Tin Ngoại Ngữ

Lettre du pape à Bachar Al-Assad : plaidoyer pour la population, les prisonniers politiques, le dialogue

L’éclairage du cardinal Parolin

Dans sa lettre au président syrien Bachar Al-Assad, le pape François s’inquiète pour la population désarmée dans la région d’Idlib, et plaide pour le retour des réfugiés et la libération des prisonniers politiques. Il appelle aussi à la reprise du dialogue pour une solution politique, explique le cardinal Pietro Parolin ce 22 juillet 2019.

Dans un entretien aux médias du Vatican réalisé par le directeur éditorial du Dicastère pour la communication Andrea Tornielli, le secrétaire d’Etat explique que cette lettre s’enracine dans « la préoccupation du pape François et du Saint-Siège pour la situation d’urgence humanitaire en Syrie, en particulier dans la province d’Idlib », où les bombardements aériens se poursuivent contre les rebelles.

Plus de 3 millions de personnes, dont 1.3 millions de déplacés internes, vivent dans cette région qui était déclarée démilitarisée l’année dernière. La récente offensive militaire s’est ajoutée aux conditions de vie extrêmes des camps : « La guerre continue malheureusement, déplore le cardinal Parolin, elle ne s’est pas arrêtée, les bombardements continuent, plusieurs structures de santé ont été détruites dans cette zone, tandis que beaucoup ont dû interrompre leur activité partiellement ou en totalité. »

« Le pape suit avec appréhension et avec grande douleur le sort dramatique des populations civiles, surtout des enfants qui sont impliqués dans les combats sanglants », relate le « numéro 2 » du Vatican. Dans cette lettre, il « renouvelle son appel afin que la vie des civils soit protégée et que les principales infrastructures soient préservées, comme les écoles, les hôpitaux et les structures de santé ».

« Vraiment ce qui est en train d’arriver est inhumain et ne peut pas être accepté », insiste le secrétaire d’Etat. Le pape « demande au président de faire tout son possible pour arrêter cette catastrophe humanitaire, pour la protection de la population sans défense, en particulier des plus faibles, dans le respect du Droit humanitaire international. »

Pour la réconciliation

Le pape utilise trois fois le mot ‘réconciliation’, indique le cardinal Parolin : « c’est son objectif, pour le bien de ce pays et de sa population sans défense ». Ainsi il encourage le président Bachar Al-Assad à poser « des gestes significatifs dans ce processus de réconciliation plus que jamais urgent : il cite par exemple les conditions pour un retour en sécurité des exilés et des déplacés internes et pour tous ceux qui veulent revenir dans leur pays après avoir été contraints de l’abandonner ».

Le pape demande aussi la libération des détenus et l’accès des familles aux informations sur leurs proches. La situation des prisonniers politiques lui « tient à coeur », confie le secrétaire d’Etat : en mars 2018, l’Independent International Commission of Inquiry on the Syrian Arab Republic a publié un rapport à ce sujet, parlant de dizaines de milliers de personnes détenues arbitrairement. Des prisonniers non officiels, détenus dans des lieux inconnus, subiraient des tortures sans assistance légale ni contact avec leurs familles. Nombreux parmi eux meurent en prison, ou sont sommairement exécutés.

Pour le pape et le Saint-Siège, il s’agit de chercher « une solution politique praticable pour mettre fin au conflit, en dépassant les intérêts de partis » : « cela doit être fait avec les instruments de la diplomatie, du dialogue, de la négociation, avec l’assistance de la communauté internationale », car « la guerre appelle la guerre et la violence appelle la violence », comme le pape le répète dans cette lettre.

Le cardinal Parolin exprime aussi la préoccupation du Saint-Siège pour le blocage des négociations de Genève : « Dans la lettre envoyée au président Assad, le pape l’encourage à montrer de la bonne volonté et à s’employer pour chercher des solutions praticables en mettant fin à un conflit qui dure depuis trop longtemps et qui a provoqué la perte d’un grand nombre de vies innocentes. »

La lettre du pape, datée du 28 juin 2019, a été remise au chef d’Etat par le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, à Damas.

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