Tin Ngoại Ngữ

Ouverture du Synode sur l’Amazonie : le pape recommande la « prudence audacieuse »

Un feu sur la terre (Homélie intégrale)

La « prudence audacieuse » : c’est ce que recommande le pape François aux 184 Pères synodaux, en ouvrant le Synode des évêques sur l’Amazonie, ce 6 octobre 2019. Il s’agit de vivre « un amour brûlant envers Dieu et envers nos frères », car « Jésus n’est pas venu apporter la brise du soir, mais un feu sur la terre ».

« Nous sommes évêques, parce que nous avons reçu un don de Dieu, a souligné le pape dans son homélie, lors de la messe en la basilique Saint-Pierre. Nous n’avons pas signé un accord, nous n’avons pas reçu en main un contrat de travail, mais l’imposition des mains, pour être à notre tour des mains levées qui intercèdent auprès du Seigneur et des mains tendues à nos frères. »

Il a appelé a entretenir le « feu de la mission », sans rester « immobile » ni « laisser les choses aller sans agir ». La prudence, a-t-il expliqué, « ce n’est pas l’indécision, ce n’est pas une attitude défensive. C’est la vertu du Pasteur qui, pour servir avec sagesse, sait discerner, est sensible à la nouveauté de l’Esprit. »

Durant cette célébration à laquelle participaient des représentants de peuples indigènes en habits traditionnels, le pape a aussi mis en garde contre « l’avidité des nouveaux colonialismes » : « Le feu allumé par des intérêts qui détruisent, comme celui qui a récemment dévasté l’Amazonie, n’est pas celui de l’Évangile. Le feu de Dieu est une chaleur qui attire et rassemble dans l’unité. Il se nourrit de partage, non de profits. »

« On sert l’Évangile non pas avec la puissance du monde, mais avec la seule force de Dieu, a-t-il affirmé en conclusion : en restant toujours dans l’amour humble, en croyant que l’unique manière de posséder vraiment la vie, c’est de la perdre par amour. »

Homélie du pape François

L’Apôtre Paul, le plus grand missionnaire de l’histoire de l’Église, nous aide à ‘‘faire Synode’’, à ‘‘marcher ensemble’’ : ce qu’il écrit à Timothée semble adressé à nous, Pasteurs au service du peuple de Dieu.

D’abord, il dit : « Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains » (2 Tm 1, 6). Nous sommes évêques, parce que nous avons reçu un don de Dieu. Nous n’avons pas signé un accord, nous n’avons pas reçu en main un contrat de travail, mais l’imposition des mains, pour être à notre tour des mains levées qui intercèdent auprès du Seigneur et des mains tendues à nos frères. Nous avons reçu un don pour être des dons. Un don ne s’achète pas, ne s’échange pas et ne se vend pas : on le reçoit et on l’offre. Si nous nous l’approprions, si nous nous mettons au centre et ne mettons pas au centre le don, en tant que Pasteurs nous devenons des fonctionnaires : nous faisons du don une fonction et la gratuité disparaît, et ainsi nous finissons par servir nous-mêmes et par nous servir de l’Église. Notre vie, au contraire, en raison du don reçu, est pour servir. L’Évangile, qui parle de ‘‘serviteurs inutiles’’ (Lc 17, 10), le rappelle : une expression qui peut signifier aussi ‘‘serviteurs sans profit’’. Cela signifie que nous n’agissons pas pour obtenir un profit, un gain personnel, mais parce que nous avons reçu gratuitement et donnons gratuitement (cf. Mt 10, 8). Notre joie sera toute dans le service, car nous avons été servis par Dieu, qui s’est fait notre serviteur. Chers frères, ayons conscience d’être appelés ici pour servir en mettant au centre le don de Dieu !

Pour que nous soyons fidèles à cet appel que nous avons reçu, à notre mission, saint Paul nous rappelle que le don doit être ravivé. Le verbe qu’il utilise est intéressant : raviver, littéralement, c’est ‘‘donner vie à un feu’’ [anazopurein]. Le don que nous avons reçu est un feu, c’est un amour brûlant envers Dieu et envers nos frères. Le feu ne s’entretient pas tout seul, il meurt s’il n’est pas maintenu en vie, il s’éteint s’il est recouvert de cendre. Si tout reste immobile, si ce qui rythme nos jours, c’est le ‘‘on a toujours fait comme ça’’, le don disparaît, suffoqué par les cendres des craintes et par la préoccupation de défendre le status quo. Mais « en aucune façon, l’Église ne peut se limiter à une pastorale de l’‘‘entretien’’ en faveur de ceux qui connaissent déjà l’Évangile du Christ. L’élan missionnaire est un signe clair de la maturité d’une communauté ecclésiale » (Benoît XVI, Exhort. ap. Post-syn. Verbum Domini, n. 95). Jésus n’est pas venu apporter la brise du soir, mais un feu sur la terre.

Le feu qui ravive le don, c’est l’Esprit Saint, qui donne la vie. C’est pourquoi saint Paul poursuit : « Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous » (2 Tm 1, 14). Et encore : « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération » (v. 7). Ce n’est pas un esprit de timidité, mais de prudence : Paul oppose la prudence à la timidité. En quoi consiste alors cette prudence de l’Esprit ? Comme l’enseigne le Catéchisme, la prudence « ne se confond ni avec la timidité ou la peur » mais elle « est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir » (n. 1806). La prudence, ce n’est pas l’indécision, ce n’est pas une attitude défensive. C’est la vertu du Pasteur qui, pour servir avec sagesse, sait discerner, est sensible à la nouveauté de l’Esprit. Alors, raviver le don dans le feu de l’Esprit, c’est le contraire du fait de laisser les choses aller sans agir. Et être fidèle à la nouveauté de l’Esprit, c’est une grâce que nous devons demander dans la prière.

Lui, qui fait toutes choses nouvelles, qu’il nous donne sa prudence audacieuse ; qu’il inspire notre Synode pour qu’il renouvelle les chemins pour l’Église en Amazonie, afin que ne s’éteigne pas le feu de la mission.

Le feu de Dieu, comme dans l’épisode du buisson ardent, brûle mais ne se consume pas (cf. Ex 3, 2). C’est un feu d’amour qui éclaire, réchauffe et donne vie, ce n’est pas un feu qui embrase et dévore. Quand les peuples et les cultures s’anéantissent sans amour et sans respect, ce n’est pas le feu de Dieu, mais le feu du monde. Et pourtant, que de fois le don de Dieu au lieu d’être offert est-il imposé, que de fois y a-t-il eu colonisation au lieu d’évangélisation ! Que Dieu nous préserve de l’avidité des nouveaux colonialismes ! Le feu allumé par des intérêts qui détruisent, comme celui qui a récemment dévasté l’Amazonie, n’est pas celui de l’Évangile. Le feu de Dieu est une chaleur qui attire et rassemble dans l’unité. Il se nourrit de partage, non de profits. Le feu dévastateur, au contraire, embrase quand on ne veut défendre que des idées personnelles, constituer son propre groupe, brûler les diversités pour uniformiser tous et tout.

Il faut raviver le don ; accueillir la prudence audacieuse de l’Esprit, fidèle à sa nouveauté ; saint Paul exprime une dernière exhortation : « N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, […] mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile » (2 Tm 1, 8). Il demande de témoigner de l’Évangile, de souffrir pour l’Évangile, en un mot de vivre pour l’Évangile. L’annonce de l’Évangile est le critère principal pour la vie de l’Église. Peu après, Paul écrit : « Je suis déjà offert en sacrifice » (4, 6). Annoncer l’Évangile, c’est vivre l’offrande, c’est témoigner jusqu’au bout, c’est se faire tout à tous (cf. 1 Co 9, 22), c’est aimer jusqu’au martyre. Dans le Collège cardinalice, certains ont souffert le martyre… En effet, souligne l’Apôtre, on sert l’Évangile non pas avec la puissance du monde, mais avec la seule force de Dieu : en restant toujours dans l’amour humble, en croyant que l’unique manière de posséder vraiment la vie, c’est de la perdre par amour.

Chers frères et sœurs, regardons ensemble Jésus Crucifié, son cœur transpercé pour nous. Commençons par-là, car c’est de là qu’a surgi le don qui nous a générés ; c’est de là qu’a jailli l’Esprit qui renouvelle (cf. Jn 19, 30). Sentons-nous appelés à partir de là, tous et chacun, à donner la vie. Tant de frères et sœurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l’Évangile, la caresse amoureuse de l’Église. (…) Pour eux, pour ceux qui ont donné leur vie… avec eux, marchons ensemble !

© Librairie éditrice du Vatican

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