n’est pas le fruit d’un projet humain ou d’une stratégie d’organisation. Elle est vocation à l’Amour reçu et offert. La vocation n’est pas un choix, c’est être choisi : “Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis” (Jn 15, 16).

3) La vocation au bonheur1 à travers un exode

Dans l’Évangile de Marc on lit : “Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. (...) Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as vends-le, et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens, suis-moi.” (Mc 8, 34-35; 10,21).

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus, en d’autres termes, répète cette invitation à Jean et André pour qu’eux aussi se mettent en route à sa suite. Dans les deux cas, le Christ demande de parcourir avec Lui le nouvel exode, qui n’est pas uniquement de libération du mal et de tout autre esclavage physique ou moral, mais pour la liberté, la vérité2, l’amour, la joie qui nous tiennent tant à coeur.

Un exemple de saint qui accepta totalement de faire cet exode avec le Christ, c’est celui de Saint François d’Assise (1182 –1226), qui exprima son expérience de libération et de vocation par ces paroles connues sous le nom de La Prière simple :

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer,
car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

Des siècles avant, un autre saint exprima l’expérience d’être appelé de manière très profonde. Il s’agit de Saint Augustin d’Hippone (354 – 430), dont la vocation-conversion fut obtenue par la prière et les larmes de sa mère, Monique. Dans les Confessions, écrites pour raconter sa vocation et rendre gloire à Dieu pour sa miséricorde, ce grand Saint affirme que “le poids de l’amour élève vers le haut” (Pondus meum amor meus – Confessions, XIII, 9, 10). Autrement dit, l’évêque d’Hippone ajoutait : “En quelque lieu que j’aille, c’est l’amour qui m’y porte”.

Lui aussi avait trouvé l’amour et non seulement il ne voulait pas le perdre, mais il voulait lui rester fidèle pour toujours.

Pendant des années il avait cherché la vérité et l’amour. Quand il l’eut rencontré dans la personne du Christ, il resta fidèle à jamais.

A lui aussi, le Christ dit “que cherches-tu?”, et à sa réponse interrogative : “Maître où habites-tu?” la réponse est encore “viens et tu verras”.

4) Le témoignage des Vierges consacrées dans le monde

La vocation de Jean et André fut suscitée par le témoignage de leur “vieux” maître, Jean le Baptiste, qui avait désigné Jésus comme “l’Agneau qui enlève les péchés du monde”, mais elle devint plus claire dans le dialogue avec le Christ : “Que cherchez-vous ?”, “ Maître, où habites-tu?, “Venez et vous verrez”.

A Jean et à André, comme à l’interminable cortège de personnes qui Le cherchent et Lui demandent : “ Où habites-tu?”, Jésus répond par un impératif (“venez”) et par une promesse (“vous verrez”). La recherche n’est jamais finie. La découverte de Dieu n’est jamais terminée.

Jésus ne dit pas ce qu’ils verront ni quand. C’est en demeurant avec Lui que l’avenir se dévoilera et s’épanouira. Suivre Jésus ne signifie pas savoir à l’avance où Il nous conduit ; cela veut dire lui faire confiance, pleinement confiance. Cet abandon total est vécu de manière particulière par le Vierges consacrées. Ces femmes nous donnent le témoignage que la vocation consiste à reconnaître le Christ comme centre affectif de la vie humaine. A leur exemple, à la question du Christ “Qui, que cherchez-vous ?”, nous répondons : “Toi”, et dans le quotidien “oui” (fiat), elles se conforment à son dessein d’amour, en renouvelant fidèlement le “oui” prononcé entre les mains de l’évêque le jour de leur consécration.(cf rituel de Consécration des vierges, n° 14 : L’évêque : « N., le Seigneur vous appelle à le suivre. » Réponse de la candidate : « Me voici, Seigneur, puisque tu m’as appelée ».)

Nous savons tous que l’amour de Dieu pour l’homme est fidèle et éternel : “ Je t'ai aimé d'un amour éternel ”, dit Dieu à l’homme (Jr 31, 3). Les Vierges consacrées nous témoignent que même nous, nous pouvons vivre la vocation à l’amour de Dieu qui est lumière, bonheur, et épanouissement de la vie ici-bas et pour l’éternité.

Lecture Patristique

Saint Thomas d’Aquin
Ev. sec. Ioan., 1, 15, 1 s.

C’est maintenant le contenu du témoignage du Baptiste qui nous est exposé. Par ces paroles, non seulement il montre le Christ, mais il admire sa puissance. Isaïe avait dit: Il sera appelé l’Admirable. Et vraiment Il est d’une puissance admirable, cet Agneau qui, égorgé, tua le lion, ce lion dont il est dit: Votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Aussi ce même Agneau a-t-il mérité d’être appelé Lion vainqueur et glorieux — Il a vaincu, le Lion de la tribu de Juda.

Jean donne brièvement son témoignage: VOICI L’AGNEAU DE DIEU, soit parce que les disciples à qui il présentait ce témoignage étaient déjà suffisamment informés sur le Christ par tout ce qu’ils avaient entendu de Jean, soit encore parce que cela fait bien comprendre toute l’intention de Jean, qui était uniquement d’amener ses disciples au Christ. Et Jean ne leur dit pas: "Allez à Lui", pour que ses disciples ne paraissent pas faire une grâce au Christ en Le suivant, mais il met en lumière la grâce du Christ comme un bienfait pour eux s’ils Le suivent. C’est pourquoi il dit VOICI L’AGNEAU DE DIEU, c’est-à-dire voici Celui en qui est la grâce, et la puissance purificatrice des péchés. On offrait en effet un agneau en sacrifice pour les péchés, comme le dit l’Écriture

LES DEUX DISCIPLES L’ENTENDIRENT PARLER AINSI, ET ILS SUIVIRENT JESUS. JESUS SE RETOURNA, LES VIT QUI LE SUIVAIENT ET LEUR DIT: "QUE CHERCHEZ-VOUS?" ILS LUI REPON DIRENT: "RABBI (CE QUI SIGNIFIE MAITRE), OU HABITES-TU?"" VENEZ ET VOYEZ", LEUR DIT-IL. ILS VINRENT DONC ET VIRENT OU IL DEMEURAIT, ET ILS DEMEURERENT AUPRES DE LUI CE JOUR LA. C’ETAIT ENVIRON LA DIXIEME HEURE.

L’Évangéliste rapporte ici le fruit de ce témoignage. Il expose en premier lieu le fruit du témoignage de Jean et de ses disciples, ensuite celui de la prédication du Christ. Le premier point comporte deux parties. Dans la première, l’Évangéliste expose le fruit du témoignage de Jean, dans la seconde celui de la prédication d’un de ses disciples. Au sujet du fruit provenant du témoignage de Jean, l’Évangéliste indique d’abord sa formation première, puis son achèvement par le Christ.

L’Évangéliste dit d’abord: LES DEUX DISCIPLES qui étaient avec Jean L’ENTENDIRENT qui disait: VOICI L’AGNEAU DE DIEU, et ILS SUIVIRENT JESUS — littéralement: ils s’en allèrent avec Lui.

A ce sujet on peut faire, selon Chrysostome3, quatre remarques.

Voici la première: Jean parle, le Christ se tait, et c’est à la parole de Jean que ses disciples se rassemblent autour du Christ. Cela correspond à un mystère. Le Christ est en effet l’époux de l’Église; Jean, l’ami de l’époux et son paranymphe. Le rôle du paranymphe est de remettre l’épouse à l’époux et, avec les paroles voulues, de livrer la dot. Il revient à l’époux de se taire, comme par réserve, mais, une fois qu’il a reçu l’épouse, de disposer d’elle comme il le veut. Ainsi Jean remet au Christ les disciples qui Lui sont fiancés par la foi. Jean parle, le Christ se tait; mais après les avoir reçus, Il les instruit avec soin.

La seconde remarque est celle-ci: lorsque Jean sou lignait la dignité du Christ en disant: Il existait avant moi, et moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure4, personne ne s’est converti. Mais quand il a parlé des abaissements du Christ et du mystère de l’Incarnation, alors ses disciples ont suivi Jésus. Car les abaissements du Christ, ce qu’Il a souffert pour nous, nous émeuvent davantage. En ce sens on lit dans le Cantique des Cantiques: Ton nom est une huile répandue5. Il s’agit de la miséricorde avec laquelle Il a procuré le salut des hommes; aussi l’Écriture ajoute-t-elle aussitôt: Les jeunes filles t’aiment.

La troisième remarque de Chrysostome est la suivante. La parole de la prédication est comme une semence qui tombe en diverses terres. Dans l’une elle fructifie, dans l’autre, non. Ainsi, lorsque Jean prêche, il ne convertit pas au Christ tous ses disciples mais deux seulement, ceux qui étaient bien disposés. La jalousie, au contraire, anime les autres contre le Christ; aussi soulèvent-ils à son endroit une accusation: Pourquoi, tandis que les Pharisiens et nous, nous jeûnons souvent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?6

Dernière remarque: ayant entendu son témoignage, les disciples de Jean ne se permirent pas de parler sur-le-champ à Jésus, mais pleins à la fois d’ardeur et de retenue, ils cherchèrent à s’entretenir avec Lui en particulier dans un endroit retiré — Il y a en effet pour toute chose un temps et un jugement.

1 Cf. Le catéchisme de l’Église catholique, IIIe Partie, art.2

2 Pape François, Les vocations comme témoignages de la Vérité, 14 mai 2014.Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.

3 Ioannem hom., 18, PG 59, col. 115-118.

4 Jean 1, 27.

5 Ct 1, 3.

6 Mt 9, 14.

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Entretien


Ecologie: Espérons plus de courage à Paris qu'à Lima, dit le pape François
L'homme gifle continuellement la nature et elle ne pardonne pas!

Anita Bourdin

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - L'homme gifle continuellement la nature: elle ne pardonne pas! Après la tempête tropicale qui a contraint le pape François à rentrer à Manille avec quatre heures d'avance sur son emploi du temps sur l'île de Leyte, à Tacloban, ce samedi 17 janvier, nous saisissons l'occasion pour publier ses réponses à des questions sur les changements climatiques dans l'avion Colombo-Manille, le 15 janvier. 

Le pape confirme que son encyclique pourrait être publiée au début de l'été, de façon à ce qu'elle apporte une vraie contribution à la conférence de Paris: il se dit déçu par les résultats de Lima 2014 et espère plus de courage à Paris.

La France présidera en effet la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015. "Cette échéance est cruciale : elle doit aboutir à l’adoption d’un premier accord universel et contraignant sur le climat pour maintenir la température globale en deçà de 2°C", indique le ministère français.

La conférence aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015. La France a choisi de l’organiser à Paris, sur le site Paris-le Bourget. Entre 20 000 et 25 000 personnes sont attendues pour la conférence elle-même, plus de 40 000 au total.

A.B.

Est-ce que ces bouleversements sont le fait de la nature ou de l'homme?

Je ne sais pas si c’est pour tout, mais en grande partie, c’est l’homme qui donne des gifles à la nature , continuellement. Nous nous sommes un peu approprié la nature, de notre soeur la terre. Je me souviens - vous avez déjà entendu cela - d'un vieux paysan m’a dit un jour: "Dieu pardonne toujours, nous, les hommes nous pardonnons parfois, la nature ne pardonne jamais." Si tu la gifles, elle le fait aussi. Je crois que nous avons trop exploitée la nature: la déforestation par exemple. Je me souviens qu’à Aparecida, je ne comprenais pas bien le problème quand j’entendais les évêques du Brésil parler de la déforestation de l’Amazonie, je n'arrivais pas à bien comprendre. L'Amazonie est un poumon du monde. Puis, il y a cinq ans, avec une commission pour les droits humains, j’ai présenté un recours devant la Cour suprême de l'Argentine pour arrêter, au moins de façon temporaire, une déforestation terrible dans le nord du pays, à Salta, Tartagal. C'est un aspect. Et puis, il y a la monoculture. Les paysans, par exemple, savent que si tu cultives du blé pendant trois ans, tu dois ensuite t'arrêter et faire une autre culture pendant un-deux ans, pour refaire les nitrates de la terre, pour que la terre se régénère. Par exemple, aujourd'hui, chez nous, on ne cultive que le soja et on fait du sida jusqu'à ce que la terre s'épuise. Tous ne font pas cela. Mais c'est un exemple, il y en a beaucoup d'autres. Je crois que l’homme est allé trop loin. 

Grâce à Dieu il y a aujourd'hui des voix, très nombreuses, qui parlent de cela. Je voudrais rappeler ici mon frère bienaimé, Bartholomaios qui prêche beaucoup sur ce thème depuis des années et je l’ai beaucoup lu pour préparer l’encyclique. Je peux revenir là-dessus mais je ne veux pas être long. Je dirais seulement ceci: Guardini explique cela assez bien. Il dit que la seconde « inculture » est mauvaise. La première, c'est l'« inculture » que nous recevons par la création, pour la faire « culture ». Mais quand tu t’appropries trop la création et que tu dépasse une limite, et cette culture se retourne contre toi. Pensons à Hiroshima. On crée une deuxième « inculture ».

Votre encyclique sur l'écologie?

C’est le cardinal Turkson, avec son équipe, qui a préparé une première mouture de l'encyclique. Ensuite, j’y ai travaillé moi-même avec l'aide de certains. Puis, avec des théologiens, j'ai fait la troisième version,  et maintenant j’ai préparé la troisième version et j'en ai envoyé une copie à la Congrégation pour la doctrine de la foi, à deuxième section de la Secrétairerie d’État et au théologien de la Maison pontificale, pour qu’ils vérifient bien que je ne dise pas de "bêtises". Il y a trois semaines, j'ai reçu leurs réponses, certaines grandes comme cela, mais toutes constructives. Et maintenant, je prendrai une semaine entière, en mars, pour l'achever. Je crois que fin mars elle sera finie et elle partira pour les traductions. Je pense que, si le travail de traduction avance bien - Mgr Becciu est en train de m'écouter, il doit faciliter cela - sit tout va bien, elle pourrait sortir en juin-juillet. L'important c'est qu'il y ait un délai entre la sortie de l'encyclique et la rencontre de Paris, pour y être une contribution. La rencontre du Pérou n'a pas été terrible. Le manque de courage m'a déçu: à un certain moment, ils se sont arrêtés. Espérons qu'à Paris les représentants seront plus courageux et qu'ils avanceront sur cette question.

Vous allez interroger les autres religions sur ce thème?

Pas encore dans l'encyclique. Je crois que le dialogue avec les religions est important sur cette question. les autres religions ont une bonne façon de voir. Sur ce point aussi, nous sommes d'accord pour avoir une  même vision. De fait, j’ai parlé avec certains représentants des autres religions sur ce thème et je sais que le cardinal Turkson l'a fait, et au moins deux théologiens l’ont fait : voilà l'itinéraire. Mais il n’y aura pas de déclaration commune. Les rencontres viendront ensuite.

Traduction d'Anita Bourdin et Constance Roques

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Haïti : reconstruire les personnes après le séisme
Retour de Mgr Dal Toso sur le congrès du Vatican

Antonio Gaspari

ROME, 12 janvier 2015 (Zenit.org) - Pour reconstruire Haïti après le séisme de janvier 2010, « il est nécessaire de reconstruire la personne. Et l’Église sait qu’elle peut donner sur ce plan une contribution énorme, à travers son œuvre d’évangélisation », affirme Mgr Dal Toso.

Plus de 150 personnes ont participé au congrès « La communion de l’Église : Mémoire et espérance pour Haïti, cinq ans après le tremblement de terre » qui a eu lieu au Vatican le 10 janvier 2015.

Voulue par le pape, qui a rencontré les participants, la rencontre était organisée par le Conseil pontifical Cor Unum - dicastère "de la charité du pape" - et par la Commission pontificale pour l’Amérique latine, cinq ans après le séisme qui avait dévasté le pays, faisant plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris.

Mgr Giampietro Dal Toso, secrétaire du Conseil pontifical « Cor Unum », explique aux lecteurs de Zenit les objectifs de cet événement et dresse un bilan des besoins actuels : « Le problème principal reste une forme de faiblesse enracinée dans le pays, qui n’est pas simplement la pauvreté, et qui se manifeste à différents niveaux de la vie sociale, économique et politique. En outre, la grande partie des édifices publics n’a pas encore été reconstruite. On manque encore des services essentiels et il est nécessaire de renforcer le réseau sanitaire et éducatif dans le pays. »

Il souligne aussi les actions « positives » : « un bon nombre de projets après-tremblement de terre ont été menés à terme et l’Église catholique a encore environ deux cents projets à réaliser. Soixante-dix sont en cours d’exécution et concernent la construction d’églises, de chapelles ou d’écoles, ainsi que d’autres édifices qui hébergent des activités de service gérées par l’Église ».

Zenit – Pourquoi cette rencontre ?

Mgr Giampietro Dal Toso – La Conférence a plusieurs objectifs. Tout d’abord parce que, cinq ans après un tremblement de terre comme celui qui a touché Haïti en 2010, dévastant une île déjà très pauvre, faisant environ 230.000 morts et laissant plus d’1,2 million de personnes sans maison, il a semblé à l’Église catholique que c’était son devoir de vérifier ce qui a été fait et ce qui reste à faire en vue de la reconstruction du pays.

En second lieu, parce que la situation est encore très précaire pendant cette phase de reconstruction et qu’il est important que l’Église catholique, mais je dirais aussi la communauté internationale, témoigne sa proximité aux personnes qui souffrent, comme c’est le cas du peuple haïtien.

Enfin, même si cette dernière raison est à l’origine de tout, c’est le pape en premier qui a accueilli cette proposition et demandé que l’on trouve un moment pour partager et relancer l’attention sur une crise qui n’est pas encore résolue.

Qui étaient les participants ?

Nous avons tous été positivement impressionnés par l’intérêt et la volonté de participation avec lesquels cette initiative a été accueillie. Que l’on pense simplement aux cent-cinquante personnes présentes, un chiffre qui dépasse de beaucoup ce que nous espérions. Il y avait des représentants du Saint-Siège, de nombreuses organisations caritatives catholiques et des congrégations religieuses actives sur l’île, des représentants de plusieurs conférences épiscopales plus impliquées, et bien sûr l’Église locale.

Parmi les interventions, nous avons eu les rapports préliminaires du cardinal Robert Sarah qui a suivi, en tant que président de « Cor Unum », pratiquement toute la phase de l’après-tremblement de terre ; du cardinal Ouellet, président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine qui a organisé cette journée avec « Cor Unum ». Et naturellement, du cardinal Chibly Langlois, évêque de Les Cayes et président de la Conférence épiscopale haïtienne. Mais beaucoup de personnes qui agissent directement dans le contexte de la crise ont aussi pris la parole : Alberto Piatti, président de AVSI, Eduardo Marques de Almeida, ancien représentant de la Banque inter-américaine du développement à Haïti, et enfin plusieurs acteurs qui ont apporté leurs témoignages et leurs expériences dans l’après-midi.

Quels sont les problèmes actuels ?

Le problème principal, aujourd’hui, reste une forme de faiblesse enracinée dans le pays, qui n’est pas simplement la pauvreté, et qui se manifeste à différents niveaux de la vie sociale, économique et politique. En outre, la grande partie des édifices publics n’a pas encore été reconstruite. On manque encore des services essentiels et il est nécessaire de renforcer le réseau sanitaire et éducatif dans le pays. Mais il y a beaucoup de choses positives : un bon nombre de projets après-tremblement de terre ont été menés à terme et l’Église catholique a encore environ deux cents projets à réaliser. Soixante-dix sont en cours d’exécution et concernent la construction d’églises, de chapelles ou d’écoles, ainsi que d’autres édifices qui hébergent des activités de service gérées par l’Église.

Quelles sont les solutions que veut apporter cette conférence ?

Notre but doit toujours être d’apporter de l’aide de la manière la plus rapide et efficace possible. En nous rappelant, cependant, que l’Église n’agit pas selon les critères de l’efficacité ou des intérêts économiques ou encore de l’assistanat ou de la pure solidarité : l’Église œuvre selon la charité du Christ, en encourageant le développement intégral de l’homme, qui va donc des aspects matériels aux aspects spirituels. Pour reconstruire le pays, il est nécessaire de reconstruire la personne et l’Église sait qu’elle peut donner sur ce plan une contribution énorme, justement à travers son œuvre d’évangélisation. En outre, en plus des belles formes de collaboration qui existent déjà, nous espérons que cette réunion stimulera la communion ecclésiale entre tous les différents sujets ecclésiaux, évêques, organismes d’entraide, congrégations religieuses, afin que notre action soit encore plus efficace. C’est ce qu’a dit le pape François en octobre dernier : « Quand l’Église s’exprime dans la communion, elle ne peut pas se tromper ».

Quelle est la stratégie de Cor Unum en matière d’aides économiques, et sur le plan social et spirituel ?

Cor Unum est le dicastère du Saint-Siège dédié au service de la charité. Depuis sa naissance, en 1971 sur la volonté de Paul VI, son objectif a été et est encore de promouvoir le développement humain intégral. La destination des aides doit donc toujours aller de pair avec les aspects de l’économie durable et de la pleine maturation de la personne. En un mot, je dirais que la stratégie de Cor Unum est la promotion de l’homme en tant qu’enfant de Dieu, de sa pleine prise de conscience et de sa maturation dans la liberté.

Pouvez-vous donner des exemples de l’aide apportée à Haïti ?

Dans le cas d’Haïti, nous avons vu une grande générosité de la part de toute l’Église. En tant que dicastère, au nom du Saint-Père, nous avons choisi de financer deux écoles. L’une d’elles a été récemment inaugurée par notre président émérite, le cardinal Robert Sarah, en novembre dernier. Pour nous, c’est un signe important, non seulement parce qu’une grande partie du système scolaire de Haïti est géré par l’Église catholique, mais pour redire combien la formation de la personne est fondamentale pour reconstruire le tissu du pays. Et je dois dire aussi notre profonde gratitude à l’égard des très nombreux fidèles qui, que ce soit par une petite ou une grande offrande, ou par leur activité après le tremblement de terre, ont apporté leur contribution pour leurs frères de Haïti.

Traduction de Constance Roques

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International


La prière, ressource fondamentale pour la mission, par le P. Nicolas sj
La recréation de l'Apostolat de la Prière

Marina Droujinina

ROME, 17 janvier 2015 (Zenit.org) - La prière constitue une « ressource fondamentale pour notre mission apostolique et notre force personnelle », écrit le Supérieur général de la Compagnie de Jésus Adolfo Nicolas, à propos du renouveau du mouvement de l’Apostolat de la prière. Une prière « centrée sur la mission et le contact direct avec le monde qui nous entoure», précise-t-il.

Le P. Nicolas a en effet adressé une lettre« aux Pères et aux Frères » de la Compagnie sur l’Apostolat de la prière, en date du 3 janvier 2015, fête du Saint Nom de Jésus, si importante pour la Compagnie, comme le signifient les églises des jésuites consacrées du Nom de Jésus, comme le « Gesù » à Rome.

Il s’agit, dit-il, de « récupérer la richesse des débuts, depuis quelques années, j'ai proposé aux responsables de l'Apostolat de la Prière de commencer un processus de recréation ce de ce service ecclésial ». 

L’Apostolat de la prière représente en effet « un réseau global de prière pour les besoins de l'Eglise et du monde ».

«Le document qui énonce la nouvelle proposition, et qui a reçu l’approbation du Pape, s’intitule « Un chemin avec Jésus, dans une disponibilité apostolique », et le Père Frédéric Fornos, « délégué pour ce service de l’Église Universelle, contactera prochainement les Provinciaux et les Délégués de l’Apostolat de la Prière pour leur faire connaître les nouvelles propositions et les promouvoir au sein de la Compagnie »,  annonce le Père Nicolas.

Il y rappelle « l’engagement de la Compagnie avec l’Apostolat de la Prière », ce mouvement de prière ecclésial « né il y a 170 ans au sein de la Compagnie avec un profond sens missionnaire, intimement uni à la prière pour les intentions du Pape ».

Il y a quelques années, le Père Nicolas a proposé « de commencer un processus de recréation ce de ce service ecclésial ». Le Supérieur Général a remercié de nombreuses personnes qui ont participé à cette tâche « en y dédiant temps et efforts, consultations et espérances, afin que ce renouvellement puisse aboutir ».

Le Père Nicolas a voulu attirer l’attention des confrères sur deux points particuliers : « la    nomination de jésuites aptes à accompagner le processus de recréation de l’Apostolat de la Prière  dans leur Province respective et une attention pour le Mouvement Eucharistique des Jeunes ».

Le Supérieur général a souligné que «  la recréation de l’Apostolat de la Prière sera le fruit d’un long processus », lié avec une conversion personnelle de chaque personne impliquée.

« Sa grande validité c’est, précisément, qu’il s’agit d’une façon simple, efficace et renouvelée, d’offrir toute sa vie au Seigneur avec une dimension missionnaire et apostolique. C’est une façon simple de mettre en pratique le « sentire cum Ecclesia », en priant pour les attentes du cœur du monde, avec ses joies et ses souffrances, en faisant de la prière un service et en accompagnant jour après jour tous ceux qui œuvrent pour ces défis », a-t-il conclu.

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Terre Sainte : le fondement de la paix, c'est la dignité humaine
Déclaration de la Coordination des Conférences épiscopales pour le soutien de l'Eglise en Terre Sainte

Marina Droujinina

ROME, 16 janvier 2015 (Zenit.org) - Le fondement de la paix, c’est le respect de la dignité humaine, déclarent les évêques catholiques de la Coordination des Conférences épiscopales pour le soutien de l'Eglise en Terre Sainte, 15 janvier 2015. Ils disent leur  admiration pour la petite communauté chrétienne de Gaza.

Les évêques de la Coordination des conférences épiscopales pour le soutien de l’Église en Terre Sainte représentent seize pays européens et le continent américain. La déclaration, en date du 15 janvier, a été publiée par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE).

Les évêques font état d’une situation désastreuse dans la Bande de Gaza et ils appellent les leaders politiques de « défendre la dignité humaine de la population ».

Déplorant les projets de la construction du mur dans la vallée de Cremisan et l'expansion du programme d’implantations à Hébron, les évêques invitent « fortement les autorités publiques à faire preuve de créativité, à adopter de nouvelles approches pour construire des ponts et non pas des murs ».

Ils lancent un appel à tous les chrétiens à prier « pour les juifs, pour les chrétiens et pour les musulmans de cette Terre que nous appelons Sainte ».

« La paix deviendra une réalité seulement lorsque toutes les parties respecteront le fait que la Terre Sainte est sacrée pour trois religions et qu’elle est la demeure de deux peuples », estiment ces évêques.

« Le conflit en cours porte atteinte à la dignité des palestiniens et des israéliens, maisnotre engagement pour les pauvres nous pousse à soutenir surtout les personnes souffrantes de Gaza », souligne la Déclaration.  La poursuite du blocus « alimente le désespoir » dans cette région de la Terre Sainte où plusieurs milliers de personnes n’ayant pas de logement ni du travail « glissent vers la pauvreté la plus extrême ».

Les auteurs de la Déclaration expriment leur admiration pour « une petite communauté chrétienne » de Gaza qui fait « preuve d'une foi immense ». Les Sœurs du Carmel de Bethléem, les Sœurs du Saint Rosaire dont la cofondatrice Marie-Alphonsine sera canonisée cette année par le pape François, les instituteurs de « l'école « Sainte famille » où musulmans et chrétiens étudient et jouent ensemble en harmonie », « exercent un ministère prophétique d'éducation », souligne le document. 

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Documents


Le Sri Lanka résolu à avancer sur le chemin de la réconciliation
Allocution de l'archevêque de Colombo (texte intégral)

Cardinal Malcolm Ranjith

ROME, 14 janvier 2015 (Zenit.org) - Le cardinal Ranjith remercie le pape François de sa visite, de la canonisation du premier saint, venu de l'Inde, et il demande sa bénédiction pour que le pays progresse sur le chemin de la "réconciliation", de la "confiance" et de la "réciprocité".

Au terme de la messe de canonisation de saint Joseph Vaz, ce mercredi matin, 14 janvier, à Colombo (Sri Lanka), le pape a été salué par les paroles du cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de la capitale du Sri Lanka. 

Il a été interrompu par des applaudissements quand il a exprimé "le profond respect et amour" des Sri-Lankais pour le pape François, et trois fois quand il l'a remercié pour le don de saint Joseph Vaz comme premier saint du pays, venu de l'Inde, "fierté de Goa et pierre précieuse pour le Sri Lanka": "nous remercions Goa pour le don précieux de son fils".

"Notre nation est bénie par les enseignements des grandes religions du monde : le bouddhisme, l’hindouisme, l’islam et le christianisme. Elle possède la force et la noblesse morales et spirituelles nécessaires pour générer une telle paix, mais nous aurons tous besoin de faire ce saut en direction de l’autre dans un esprit sincère de réconciliation, de confiance et de réciprocité. Saint-Père, bénissez-nous dans cette résolution", a déclaré le cardinal Ranjith. 

A.B.

Discours du cardinal Ranjith

Très Saint Père,

C’est avec une grande joie et des sentiments d’affection filiale que nous, citoyens du Sri Lanka et membres de l’Église catholique, nous vous accueillons aujourd’hui parmi nous. Je suis certain que vous avez déjà pu faire l’expérience de la foi simple et sincère de notre peuple ainsi que de la loyauté et du respect pleins d’amour avec lesquels ils vous ont entouré dès que Votre Sainteté a touché notre terre. Je dois dire à ce sujet que, à l’instar des millions d’admirateurs que vous avez dans le monde, notre peuple, les Srilankais - quelle que soit leur religion, leur race, leur origine sociale ou leur couleur - ont accueilli avec un respect et un amour profonds votre visite pastorale sur notre belle petite île.

Plus encore, en plus du cadeau de votre présence sur cette terre, vous nous avez fait le don d’un saint : saint Joseph Vaz. Ce cadeau nous rend vraiment heureux, car le Sri Lanka a désormais son propre saint, fierté de Goa et pierre précieuse de Dieu pour le Sri Lanka.

Nous vous remercions pour ce don si précieux de celui dont la vie et le service ici, dans son pays adoptif, a sauvé la foi des catholiques pendant une période difficile et douloureuse de leur histoire et a laissé l’héritage durable de l’amour infini de Dieu pour nous. Dieu a réellement inspiré à ce saint homme d’abandonner sa patrie et son peuple bienaimés pour se lancer dans l’inconnu, comme Abraham, et venir tout seul raviver la foi de nos ancêtres. Nous remercions l’Église de Goa pour ce précieux cadeau qu’elle nous a fait de son fils. Ils sont nombreux aujourd’hui, en fait, ceux de  cette Église vivante qui nous ont rejoints avec leur patriarche et nous les accueillons d’un cœur reconnaissant.

Votre Sainteté, comme vous l’avez indiqué dans le discours que vous nous avez adressé le 8 février de l’an dernier, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, le Sri Lanka est « appelé la Perle de l’Océan indien en raison de sa beauté naturelle et de sa forme, une perle en forme de larme ». Et en effet, vous l’avez aussi mentionné, les perles sont cultivées à partir de la larme d’une huitre.

Dans un passé récent, nous avons versé beaucoup de larmes à cause du conflit interne qui a fait tant de victimes et épuisé nos ressources. Nous luttons encore pour nous relever de ce triste passé et pour entrer dans une période de véritable réconciliation, de paix et de progrès pour notre peuple. C’est un chemin difficile. Nous avons besoin de vos prières et de vos bénédictions ainsi que de votre direction paternelle. En cette occasion, c’est vrai, vous nous aviez promis votre prière et nous vous en remercions. Nous vous demandons de bien vouloir nous aider dans cette quête – pour une vraie guérison des cœurs, avec la force de nous demander mutuellement pardon pour la violence insensée qui s’est alors déchaînée, pour pardonner et oublier ce triste passé afin d’entrer dans un processus d’échange qui construira des ponts de compréhension entre les parties blessées dans le conflit. Nous sommes encore loin du but. Nous espérons et nous prions afin que votre auguste personne, qui nous enseigne les voies sublimes de la religion pour surmonter ces obstacles, nous aide à nous rapprocher les uns des autres. Nous demandons à notre bienaimé saint Joseph Vaz d’intercéder pour nous au ciel afin que le Sri Lanka soit capable d’accomplir bientôt le miracle de la paix et d’atteindre son objectif : le progrès et le bonheur véritable de son peuple tout entier, sans distinction aucune.

Saint-Père, notre nation est bénie par les enseignements des grandes religions du monde : le bouddhisme, l’hindouisme, l’islam et le christianisme. Elle possède la force et la noblesse morales et spirituelles nécessaires pour générer une telle paix, mais nous aurons tous besoin de faire ce saut en direction de l’autre dans un esprit sincère de réconciliation, de confiance et de réciprocité. Saint-Père, bénissez-nous dans cette résolution. Nous vous remercions pour votre présence parmi nous et vous demandons d’accorder votre bénédiction paternelle et apostolique au Sri Lanka, notre belle patrie bien-aimée, et à tout son peuple.

Merci.

© Traduction de l'anglais: Zenit, Constance Roques

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